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 Let me hear your voice ◆ Jexi (II)

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    Yo moron ✘ Guess I’ve got to say thanks for making me a fighter
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✽ date d'inscription : 02/02/2016
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MessageSujet: Let me hear your voice ◆ Jexi (II)    Ven 11 Aoû - 20:29



❝Let me hear your voice❞
Alexis & Jeff


T’es qu’une loque. Une pauvre loque. Le pire dans tout ça c’est que tu n’en as même pas honte. Franchement, tu te demandes bien qui tu essayais de berner depuis ton retour en Angleterre. Tes parents ? Fred ? Toi-même ? Probablement toi-même. Tu aurais dû le voir venir. Depuis des mois tu te bats contre tes envies, contre la personne que tu es. Ou tout du moins celle que tu es devenue. Non pas d’alcool, j’ai arrêté. Non pas de drogues, ça aussi j’ai arrêté. Ça te ferait presque rire si ça n’était pas aussi pitoyable. T’as tenu combien de temps ? Cinq mois ? Quand on se rappelle que la bataille de Poudlard était déjà il y a deux ans et demi ? Cinq mois c’est rien. C’est de la bouse de dragon en boîte. Et premier prix qui plus est. Tu aimerais bien reporter la faute sur ton licenciement de la semaine dernière mais il ne faut pas se voiler la face. Tu attendais juste la première excuse pour te bourrer à nouveau la gueule. Tu n’aurais peut-être pas dû rentrer en fait. En Bolivie t’allais pas trop mal. Certes, tu râlais tout le temps et t’étais chiant au possible, mais tu n’avais pas de tentations. D’aucunes sortes. C’était boulot, dodo. Aussi simple que ça. Enfin aussi simple. Il faut dire ce qui est, tu avais le mal du pays. Le Royaume-Uni était ton lieu de naissance, celui qui t’avait vu grandir, vieillir, devenir mature. Mais c’était également l’endroit où tu as perdu la boule, qui t’as détruit de l’intérieur et de l’extérieur. Entre le pour et le contre ça s’est joué à pas grand-chose lorsque tu as pris la décision de rentrer. Tu as peut-être fais le mauvais choix.  Tu sais que tu ne devrais pas être là, que tu ne devrais pas être dans cet état. Mais voilà tu y es.

C’est probablement la première fois que tu l’entends chanter. Tu connais son boulot depuis des années et pourtant tu n’es jamais aller la voir sur son lieu de travail. Pas pendant l’un de ses services. Maintenant que tu y penses, depuis que vous vous êtes réellement rencontrés le seul endroit où tu as vu Lexi, à trois exceptions près, c’est chez toi. Enfin ton ancien chez toi. Celui qui avait de l’âme qui était accueillant et chaleureux. Pas le cube blanc dans lequel tu vis depuis Janvier. Et quand elle était là vous étiez trop occupés à boire ou mutuellement vous réconforter pour que tu saches comment elle chante. Ça t’émeut. Il n’y a pas d’autres mots. Tu as la sensation que tout ce qu’elle retient dans ses mots, tous les jours, elle les transmet à travers les notes qui vibrent depuis ses cordes vocales. Que tu la découvres enfin, réellement. Malgré le nombre de soirées que vous avez passés tous les deux, les états dans lesquels vous vous êtes momentanément vus, et surtout ce qui a causé la naissance de votre amitié tu ne comprenais pas la douleur qui était la sienne jusqu’à cet instant précis. Tu ne peux détacher tes yeux d’elle et essayer d’absorber autant que tu le peux ce qu’elle transmet au peu de personnes qui l’écoutent. En toi tu es ravi que la majorité des clients soient trop amochés ou trop concentrés sur eux-mêmes pour voir ce qu’il se passe. Pour entendre son cri. C’est à ton sens bien trop personnel et quelque part tu aimerais être le seul à pouvoir le comprendre.

Pourquoi est-ce que tu as attendu aussi longtemps pour chercher à la revoir te dépasse. Pourquoi égoïstement tu t’es décidé lorsque tu as replongé te rends malade. C’est comme si tu l’associais à tes soucis. Comme si Lexi n’était utile ou bien pour toi que lorsque tu devenais un déchet. Ça n’est pas le cas. Loin de là. Tu admires depuis des années sa force, son franc-parler et sa détermination. Elle est une personne qui te tire par le haut pas parce qu’elle te donne un exemple à suivre mais parce qu’elle est quelqu’un qui t’y aide. Pas à pas. Souvent violemment que ce soit par les mots ou les gestes mais toujours de façon utile. Tu t’en veux de l’avoir évité pendant cinq mois entiers, de ne pas être allé la voir pour lui dire que tu allais partir avec Aemon. Tu te dégoutes. Mais tu as besoin de la voir et de lui parler, de retrouver votre complicité et votre relation unique. Aussi, lorsque l’un des musiciens annonce qu’ils prennent une courte pause, tu ne réfléchis pas et te lèves pour aller à sa rencontre.

Tu te sens légèrement comme un adolescent avec des mains qui deviennent moites, un souffle court et un cœur qui bat anormalement. Ce n’est pas une scène au ralentie mais ça se rapproche de ce genre de clichés. Chacun de tes pas qui créent puis élargissent un sourire sur tes lèvres, l’image fantasque qu’elle aura les larmes aux yeux en te voyant, tes bras qui l’enserrent pendant qu’elle se calme. Oui tu imagines tes doigts s’insinuer dans sa chevelure bouclée, de la sentir à nouveau contre toi car c’est un contact protecteur qui te manque. Mais bien évidemment les utopies sont souvent bien loin de la réalité. Ce n’est pas vers toi qu’elle se tourne en quittant la scène mais un autre sorcier. Peut-être l’un des musiciens du groupe. Tu ne saurais le dire. Ce que tu sais en revanche c’est que tes pieds se sont stoppés à quelques mètres d’elle et l’observe enlacer quelqu’un d’autre. Tu es stupide. Trois ans. Bien sûr qu’en trois années elle avait trouvé quelqu’un d’autre pour la rassurer, lui redonner confiance en les hommes, à l’accepter pour ce qu’elle est. Bien sûr. Tu ne peux pas décemment pas lui enlever ceci. Tu ne peux pas ramener la tempête que tu es dans sa vie. Tu trouves un verre à l’abandon sur une des tables aux alentours et le vide d’une traite. Ça te conforte dans l’idée qu’elle tu ne dois pas à nouveau te frayer un chemin vers avec ton écœurant alcoolisme. « Mec ! C’était mon verre bordel ! »

Tu détournes ton regard et observes celui qui t’agresse verbalement. Tu sais que tu devrais baisser la tête et dire pardon. Proposer de lui payer le prochain. Partir sans verre de vagues. Tu le sais. Mais en cet instant précis tu n’en as plus rien à foutre d’être quelqu’un de raisonnable ou même de décent. Tu n’as que peu d’espoirs ou d’envies dans ta vie et l’un d’eux c’était envolé en fumée depuis quelques minutes. Sans compter le nombre de verres que tu as ingurgités depuis midi. Quand tu t’es réveillé de ta cuite précédente. Aussi tu n’écoutes pas le bon sens. « Ça va, tu vas pas pleurer pour les deux gorgées que je t’ai prise. Et puis je t’ai fait une faveur. C’était vraiment dégueu ce truc-là. » Bien entendu tu t’y attendais. Le mec déboule et empoigne ta gorge en te regardant droit dans les yeux. Tu as envie de rigoler mais te retiens puisque tu as quand même conscience de ta position. Heureusement pour toi quelqu’un interpelle celui qui t’agresse et tu lui décroches une gauche bien sentie. Tu es occupé à rassembler des doigts endolories voir peut-être même brisés dans la seconde lorsque tu as la sensation d’entendre ton prénom résonner dans le silence ambiant. Une impression rapidement confirmée lorsque tu vois Lexi débouler vers toi, te saisir par le bras et t’entrainer dehors. Pendant quelques secondes tu as oublié pourquoi tu t’es défoulé sur l’autre. T’as-t-elle seulement remarqué après ton crochet du gauche ou bien avant tu n’en as aucune idée. Tu sais que tu vas te prendre un savon, bien mérité, mais au fond tu es heureux de pouvoir à nouveau entendre sa voix s’adresser à toi.


© Pando


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MessageSujet: Re: Let me hear your voice ◆ Jexi (II)    Sam 12 Aoû - 20:01

Let me hear your voice
Jefferson & Alexis ∞ JEXIS


Jack te balance une robe rouge à la figure et tu pouffes de rire.  « Nan mais ça va pas espèce de vieux patron mal léché ! ». Le vieil homme se retourne et ne peut s’empêcher de sourire : « On dit ours mal léché ma chère employée ! » te dit-il en accentuant bien sur la fin de la phrase. « Allez, dépêche-toi d’enfiler ta tenue, le bar est plein à craquer, ils n’attendent que toi. » Tu sais que ce n’est pas vrai. Certes, le bar est sûrement bondé, mais ce n’est pas toi qu’ils attendent. C’est peut-être davantage la bière pas chère que ton patron y propose. Mais cela t’importe peu. Lorsque tu es rentrée d’Allemagne, il y a quelques mois, tu avais à peine franchi le seuil de la réserve que Jack t’avait déjà ré-engagé. Ce boulot ne payait pas de mine, mais tu pouvais y exercer ton art, te faire du bien, chanter à t’en faire perdre la tête, et tout cela, en gagnant des gallions. Pouvait-on rêver mieux que cela ? Et grâce à cela, tu peux aisément payer ton appartement et tes études. Jack disait tout de même vrai, tu as quelques fans, quelques habitués, qui viennent tous les week-ends juste pour t’entendre chanter. Pour entendre ta voix. Ces habitués sont au fil des années presque devenus des amis. Et savoir que son travail est apprécié fait toujours plaisir. Tu enfiles la robe et te regardes dans le miroir. Quand tu te vois comme ça, tu te reconnais à peine. Mais c’est le deal, c’est ta marque de fabrique. La robe rouge et les talons aiguilles. Alors que toi, clairement, tu préfères le jean troué et les basquets. Mais c’était cette robe qui avait forgée ta réputation. Parfois, tu te demandes si c’était elle qui faisait revenir les gens où la manière dont tu chantais. Franck disait que c’était l’aura. Tu n’étais pas certaine de savoir ce qu’il voulait dire par là. Tu repasses ta main dans tes cheveux bouclés et teintes tes lèvres d’un rouge cerise. Tu souris. C’est parti pour deux heures de show ! Tu embrasses Lionel et Mike qui viennent de rentrer dans la loge, les deux musiciens qui t’accompagnent. Ce ne sont pas de véritables mélomanes, ce sont les deux fils de Jack qui donnent souvent un coup de main au bar. « Comment ça va ma biche ? Prête pour faire tourner les têtes de tous les mecs de la salle y compris moi ? » te demandes Lionel, après un clin d’œil, un sourire charmeur vissé sur son visage anguleux. Tu rougis légèrement. Lionel te drague allégrement depuis déjà plusieurs mois et parfois, tu aimerais te laisser tenter. Il est très gentil et surtout, très séduisant. Pour le moment, ta morale t’interdit de mêler travail et relation sentimentale car par expérience, cela ne peut que causer des ennuis inutiles. Cela fait si longtemps que tu n'es pas sortie avec quelqu'un... « Comme tous les soirs voyons ! Et vous les gars ? Les guitares sont bien accordées ? Parce qu’hier, c’était quand même pas trop ça ! » Lionel ne peut s’empêcher de donner un coup de coude dans les côtes pour se venger et tu ricanes doucement alors que vous prenez place sur la scène. « Bonjour à tous ! Nous sommes ravis de vous accueillir au Broc pour une nouvelle soirée toute en chansons ! » déclares-tu. Un homme te fait un signe au loin. Tu reconnais David, justement, un de tes fervents admirateurs. Il t'envoie un baiser de loin que tu lui rends bien. Lionel et Mike enclenchent le son de leur guitare et la soirée commence. Les chansons s’enchaînent durant plusieurs dizaines de minutes. Au bout d'un moment, tu commences à être fatiguée, tu as besoin d’une pause. Alors que les garçons entament le début de la chanson suivante, tu fais un signe à Lionel pour indiquer que tu souhaites un peu de répit. Surtout après la chanson qui va suivre. C’est souvent la chanson qui t’épuise le plus physiquement et moralement. Tu ne sais pas pourquoi. Les paroles des chansons te prennent trop aux tripes. C’est Max qui t’a fait découvrir cette chanteuse moldue peu connue. Il avait toujours le chic pour trouver LES chansons qui te faisaient ressentir une multitude d’émotions.  « I'm watching myself drifting away, a vision so darkened I cannot stay. I'm reaching out wide, trying to catch myself before I fall, too little too late. Can you save me ? » Cette chanson te rappelait à chaque fois les sombres moments où tu avais perdu tes principes, où ils étaient enfouis sous une montagne de honte, une montagne de dégoût de toi-même. Tu as mis des années à t’en remettre. À t’aimer de nouveau, à ne plus te sentir sale. La guerre t’avait détruite, et sans Max, sans ton frère, tu n’aurais jamais remontée la pente.  « Where do we go when we walk on light ? Who do we call at the edge of night ? Carry me close like the tear drops in your eyes, all I can give you is memories, carry them with you and I'll never leave, I'll lay my head down, but when I lay my head down. » Tu repenses désormais à tous les amis, les alliés, les connaissances que tu as perdu durant la bataille de Poudlard. Oui, ils vivent désormais uniquement dans tes souvenirs. Tu te déchaînes pour le refrain et de nombreuses têtes se retournent soudainement vers toi, comme si certains venaient simplement de s’apercevoir de ta présence. Tu t’en fiches, tu chantes pour toi, uniquement pour toi. Pour tout ce que cela te procure. Le reste n’a finalement que peu d’importance.  

Tu termines les derniers mots de la chanson et tu ne peux t’empêcher de laisser couler une fine larme sur ta joue. L’émotion t’a gagné. « Nous vous abandonnons pour un court instant ! » dit Lionel. Celui-ci tapote doucement l’épaule et te prend dans ses bras. « « J’sais pas pourquoi cette chanson t’émeut toujours autant alors que tu l'as déjà chanté des centaines de fois, en tout cas, c’était juste magnifique. Merci de nous faire partager ça à chaque fois. » Tu profites de la chaleur réconfortante de son corps jusqu’à ce que tu entendes David hurler au loin : « Mec ! C’était mon verre bordel ! » Ton regard est attiré irrémédiablement vers la source du conflit. Tu plisses les yeux en croyant reconnaître Jeff. Jeff ? Ce n’est pas vrai. Tu repousses doucement Lionel et t’approches de Jeff. Alors là, il va t’entendre. Tu en as des choses à lui dire à cet idiot ! Avant même que tu n’aies le temps d’arriver pour déverser sur lui ta colère, David empoigne ton « ami » à la gorge. Une vague de frayeur te saisit. Tu connais David, il est un peu nerveux mais ne ferait jamais de mal à qui que ce soit.  « David ! Lâche-le ! » Ce dernier se retourne vers toi et tu ne peux empêcher Jeff de lui coller une droite. La fureur te monte aux joues et tu as envie de lui sauter dessus pour le massacrer. « PUTAIN JEFFERSON ! » Tu es si furieuse que l’appeler par son surnom ne serait que lui accorder trop d’importance. Tu attrapes avec véhémence son bras droit et le traînes jusqu’à la sortie de secours. Histoire de pas se retrouver devant les autres clients du bar. Une fois dehors, l'air frais te saisit et ne fait qu'accentuer ta colère. « MAIS QU’EST-CE QUI T’AS PRIS ??? T’ES CINGLÉ OU QUOI ? » Qu’il ne se méprenne pas, t’en as rien à faire que David l’ait légèrement bousculé. Tu n’avais qu’une seule envie, lui hurler dessus. Et pas seulement pour ce qu’il venait de faire. Jeff ne disait pas un mot.  « Oui je parle de toi, espèce d’abruti fini, ta petite scène dans le bar où je travaille depuis des années ! Je parle de toi qui a cassé la gueule à l’un de mes amis et qui va ressortir d’ici avec le nez en compote ! » Tu as envie d’en découdre et de lui donner la monnaie de sa pièce.  « Mais COMMENT tu as pu me faire ça ! » hurles-tu en lui donnant des coups sur la poitrine. Au fond, tu ne parles pas uniquement du crochet du gauche. Mais de tout. T’abandonner, te barrer en Bolivie en ne donnant quasiment aucune nouvelle. Et puis, tu savais depuis des mois qu’il était rentré. Aemon te l’avait dit. Fred aussi. Lorsque tu l’avais appris, tu avais été trop fière pour revenir vers lui. Beaucoup trop fière. Beaucoup trop enragée. « Si tu es venu pour me faire perdre mon emploi tu peux repartir tout de suite ! » Tu lui tournes le dos, et croises les mains sur tes bras. Tu es déchaînée.

Spoiler:
Voilà, j'espère que ça t'ira pour commencer. ma couleur c'est #A33A02

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