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 E. Jefferson Blevins ✵ Une âme perdue

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    Yo moron ✘ Guess I’ve got to say thanks for making me a fighter
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✽ date d'inscription : 02/02/2016
✽ parchemins : 53
✽ camp : Ordre du Phénix
MessageSujet: E. Jefferson Blevins ✵ Une âme perdue   Dim 30 Avr - 16:50



«The difficulty to live fully again»


Erbin Jefferson Blevins
Ft. Grey Damon
ÂGE: 25 ans
ANCIENNE MAISON: Serdaigle
EPOUVANTARD: La multitude de mangemorts qu’il a exécutés pendant la bataille de Poudlard
NATIONALITE: Gallois
CLAN: Ordre du Phénix
METIER: Professeur de médicomagie (potionniste)

Qui suis-je ?
En voilà une question bien intéressante et bien complexe à répondre. Pour être parfaitement honnête, je n’en ai plus aucune idée. La guerre vous change, la lutte vous façonne, le combat vous force à grandir. Pour ceux qui ne me connaissent que des années de Poudlard vous devez certainement avoir cette image du jeune Serdaigle studieux et timide. Celui qui se cachait derrière son frère et qui couvrait sa petite-amie d’affection. Cet adolescent maladroit et disgracieux qui s’effaçait dans les murs pour éviter tout conflit. Pour ceux qui m’ont revu où rencontrés après la mort de Liam, mon frère, je m’excuse platement de ce que j’ai pu vous faire. Le moins que l’on puisse dire c’est que je suis devenu quelque peu instable. Liam était tout pour moi. Un frère, un ami, un pilier et autant l’avouer, sans lui je n’étais plus qu’une sous-merde. J’ai cherché à combler son absence dans l’alcool, puis la drogue. La moindre remarque me faisait partir au quart de tour et je n’étais obsédé que par une seule chose : le venger. La bataille de Poudlard ne m’a pas arrangé, la facilité avec laquelle les sorciers ont pu tourner la page, oublier la violence, la dictature m’a agacé. L’être violent, rancunier, assoiffé de vengeance que j’étais devenu n’a fait qu’être remplacé par une personne amer et aigrie. Tout prêtait à la dérision, tout me paraissait futile et inutile. Plus d’une fois j’ai songé à tout laisser tomber. A simplement me laisser tomber dans le vide et laisser ce monde sans queue ni tête derrière moi. A quoi bon vivre si c’était pour tomber sous une nouvelle dictatrice ?  Vous aurez beau vouloir me dire le contraire, le régime d’Indali ne valait pas beaucoup plus que celui de face de serpent. Mais aujourd’hui, enfin c’est terminé. Aujourd’hui nous avons notre mot à dire. Et moi… qui suis-je ? Je vous l’ai déjà annoncé, je n’en ai pas la moindre idée. Une chose est certaine, je ne suis plus le sorcier naïf de Poudlard ou le sorcier vide d’émotion qui n’arrivait pas à faire le deuil de son frère. Je ne suis plus ce que j’étais et ne suis pas ce que je voulais devenir. Je suis fin prêt à tourner la page, à avancer, à recommencer. C’est sûrement là l’essentiel.

Mon caractère :
Alcoolique ∞ Attentif ∞ Brillant ∞ Critique ∞ Cultivé ∞ Direct ∞ Droit ∞ Emporté ∞ Enigmatique ∞ Fermé ∞ Fidèle ∞ Franc ∞ Honnête ∞ Intellectuel ∞ Insatisfait ∞ Introverti ∞ Juste ∞ Loyal ∞ Marqué ∞ Méticuleux ∞ Moralisateur ∞ Observateur ∞ Perdu ∞ Perfectionniste ∞ Pince-sans-rire ∞ Post-dépressif ∞ Protecteur ∞ Respectueux ∞ Révolutionnaire ∞ Rongé par la culpabilité ∞ Sarcastique ∞ Silencieux ∞ Solitaire ∞ Susceptible ∞ Volontaire

Informations en vrac :
Bien que j’aie été en couple pendant près de trois années lors de mon adolescence, je suis toujours puceau. Un paramètre que j’oublie bien souvent et qui ne me revient que lorsque les conversations auxquelles je participe dérivent sur le sujet. J’attendais le moment parfait puis avec la guerre, la nouvelle dictature, perdre ma virginité ne m’a jamais paru être un problème à régler de toute urgence.
Je suis athée. Je ne crois en rien ou plutôt ne veux croire en rien. Même si j’ai du mal à comprendre les personnes dotées d’une foi inconditionnelle, je n’ai absolument rien contre les croyants.
Je boîte de la jambe droite depuis que je me suis pris une flèche dans la cuisse lors de la bataille de Poudlard.
Même si je n’en exerce pas la profession, j’ai les compétences nécessaires pour être médicomage. C’est un domaine qui m’a toujours passionné et dans lequel j’aime effectuer des recherches lors de mon temps libre.  
J’ai désormais tendance à juger les personnes assez aisément, à me fonder une opinion sur eux sans réellement les connaitre. Ce qui est stupide, je le conçois mais je ne désire pas gaspiller du temps à découvrir des personnes qui me laissent une mauvaise première impression.
Même si je sais que ce n’est pas judicieux, je continue de prendre un verre tous les soirs et ne suis pas guéri de mon alcoolisme. Je le garde seulement sous contrôle.
Avec la guerre, puis la révolution, et ma colère constante, j’ai fini par me passer les nerfs en faisant des exercices de musculation et ce sous conseil de mon kinémage afin d’éviter de rendre mon corps totalement inutile.
Contrairement à mon défunt frère qui était un professionnel du Quidditch, je n’ai jamais su me tenir correctement sur un balai, je préfère de loin la transportation pour me déplacer.
Je ne suis pas tout à fait remis de la bataille de Poudlard. Il m’arrive régulièrement d’avoir des cauchemars où apparaissent les visages des mangemorts que j’ai tués et de me sentir coupable du plaisir que j’ai pu avoir à les saigner.
Après la bataille je suis parti trois ans en Bolivie avec mon meilleur ami de l’époque, Aemon. Si j’ai fini par rentrer au Royaume-Uni sachant que ma vie s’y trouvait, il est resté là-bas afin de poursuivre son rêve de dresseur de dragon.
Je n’aime pas parler du passé, de mon passé, il y a trop de cadavres dans mon placard pour que je ne veuille l’ouvrir et je déteste que l’on cherche à me tirer les vers du nez. C’est la raison pour laquelle je ne m’exprime que très peu.


Bonjour, moi c'est Ambre (oui encore What a Face ), j'ai environ 26 ans et je le vis bien. Je suis arrivée sur Eternal Dissendium parce que j’y étais depuis l’origine de D. et que Jeffounet c’est mon chouchou chéri et je vous aime tous très fort.   Ah et puis vous n’avez pas à lire mon roman, ma description détaillée de la personnalité est suffisante  





Personne n’a jamais pu en douter, son cœur a toujours fait partie de la résistance. En ce qui concerne son corps et son âme il s’est agi d’un tout autre chemin, soyons honnête. Pendant l’entièreté de sa scolarité Jeff était effacé, n’osait pas s’imposer dans le groupe des élèves qui visaient à s’opposer au mage noir et ses sbires. Non pas qu’il craignait réellement les représailles que cela pouvait engendrer, il souffrait surtout d’un immense manque de confiance en lui-même. Sa peur principale, comme dans tout ce qu’il entreprenait, était de faillir, de ne pas être à la hauteur. Il aura fallu que son frère ainé, Liam, soit exécuté par des mangemorts pour qu’un lion émerge de chez l’aigle. Depuis ce jour fatidique de juillet 2023 plus personne n’a mis en doute son allégeance ou sa volonté. Il est de ceux qui se sont battus pour la liberté. Deux fois. Tout d’abord pour venir à bout du seigneur des ténèbres et ses moutons puis pour montrer du doigt l’injustice qui a émané du nouveau gouvernement.  Après avoir ouvert les yeux, sorti les griffes et la baguette il espère pouvoir retrouver le jeune homme qu’il était, lâcher la colère qui l’habite depuis plus de cinq années. Il n’est cependant pas à douter qu’il se dressera à nouveau contre l’adversité si elle venait à se montrer.


Crédits avatar : Cassandrielle ◊ Crédits ICONS : Cassandrielle ◊ Crédits fiche : Romane






Craddock Liam Blevins




C’est avec lui que tout a commencé. C’est avec sa mort que ma vie a basculé et ça je ne m’y attendais pas. Liam était mon frère, mon pilier mais ça je ne m’en suis rendu compte que lorsque j’ai dû enterrer ses restes sanguinolents avec mes parents.

31 Août 2012


« Lâche un peu tes bouquins Erb’ ! Tu vas finir par te transformer en détraqueur à force de rester à l’intérieur ! » Je secoue la tête. Je n’aime pas tellement sortir. Je suis comme papa en fait. Lui aussi aime passer ses dimanches à l’intérieur avec un livre dans les mains. Craddock, lui, est plus comme Maman. Il préfère être des heures dehors à chercher des boxys dans les buissons, à courir après des lutins de cornouailles. Très souvent, lorsqu’il rentre à nouveau, il est couvert d’écorchures ce qui fait lever les yeux au ciel de papa. Maman, elle, sourit. Contrairement à mon frère, elle a abandonné l’idée de me trainer à l’extérieur quand je n’en ai pas envie. C’est-à-dire tout le temps en fait. Une main s’aplatit sur ma page et j’essaie de lire entre les doigts. « A quoi ça sert de lire à propos de tous ces trucs si tu ne vas pas les voir en vrai Erb’ ? » Comme d’habitude, je hausse les épaules dégage mon livre de ses mains et me retourne pour replonger dans un tour du monde avec Phineas Fogg. J’ai de la chance d’être aussi proche du monde des moldus, ils ont vraiment plein de choses à raconter. Mais ça devra attendre.

Sans que je ne puisse réellement dire quoi que ce soit, je sens les doigts de Craddock se serrer autour de mon bras et me tirer dans le jardin. Je plisse les yeux, ébloui par le soleil que je n’ai pas l’habitude de rencontrer. Mon livre toujours dans l’autre main, je m’en sers pour me protéger le visage. Comme je ne bouge toujours pas, mon frère soupir et s’assoit à même le sol avant de se laisser tomber en arrière. Il tire sur mon bras et je me trouve obligé de l’imiter. « Par Merlin, détend toi frangin. » J’hésite quelques instants avant de fermer les yeux. Il est vrai que les rayons du soleil sur mon visage, une fois qu’ils ne m’aveuglent pas, sont plutôt agréables. Comme d’habitude, alors que je reste silencieux, Craddock, lui, commence à discuter, à me dire de profiter et de m’amuser un peu plus au lieu de jouer au petit vieux comme notre père. Nous sommes à la fin de l’été et demain il s’en ira pour Poudlard. Les vacances de Noël semblent très loin et la maison fera très vide sans lui. Tout le monde le sait même si on n’en parle pas. Je presse légèrement son bras. « Tu vas me manquer ». Je n’aime pas dire ce que je pense, j’ai toujours peur de m’exprimer mais là, en cet instant, j’ai eu envie de le lui dire. J’ai beau avoir les paupières baissées, je le vois presque sourire. Avant même que je n’ai le temps de d’ajouter autre chose je sens ses bras entourer ma tête et m’écraser contre son torse. « Ah ! Moi aussi je t’aime Erb’ » J’ai beau me débattre et démentir, il est vrai que j’adore mon frère, que malgré moi je l’admire. Même si souvent je regrette de plier et que j’aimerais retourner dans le fauteuil usé du salon avec un de mes aventuriers, je suis content qu’il vienne me chercher, m’entraine et me pousse à m’ouvrir.

***

1er septembre 2014

J’ai toujours trouvé mes parents bizarres mais cela s’est avéré d’autant plus vrai lorsqu’ils m’ont dit au revoir il y a quelques heures. Alors que ma mère m’a donné tous les petits secrets de Poudlard tel qu’elle s’en souvenait, Mon père, lui, a essayé de me rappeler toutes les règles de bienséance. Avec tous les livres que j’ai pu lire, je suis bien conscient que ce n’est pas le schéma typique d’une famille. Cela s’est révélé d’autant plus vrai lorsque j’ai accompagné mon père rendre visite à son cousin germain. Je me suis rendu compte de quoi avait l’air une famille « normale ». Une famille où le père est généralement un peu fou-fou avec ses enfants et où la mère est celle devant les calmer. Autant dire que chez moi ça a toujours été l’inverse. Ma mère et Craddock se livrent à des expériences un peu douteuses et mon père pousse des soupirs tout en cachant un sourire intérieur. Enfin c’était la maison jusqu’à que la nouvelle règle apparaisse et que les enfants de non-mangemorts soient contraints de rester toutes leurs études à Poudlard.

Je n’arrive pas à croire que ça fasse déjà un an que je n’ai pas vu mon frère. Nous avons bien tenté de passer du temps avec lui durant les sorties au Pré-Au-Lard, mais nous finissions toujours pas apprendre d’un camarade à lui qu’il était en retenu. Un an donc. Un an. Alors que les grandes portes de la salle s’ouvrent, je cherche la table des Gryffondor des yeux. Il y a tellement d’élèves que je ne parviens pas à le trouver. Je suis un peu déçu puisqu’il est presque certain que je ne serai pas dans sa maison. Comme avant le départ de Craddock nous avons lancé nos paris pour savoir où j’atterrirais. Si nous étions unanimes pour mon frère en ce qui me concerne il y avait un désaccord majeur entre mes parents. Ma mère mettait sa main au feu que je serais à Serdaigle mais mon père, lui, croyait dur comme fer que j’irais à Poufsouffle. Je pense seulement qu’il aimerait qu’à l’instar de ma mère, l’une de ses progénitures rejoigne sa propre maison. Etant le dernier de la fratrie, il devait sûrement reposer tous ses espoirs sur moi.
L’avantage d’avoir un nom qui commence par un B est que le suspens n’est pas trop long. Je m’assois en évitant de croiser du regard les professeurs qui me font froid dans le dos. Il ne faut pas longtemps au Choixpeau pour donner raison à ma mère. Je me dirige vers la table qui applaudit et m’assois auprès de ce qui doit être une troisième année. Alors que nous en sommes à la lettre M je sens comme une petite tape sur mon dos. Je me retourne et vois mon frère en train de me faire des grands signes. Un sourire nait sur mes lèvres et ne me quitte pas jusqu’à que le repas se finisse.

Juste avant que les maisons ne se séparent, je le discerne venir à grand pas vers moi. « Jeff ! » Je mets quelques secondes à percuter que c’est bien lui qui m’a appelé et qu’il s’agit du diminutif de mon second prénom. Assez de secondes pour qu’il soit à ma hauteur, me serre dans ses bras tout en me décollant du sol et commence déjà à plaisanter. « C’est moi, ton frère, Liam ! Je sais que j’ai changé mais je pensais tout de même que tu me reconnaitrais, moi, Liam au lieu d’avoir ce visage abasourdi Jeff. ». Quelque peu confus le cheminement dans mon esprit est assez long. Pensant dans un premier temps qu’il a effectivement changé mais pas au point de le rendre méconnaissable, puis qu’il est encore plus étrange que ce que je ne me souviens, je réalise enfin le petit truc qui me turlupine. La répétition presque lourde de nos seconds prénoms. Je finis par comprendre qu’il désire dorénavant être désigné par ce patronyme et m’engage à faire de même.  « T’as un peu changé Liam, en effet ». Il me sourit sincèrement et laisse tomber son masque avant de m’étouffer sur son torse. « Tu m’as manqué petit frère » Je souris à mon tour en me dégageant. « Moi aussi je t’aime ». Même si avoir quitté mes parents me serre le cœur, je suis content de le retrouver et de savoir que pendant 4 années j’aurais la chance de l’avoir avec moi.

***

11 octobre 2019

Comme d’habitude, je décide de me mettre au fond de la salle, dans un endroit pour me faire oublier. Liam est déjà là, en pleine discussion avec James Potter. Je ne me donne même pas la peine d’attendre qu’il me regarde pour lui signaler ma présence et m’installe dans le coin magique où personne ne viendra me chercher. Ce n’est pas que je déteste venir à ces réunions secrètes, mais j’ai la sensation de ne rien leur apporter. Bien entendu que je suis d’accord pour dire que l’enseignement qu’on reçoit est indigne de la réputation de l’école, que la pédagogie, voire même l’éthique sont plus que douteuses, mais je n’ai pas l’âme d’un révolutionnaire. Si l’on pouvait tout traiter par la diplomatie, ça m’arrangerait bien.  Je sais bien sûr que cela n’est pas possible d’un point de vue pratique comme théorique (essayez de raisonner Hitler pendant la seconde guerre mondiale juste pour rire) ce serait, n’empêche bien utile.

Alors que la salle commence à se remplir et je pense soudainement à ce devoir de Défense contre les Forces du Bien que je n’ai toujours pas terminé. Il faut dire que ma motivation pour la matière est plus que modérée. Je préfère de loin le cours de Potion et celui de Botanique qui restent d’une neutralité acceptable malgré les penchants des professeurs pour la magie noire. Je n’ai cependant pas le temps de tergiverser plus que cela, les leaders prenant la parole et lançant une chasse aux idées pour essayer de changer nos conditions vies, présentes et futures dans la mesure de nos moyens. Comme d’ordinaire les mêmes personnes se chargent d’animer le débat. Certains des enfants Potter ou Weasley qui sont une véritable institution dans ce groupe, quelques élèves de fin d’études tels que mon frère…. Je reste attentif sans prononcer un seul mot. J’aime être là, dans un groupe avec autant d’énergie, mais je me rends bien compte que je ne suis pas fait pour m’exposer, avoir une pensée politique aussi poussée.

Soudainement, une voix un peu plus fluette que celle des autres s’élève. Elle se présente. « Eleanor Chessman, gryffondor, quatrième année ». Je suis son idée avec attention, idée certes encore large mais avec un intérêt tout particulier que les débatteurs habituels n’’ont peut-être pas décelé. Je me retrouve à faire quelque chose à laquelle jamais je n’aurais pensé. Avant que je puisse réellement réfléchir à mes actes, je me tiens debout et approfondis l’idée d’Eleanor sans oublier de rappeler qu’elle est l’origine de ma réflexion. J’aperçois du coin de l’œil un élève donner un coup de coude à mon frère comme si lui non plus n’osait croire que je sois en train de m’exprimer. Devant des dizaines de personnes. Je finis ma phrase, remercie et m’assieds. Un nouveau débat se lance duquel je m’extrais immédiatement. Je croise le regard d’Eleanor et la vois en train de me sourire. Je le lui rends, ravi pour je ne sais quelle raison.

Dès la fin de l’assemblée, je me dirige rapidement vers la sortie désormais réellement anxieux quant au temps qu’il me reste pour terminer mon parchemin. Bien entendu j’aurais dû me douter que Liam ne me laisserait pas m’en sortir à si bon compte. A peine aie je franchi la porte que je sens sa main se poser sur mon épaule. Un geste tellement habituel que je n’ai aucun doute de son identité. « Ecoute Liam, pas la peine de me dire que je pourrais participer davantage et de me pousser à sortir de ma coquille, ma réponse est non. Je suis bien dans mon coin, c’était exceptionnel. » Je me retourne avant de me rendre compte qu’il ne s’agit pas de mon frère mais d’Eleanor. Sans pouvoir le contrôler, le rouge monte à mes joues. A peine plus loin je vois Liam s’esclaffer. Il nous rejoint à grands pas.  « Elle n’osait pas venir te remercier alors j’ai décidé de prendre les choses en main ». Je m’imaginais d’ores et déjà la scène. Eleanor hésitant à venir me voir, Liam la remarquant, la tirant par le bras et partant se cacher un peu plus loin. Il ne changera jamais. Sans m’en rendre compte je lève les yeux au ciel avant de bredouiller que ça n’est rien et que je m’excuse pour le comportement de mon aîné. Sans réelle surprise, il ne relève pas et serre un de ses bras autour des épaules de la sorcière. « Elle est géniale tu ne trouves pas. C’est quand on rencontre des sorciers comme ça qu’on est fier de notre maison. Bravo Ellie, il m’a bien fallu deux années de plus que toi pour prendre la parole comme ça. Comme Jeff en fait. Je ne baisse pas les bras d’ailleurs de te donner le goût du discours petit frère ». Je me contente d’étirer mes lèvres en haussant les épaules et m’excuse pour me mettre au travail sans douter que cet instant allait changer une bonne partie de ma vie.


Crédits gif : ici  ◊ Crédits fiche : Romane





Eleanor Chessman





Son entrée dans ma vie a été fracassante, elle est la personne qui a su me pousser, me rendre plus vaillant et plus fort, mais elle a également été ma plus grande faiblesse. Jamais je ne regretterai le temps passé avec elle, mais je ne peux non plus regretter que ce soit fini.

29 juin 2020

« Stop ! Liam ! Repose-moi ! » Les protestations se suivent d’éclats de rire, comme bien souvent. Assis à l’ombre d’un arbre, faisant semblant de lire, j’observe mon frère et Eleanor jouer comme des enfants. De par sa carrure de batteur, il la soulève comme si elle ne pesait pas plus qu’une plume et la met sur son épaule tout en faisant mine de la jeter au lac. D’où les protestations. Malgré moi, je l’envie lui et la facilité avec laquelle il parvient à nouer des liens avec les autres alors qu’il me faut vraiment ne plus avoir de choix pour pouvoir discuter avec quelqu’un. Quoi que ces derniers mois cela a changé. De plus en plus, Eleanor me salue, discute, me pousse au dehors de mon confort solitaire sans même qu’elle ne s’en rende compte. Même si elle est indéniablement plus proche de Liam et que je la vois constamment entourée d’amis, je commence petit à petit à la connaitre. Contrairement à ce que je m’imaginais la toute première fois que l’on s’est croisé, elle est une sorcière forte, avec du caractère et assez sûre d’elle. Même si elle n’est pas rentrée dans les détails, je sais qu’elle est l’aînée d’une immense fratrie dont l’un des membres est mort il y a quelques années. Cette tragédie est certainement ce qui lui a permis de gagner en maturité comparé à ses camarades de quatrième année.

Un bruit sourd me tire de ma rêverie et je me rends compte que mon frère est désormais seul sur le bord du lac. Il ne me faut que peu de temps pour poser mon livre et le rejoindre, le voir à genoux en train de scruter les eaux. Mon sang ne fait qu’un tour et je me retiens d’exploser. Je connais désormais la témérité de l’un comme de l’autre, mais de là à ce que l’un d’eux finisse dans le lac rempli de strangulots, de sirènes carnivores et autres créatures aussi sympathiques les unes que les autres, il y a un grand pas à franchir. J’efforce ma voix à rester calme, sans grand succès. « Liam ! Où est Eleanor ? Tu ne l’as quand même pas jetée dedans ? Si ? » Son silence en dit long et je commence à m’agacer, me sentir nerveux. Ce qui ne m’arrive que très rarement. « Je ne sais pas on plaisantait, je l’ai légèrement poussée, me suis enfuis croyant qu’elle me rattraperait et quand je me suis retourné, elle n’était plus là. » « C’est une blague hein ? » A mon tour je m’agenouille et cherche sans grand succès dans l’eau boueuse un quelconque signe de vie. Alors que je m’apprête à sortir ma baguette pour rendre ma recherche plus effective, j’entends des rires étouffés dans mon dos. Eleanor et Liam, sont en train de pouffer, me voyant au bord de la syncope. A la fois soulagé et perturbé par leur mauvais tour je ne sais quoi dire ou que faire. Aussi expressive que mon frère, Eleanor se jette à mon cou. « Je suis contente de voir que tu t’es inquiété ». Bien entendu que je me suis inquiété. Cela ne fait que quelques mois qu’elle s’est fracassée une entrée dans ma vie et pourtant je tiens déjà beaucoup à elle. Je reste silencieux et me contente de lui donner un regard réprobateur, comme cela est souvent le cas.

Elle s’assied à côté de moi et reste silencieuse. Ce n’est qu’à ce moment-là que je réalise l’absence de mon frère et qu’une légère tension se créé. Nous n’avons jamais été réellement seuls. Bien entendu, certaines fois il nous arrivait de manger en tête à tête ou que je l’aide dans ses devoirs, mais il y avait toujours du monde autour. Si bien qu’en cet instant, je me suis retrouvé forcé de regarder la vérité en face. Je me suis inquiété. Réellement inquiété. J’ai conscience, presque depuis cette réunion où j’ai pris sa défense, qu’il y a comme quelque chose de curieux, que je suis une version améliorée de moi-même lorsqu’elle est dans les parages. Etrangement, j’ai eu l’impression d’avoir le même effet sur elle, mais je n’ai pas souhaité en parler à Liam. Tel que je le connais, il se serait bien moqué de moi. Le silence se brise par nos respirations un peu trop profondes mais je reste muet. Ne sachant quoi dire.

« Bon Jeff. J’en ai assez. » Elle marque une légère pause et se lève. « Je ne suis pas folle, il y a bien un truc qui se passe non ? Je veux dire… je t’aime bien. Beaucoup même. Mais je ne sais pas. Je… » Elle s’interrompt alors que je me lève à mon tour, presque persuadé de savoir où elle souhaite aller. Elle hésite quelques se-condes, me regarde et finit par enchaîner. « Oh et puis zut ! C’est débile, c’était mieux dans ma tête et je trouve ça ridicule de te demander mais est-ce que tu veux bien être mon petit… ». Pris d’un élan venu de nulle part je la coupe à nouveau me saisissant de sa taille et posant mes lèvres sur les siennes. Je ne sais pas si je sais m’y prendre. Contrairement à la majorité des élèves de l’école, j’ai beau être à Poudlard depuis six années, je n’ai jamais embrassé personne. Il faut dire que je n’ai jamais rencontré personne non plus. Plongé dans mes livres, dans mes expérimentations et mes recherches, ça ne m’a pas manqué, ni même fait envie. Eleanor est la première fille à avoir fait une réelle irruption dans ma vie, à m’avoir tiré de mon monde souterrain. Bien entendu, depuis le début elle me fait craquer, mais elle est tellement pleine d’hardiesse que jamais je n’avais osé faire quoi que ce soit, ternir son  énergie pétillante. Jusqu’à aujourd’hui. Sûrement parce que je commence enfin à briller légèrement à mon tour.

***

30 juin 2022


« Ellie, qu’est-ce que tu fais ? » Elle ne me répond pas immédiatement et finit de dénouer ma cravate, d’élargir mon col avant de poser ses lèvres sur mon cou. Je ne bouge pas, reste immobile, attendant qu’elle s’arrête d’elle-même. J’ai cependant sous-estimé ses intentions et ne comprend ce qu’il se passe que lorsqu’elle se met à déboutonner ma chemise. J’attrape ses mains sans force ce qui fait qu’elle dégage avec grâce afin de poursuivre ce qu’elle a entreprit. « Ellie ! » Elle me regarde d’une manière qui, j’imagine, se veut innocente. « Oui Jeff ? » Même sa voix, douce, essaye de m’amadouer. Ses lèvres se posent sur les miennes, sa main se crochète derrière ma nuque. Assise sur une des tables de la salle que nous occupons je ne peux m’empêcher de répondre à son baiser quand bien même je sais qu’elle n’en sera que plus frustrée d’ici quelques minutes. Je commence enfin à prendre conscience que d’ici une heure je vais quitter Poudlard, que je n’aurai plus la possibilité de la voir chaque jour, de la prendre dans mes bras et de la faire sourire en lui répétant à quel point je suis fou d’elle dans l’oreille. Pendant quelques instants je me laisse aller, oublie mes principes et la colle contre moi. Ce qui, bien évidemment lui donne un espoir vain. Je me dégage légèrement, à contrecœur, ce qui soulève quelques protestations, comme je m’en doutais. « Nom d’un veracrasse ! Quelle bonne raison trouves-tu encore ? »

Cela fait maintenant plusieurs semaines, depuis sa majorité pour être exact, qu’elle espère que nous passions à l’étape supérieure. Chose que je refuse à chaque fois. Non pas parce que je doute d’elle, de ses sentiments ou même des miens mais parce que j’aimerais que ce soit spécial. Unique. Je ne vois pas ma vie avec une autre sorcière qu’elle, ou même moldue pour ce que ça vaut, et je n’ai pas envie d’imaginer nos potentiels enfants dans un lieu dans lequel nous avons copulé comme deux sauvages, pouvant être surpris à chaque instant. Je sais que c’est stupide, je sais qu’elle trouverait ça stupide c’est pourquoi j’ai toujours des excuses pour me défiler. « Tu as sérieusement envie de faire ta première fois dans la même salle où tu as lancé un doloris sur Aemon ? Une salle dans laquelle n’importe qui peut rentrer à tout instant et te donner une sale réputation pour les deux années qu’il te reste à faire ? » Elle soupire et mon cœur se brise. « Ecoutes Ellie, je t’aime, j’ai envie de toi. Tout ce que je souhaite c’est que notre première fois ensemble soit aussi formidable que ces deux dernières années. Je te promets qu’elle le sera. Simplement pas aujourd’hui dans une salle puant la magie noire. »

Mon ventre se noue, désormais en contact froid avec la réalité. Les minutes s’enfuient les unes après les autres et je n’ai pas envie de la quitter sur une dispute. Je pose mes mains sur ses joues et l’embrasse à nouveau. J’essaie de mémoriser chacun de ses gestes. Ses doigts qui s’enroulent et effleurent les paumes de mes mains, la douceur de sa peau sous mes phalanges, ses longs cheveux noirs qui caressent mon torse à moitié dénudé… Je suis un homme comme les autres et si j’écoutais mes pulsions en cet instant même, je craquerais. Mais je tiens bon. Egalement parce que j’ai conscience qu’une fois ce degré d’intimité franchi, lui dire au-revoir ne sera que plus rude. Une fois notre baiser rompu, je l’enlace encore une fois et reste silencieux. A la fois heureux et dévasté pendant je ne sais combien de temps. « Il est temps de sortir, j’aimerais dire au revoir à Aemon avant que je ne parte. » Elle secoue la tête contre moi sans dire un mot. « Eleanor, je ne sais pas comment je vais supporter ces deux années sans toi ». Certes, nous aurons les sorties au Pré-Au-Lard pour nous revoir, mais elles restent rares et jamais nous n’aurons un tel degré d’intimité avant qu’elle ne termine son année préparatoire. Deux ans. Deux ans qui vont probablement me paraître une éternité sans elle et mon meilleur ami.


***

19 février 2023


Comme d’habitude, je me bats avec la buée sur mon miroir, oubliant à chaque fois que je rentre sous la douche de lancer un sort d’imperméabilité. Ce matin cependant je le nettoie un peu plus frénétiquement qu’il y a une douzaine lorsque j’ai pris mon service de nuit. Ce samedi est entouré sur mon calendrier depuis des semaines maintenant et je jamais la pendule de ma salle de bain ne m’a paru paraitre aussi lente. Je me rends compte que même si je me prépare dans le quart d’heure qui suit j’aurais toujours une heure d’avance sur les élèves de Poudlard et que je peux laisser l’évaporation faire son travail, choisir tranquillement ma tenue et préparer ma sacoche calmement. Je quitte donc la pièce avec un frisson dans le dos en entrant dans le salon/cuisine/salle-à-manger/chambre dans lequel j’ai emménagé il y a un mois. Ayant coûté une petite fortune entre le premier mois de loyer et la caution, je n’ai pas assez de mornilles pour le chauffer autant que je le souhaiterais et les jours d’hiver il peut y faire froid. Je n’ose même pas imaginer la température d’en dehors. C’est pourquoi mon choix de vêtements est plus que rapide. Je n’ai pas une garde-robe immense et encore moins de vêtement chauds. La vérification de ma sacoche est également rapide, j’ai dû m’assurer déjà six fois que j’avais bien les présents que je souhaitais leur offrir bien avec moi. N’y tenant plus je finis par effacer le reste de buée de la paume de la main, me raser et transplaner environ une demi-heure avant à leur arrivée.

Bien que j’ai regardé ma montre il y a à peine quarante et une secondes plus tôt je ne peux m’empêcher d’y jeter un nouveau coup d’œil avant de plonger mes doigts dans les poches de mon jean et lutter contre le froid. J’ignore si le fait d’être aussi exténué le rend plus mordant ou bien s’il fait aussi glacial que ce que je ressens. A peine aperçois-je les premiers élèves pointés leur nez, je sens une chaleur agréable se diffuser en moi et un sourire naitre sur mes lèvres à travers mon écharpe. J’ai l’estomac noué et fini enfin par la discerner, Aemon à ses côtés qui ne la suit pas dans sa course. L’image à l’air cliché mais dès qu’elle est suffisamment proche de moi j’ouvre mes bras et la laisse se jeter dedans avant de l’embrasser. « Tu m’as manqué ». Je ne réponds pas et laisse ces mots résonner, la laisse se blottir contre moi et ne proteste pas alors qu’elle glisse ses doigts glacés sous mon pull et les pose dans mon dos. C’est juste tellement bon de la sentir à nouveau près de moi que je ne sens même pas la brûlure typique du froid. Alors que mon bras enserre sa taille, je dégage les cheveux de son visage de ma main libre et pose mes lèvres sur son front, le coin de ses yeux, son nez.
Je ne perds cependant pas le contact avec la réalité et salue Aemon alors qu’il arrive à notre hauteur. Il me lance un clin d’œil et commence à s’éloigner tel qui me l’avait dit dans sa lettre. Lors de la première sortie de l’année, Eleanor n’avait pas vu venir étant en retenue pour avoir tenu tête à un professeur afin de protéger un élève de deuxième année. Elle s’était tellement énervée contre lui lorsqu’il lui annonça sa punition qu’elle a écopée de deux semaines de retenue en plus. J’ai bien entendu été déçu mais cela m’avait donné du temps avec mon meilleur ami. Avant qu’il ne disparaisse je lui jetais son présent, un porte-clef en forme de Magyar à pointe animé. C’était un peu niais, mais rien d’autre ne m’avait paru lui correspondre. Cela ne l’empêcha de me gratifier d’un sourire et de me laisser en compagnie de ma petite-amie. « On va prendre un thé ? »

« C’est pour moi ? » Je hoche la tête en lui tendant ses premiers présents. Comme je m’y attendais elle était arrivée peu couverte et pourrait utiliser tout ceci durant les prochains mois. Elle met immédiatement l’écharpe et laisse bonnets et gants de côté. « Joyeuse St Valentin en retard » . Elle m’a d’ores et déjà envoyé son présent et je me sentais mal à l’aise de seulement lui offrir le second cadeau dont elle ne pourra pas profiter avant un long moment. Je le sors également et la voit sceptique. « Encore ? il faut que tu arrêtes de te ruiner et penser un peu à te nourrir. Tu as l’air tout maigre. » Je me mets à rire. Le poids que j’ai perdu n’est définitivement pas à cause d’un manque quelconque de ressources  financières, je passe seulement mon temps libre avec Liam et sans parents pour faire à manger nous oublions parfois de nous nourrir. Et n’ayant déménagé qu’il y a un mois de son appartement autant dire que l’effet a été drastique. « Ne t’en fais pas. Je vais me nourrir à nouveau comme il faut maintenant que Liam est entré en 1ère division de Quidditch. »  Sans dire un mot, mais le regard toujours interrogateur, elle soulève le deuxième couvercle. « Une clef ?... »  Ce n’est qu’après quelques instants qu’elle réalise ce que signifie exactement ce présent-ci mais lorsqu’elle le fait, tout le salon de thé est au courant. « OH MORGANE ! C’EST LA CLEF DE CHEZ TOI ?! » Je l’accueille sur mes genoux sans me soucier des regards alentours. « De chez nous. Enfin si tu es d’accord pour emménager avec moi quand tu auras fini Poudlard. » Elle plaque ses mains avec force sur mon visage et pose ses lèvres à plusieurs reprises sur mes lèvres les entrecoupant de sa réponse. « Oui oui oui ». Plus de six mois que nous ne nous sommes pas vus et pourtant, j’ai l’impression que l’on s’est quittés la veille. J’ai finalement foi en l’année et demi qu’il nous reste. Une fois que l’on aura franchi ce pas, ce sera un véritable départ dans notre vie.

Bien entendu je ne pouvais savoir que mon monde s’écroulerait tout au long des 12 prochains mois et qu’un an presque jour pour jour d’ici là, je serais celui qui briserais notre relation.


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Alexis C. Islington





Elle est l’une de celle qui a changé ma vie du tout au tout. Celle sur qui j’ai pu me reposer, à qui j’ai pu me confier, broyer du noir. Elle a aussi été un autre bouleversement auquel je ne m’attendais pas. Un ouragan qui a une fois de plus mis ma vie sans dessus dessous

4 mai 2023

Je souris en quittant les Trois Balais et laissant mes collègues continuer leur soirée. Il est vrai que demain, exceptionnellement la plupart des internes en médicomagie sont en congés. Une sorte de tradition pour créer une bonne ambiance au sein du service, mais je ne me sens pas l’âme d’un fêtard. Comme bien souvent, je me suis laissé convaincre par Liam histoire de devenir légèrement plus social parce que je ne peux pas, pour le citer « Me terrer seul dans mon appartement en attendant pathétiquement qu’Ellie et Aemon sortent de Poudlard ». Pourtant ce plan-là me plait bien. Je ne ressens pas nécessairement le besoin de me faire d’autres connaissances. Ce que j’aime par-dessus tout avec la médicomagie est de pouvoir m’occuper de patients, trouver des solutions à leurs pathologies malgré les pronostics négatifs. J’aime passer des heures à faire des recherches dans mon studio, étudier toutes les théories possibles et les recouper les unes aux autres, me livrer à des expériences. Grâce à mon salaire du mois dernier j’ai pu m’acheter un nouveau chaudron et une bonne majorité des ingrédients basiques chez l’apothicaire. Je sais d’ores et déjà ce sur quoi je vais travailler en transplanant dans mon appartement et cela me ravit plus que d’assister à la déchéance éventuelle de mes homologues dans l’alcool. Alors que je m’écarte de la foule pour pouvoir m’évaporer, -je n’aime pas transplaner dans les rues bondées, ayant la sensation que tout un chacun me fixe dans l’espoir que je me démantibule, je perçois des cris étouffés dans une rue adjacente. Alors que mon instinct me crie de ne pas y prêter attention, que cela va mal se terminer, mon cœur et ma raison m’incitent à aller voir ce qu’il se passe. La scène n’est pas du tout ce que j’avais en tête et j’ai un haut le cœur en distinguant dans la pénombre une sorcière apparemment en mauvaise posture et se débattant tant bien que mal contre ce qui est certainement un mangemort pervers. Ma réaction est immédiate et avant même que je n’ai réellement le temps d’y songer, un sort informulé sort de ma baguette et pétrifie l’assaillant. Je reste immobile quelques secondes et après être certain de ne pas m’être raté, je me précipite auprès de la jeune femme évanouie dont le visage ne m’est pas inconnu. Je réalise rapidement qu’il s’agit d’Alexis, l’ancienne petite-amie d’Aemon. Un bref pronostic me permet de réaliser qu’elle ne nécessite pas un transfert à Sainte-Mangouste et connaissant le train de travail des urgences après y avoir passé quelques mois, je sais que cela sera une perte de temps. Sans y réfléchir plus que cela, je me saisis de son bras et nous amène directement dans mon studio.

Je suis prêt à dégainer lorsqu’elle ouvre les yeux. A peine reprend-elle conscience que je lui tends une tasse de chocolat chaud, l’un des meilleurs remontant que je connaisse. Tasse qui finit par voler tant mon geste a manqué de délicatesse et a dû la surprendre. Je la regarde attentivement alors que les souvenirs de son agression doivent probablement lui revenir en mémoire. Je tente une nouvelle approche. « Tu es en sécurité. Je m’appelle Jefferson, on était à Poudlard ensemble. Je ne sais pas si tu me resitues. Je t’assure que je ne te toucherai pas. » Je me lève, pose ma baguette en évidence sur la table du salon et en fait le tour pour me saisir d’un cadre photo. « Regarde, c’est ma petite-amie, Eleanor, et là c’est Ace. » Apparemment utiliser le surnom de mon meilleur ami lui permet de me resituer. Ou alors elle sait que je dois réellement le connaitre. En tout cas, elle a cessé de me jeter un regard froid, craintif. Je me rassois et lui tend la tasse que je m’étais préparée maintenant qu’elle a l’air de s’être légèrement calmée. « Tu n’aurais pas un truc fort plutôt ? Genre du pur-feu ? » Je secoue la tête et insiste pour qu’elle prenne ce que je lui propose. « C’est toi qui m’a sortie de là ? » Cette fois-ci j’acquiesce. Je n’ai pas réellement envie qu’elle me voit comme un héros, un courageux sorcier que je ne suis pas. Ce qu’elle ne fera visiblement pas. « Tu n’es pas le genre de mecs que je pensais capable de ça » . Je souris légèrement. « Moi non plus » . Cela a au moins le mérite d’étirer également ses lèvres, même si ce n’est que durant un court instant. « Tu peux rester ici cette nuit si tu veux. J’ai l’habitude de m’endormir sur le fauteuil en lisant alors ça ne me changera pas si tu veux prendre le clic-clac »

***

21 août 2023

Je n’ai pas même le temps de tourner ma clef dans ma serrure que la porte de mon studio s’ouvre à la volée. « T’étais où ? Ça fait presque dix jours que je n’ai pas de tes nouvelles ! Je suis même passée à Sainte-Mango mais ils n’ont rien voulu me dire ! » Je n’ai pas envie. Je n’ai vraiment pas envie de répondre à ses questions. Je ne suis pas surpris de retrouver Lexi dans mon appartement, depuis son agression elle y est la plupart du temps mais ce soir-là je souhaitais vraiment être seul. Mes mains tremblent, j’ai la sensation que mon cœur va exploser. Alors que je passe sans rien dire devant elle et balance mon manteau sur le fauteuil du salon et sors la bouteille de pur-feu de ma sacoche afin de me servir un verre. « Non mais ignore-moi en plus ! Tu sais que j’ai cru que tu avais clamsé dans un coin paumé de Londres ? » La bouteille dans la main j’inspire profondément et expire avec la même lenteur pour ne pas perdre mon calme. J’ai une brusque envie de la lui fracasser contre le crâne. Ce qui est stupide, je le sais, elle n’y est pour rien. Ça n’est pas de sa faute si le monde magique est devenu aussi despotique, ça n’est pas de sa faute si des tonnes d’enfants des héros de l’ancienne guerre sont désormais orphelins. Et ça n’est pas de sa faute si Liam était un des gardes de ces dits-héros. Sans même m’en rendre compte j’ai balancé le premier truc qui me tombait sous la main contre le mur. Heureusement pour moi, il s’agissait de la télécommande de ma télévision, rachetée à l’un de mes cousins éloigné moldu, et non la bouteille que je venais d’acquérir. Un silence froid envahi l’appartement et c’est à cet instant que je me rends compte qu’elle n’avait pas cessé de parler depuis que j’étais rentré chez moi. Je la sens immobile à côté de moi, perplexe. Je ne dis rien, certain qu’elle se remettra à me poser des questions une fois que la tension ambiante se sera apaisée. Je porte le verre à mes lèvres et manque de m’étouffer. C’est la toute première fois que je bois mais cela m’a semblé approprié. En tant que passionné de la médicine je sais bien qu’il y a 75% de chances que je devienne alcoolique en prenant mon premier verre dans ces conditions, mais je n’ai en rien à faire. Pour dire vrai, je me moque à peu près de tout. Je me dis que j’ai été immensément stupide jusqu’à présent de croire que la vie pourrait être belle. Et l’expression est faible. Je prends une seconde gorgée qui passe mieux que la première mais qui me brûle néanmoins la gorge. Ça n’est pas agréable, loin de là. Et pourtant je continue jusqu’à avoir englouti la totalité de ma dose et m’en ressers même une autre.

Alors que je m’apprête à continuer sur ma lancée, je vois la main de Lexi passer au-dessus de mon poignet, puis se retirer brusquement. Même si cela fait désormais plusieurs mois que j’ai empêché son viol, elle n’arrive toujours pas à avoir un quelconque contact physique avec les hommes. Du moins pas sincère. Je n’ai jamais compris pourquoi elle se lançait à corps perdu sur des salopards afin de soustraire quelques informations pour l’Ordre mais ne pouvait pas même me tirer par le bras lorsqu’elle souhaitait me montrer quelque chose. Je ne m’en offusquais jamais. Mais je ne le comprenais tout simplement pas. Je la regarde enfin depuis que je suis rentrée, essayant de me rappeler qu’elle n’y est pour rien dans toute cette histoire, que bien au contraire elle est tout autant une victime que moi, mais je sens les vapeurs d’alcool faire leur effet et mon discernement commence à se brouiller. « Qu’est-ce qu’il y a Jeff ? ». Les mots ne veulent pas traverser ma bouche, comme si les dire, les entendre émaner de mes propres cordes vocales rendrait le tout réel, concret. Au lieu de parler, je lui tends la lettre que j’ai écrite à Ellie. Une missive brève lui annonçant que j’étais désormais fils unique et qui la suppliait de ne pas ajourner ses rêves afin d’être à mes côtés. Quelques mots que j’ai tracés pendant le rare moment de lucidité que j’ai eu depuis que la nouvelle m’est tombée dessus. Lexi ne dit rien. Probablement parce qu’il n’y a rien à dire dans ce genre de situations, et je lui en suis reconnaissant. J’ai tout bonnement pété un boulon peu après l’enterrement à force d’entendre les vœux de condoléances de toute la paroisse d’Uzmaston. Il a fallu une bonne vingtaine de sorts d’oubliettes pour faire oublier aux habitants du coin de quelle façon une grosse partie de la forêt communal avait soudainement pris feu.

Je regarde mon studio et me lève soudainement avec l’envie de tout jeter par la fenêtre. A quoi bon ? A quoi bon avoir une télévision si je ne peux plus jouer avec lui ? A quoi bon vouloir être médicomage quand les personnes qui sont blessées et se présentent ne sont en réalité que les salopards qui ont torturé des sorciers prôneurs de liberté ? A quoi bon ? Les images des restes écarlates qui nous ont été présentés me reviennent en mémoire. Toute comme celle du sourire niais du mangemort porteur de la nouvelle. Lorsque je reprends mes esprits, Lexi est accrochée à mon bras, la table de mon salon est émiettée et les ingrédients que j’ai mis des mois à rassembler forment des amas diffus sur le sol. A moins que ce ne soit à cause de ma vision légèrement défaillante. Je me rassois et prend la bouteille qui est par miracle restée intact et continue de la vider, tentant de noyer ma rage et mon désespoir à l’intérieur. J’entends à peine la voix d’Alexis alors que je sombre dans un coma profond.


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Dernière édition par E. Jefferson Blevins le Jeu 4 Mai - 0:54, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: E. Jefferson Blevins ✵ Une âme perdue   Dim 30 Avr - 17:19



Alexis C. Islington





suite

4 décembre 2023

C’est une bonne chose que je sois en repos aujourd’hui. Je pousse la porte du Chaudron Baveur en espérant y trouver Shane. Barman, ancien camarade de Poudlard avec lequel je n’ai sympathisé qu’il y a trois mois. Une amitié intéressée pour ne pas mentir. Quelle que soit l’heure de la journée il parvient à me fournir n’importe quelle drogue trouvable sur le marché moldu. Et là j’en ai fortement besoin. Il faut que je me prenne une sacrée claque et me réveiller par la suite. C’est ce que je préfère dans le fait de m’adonner à ce genre de pratique. Les quelques minutes de lucidité qui s’ensuivent lorsque tout redevient normal, que j’ai cessé de décupler je ne sais quelle névrose nouvelle et que je vois ma vie telle qu’elle est, d’une façon plus ou moins neutre. C’est exactement ce dont j’ai besoin aujourd’hui. Pour comprendre la nuit qu’il s’est passé, ce que je veux, ce qu’il vaut pour le mieux. Parce que je n’ai personne à qui en parler. Pas Aemon puisqu’il est à la fois le meilleur ami de l’une des concernées et l’ancien petit-ami de la seconde, ce qui exclut donc également Ellie et Alexis puisqu’elles sont les origines du trouble qui me travers et pas Liam, puisqu’on me l’a enlevé. Cette mort qui m’a détruite de l’intérieur, qui m’a rendu ce que je suis aujourd’hui. Une putain de loque. Un mec qui se bourre la gueule dès qu’il a plus d’une demi-journée de pause. Un mec qui cherche son dealer à 7h30 du matin. Un mec qui embrasse la seule personne qui parvenait à le faire tenir debout depuis ces quelques mois. J’essaie de chasser l’image d’Alexis ondulant contre mon corps, ma chemise déchirée et le plaisir que j’ai ressenti. J’essaie d’oublier que si elle n’avait pas arrêté et n’avait pas repris ses esprits j’aurais très certainement trompé Ellie. Putain je me donne la nausée. Ne voyant personne je m’assois au comptoir et attends. J’attends qu’une bonne âme arrive et me permette de me pourrir l’esprit pour que je puisse tout regarder avec un œil neuf par la suite. Je ne peux cacher ma déception en voyant que ce n’est pas ma connaissance qui se trouve derrière le comptoir. Tant pis, alcool ce sera. « Pur-feur ». Le patron ne soulève même pas un sourcil, comme s’il était normal de servir un alcool aussi fort alors que le soleil est levé depuis environ vingt minutes. Avant que les premiers clients de la matinée arrivent, je suis en train de vomir mes tripes dans les chiottes, ce qui est certes dégueu mais me fait penser à autre chose.

Il doit être aux alentours de 15h lorsque je reprends conscience dans une des chambres située au-dessus du bar. Dans la chambre d’â coté j’entends forniquer et ma nausée revient. Cependant même si l’effet n’est pas aussi flagrant qu’avec la merde que je prends d’habitude, j’ai un léger éclair de lucidité. Je sais ce que je dois faire. Il me faut bien dix nouvelles minutes pour me motiver à me lever et descendre. « Combien je te dois ? » Le prix qu’il m’annonce me paraît convenable. « Et pour une heure de plus, du papier et un stylo ? » Je lui laisse tomber les mornilles sur le comptoir prend ce qu’il me tend et remonte en haut. J’essaye d’ignorer le couple toujours bruyant et rédige deux papiers. Une lettre pour Ellie et les mots que je souhaite dire de vive voix à Lexi. Je ne laisse rien de côté et suis le plus honnête précis. A une exception près. Je ne suis pas prêt à parler de la nuit dernière à Ellie ? C’est quelque chose que je souhaite faire de vive voix. Je rigole doucement en repensant à ce que disait Lexi hier. « T’es toujours le même bon gars bordel ! Tu crois qu’il est mort, disparu mais t’as toujours les mêmes putains de principes. » Ou un truc dans ce style-là. Si hier elle était entièrement dans l’erreur, force est de lui reconnaître qu’elle a aujourd’hui raison. Il me reste quelques parts de mon ancienne personnalité. Celle-ci est bien souvent noyé par l’alcool, la colère et les crises de folies, mais elle subsiste. Je ne parviens pas à retenir mon sourire.

Dès la lettre postée pour Ellie je transplane à proximité de mon appartement espérant qu’elle soit toujours à l’intérieur. Raté. Je me rends au sien mais il est tout aussi vide. Assis sur son paillasson j’essaie de trouver l’endroit où elle pourrait bien être. Je ne crois pas qu’elle travaille aujourd’hui. J’essaie néanmoins le bar-musical dans lequel elle bosse et finis par deviner où est-ce qu’elle est. Du moins je l’espère. Rien que l’idée qu’elle ait pu se remettre à son activité d’espionne du sexe me tord les boyaux. Je rentre dans la boutique de soulagement lorsque j’aperçois sa chevelure blonde, bouclée au comptoir. J’essaie d’ignorer le regard assassin de Meryt et ne quitte pas ma cible des yeux. « Lex » Elle se retourne, ne dis rien. C’est sa colocataire qui s’en charge. « T’es sérieux ? Non mais t’es sérieux ? Tu te bourres la gueule avec elle, tu lui fais de grandes déclarations sentimentales et tu te barres dès qu’elle dort ? » « Meryt ferme-la je suis là maintenant non ? Putain tu sais comment je suis Lex’. J’avais besoin de prendre l’air. » Je n’avais pas vraiment l’intention d’aboyer comme ça mais elle a commencé à m’agacer. Comme tout le monde elle a probablement eu ses pertes, ses tristesses mais elle ne peut pas comprendre ce que sa colocataire et moi partageons. Elle ne voit pas que les liens qui nous unissent sont plus compliqués que l’histoire du salop qui trompe presque sa copine et pose la culpabilité la fille qui l’a tenté. « Lex’ s’il te plait. Viens avec moi. J’aimerais qu’on discute » . Malgré les protestations de son amie elle me suit en dehors de la boutique. Je lui pose mon blouson sur mes épaules. « T’es encore parti t’exploser le foie » . J’aurais certainement dû me brosser les dents, me doucher lorsque je suis repassé à mon appartement mais à dire vrai j’ai beau avoir conscience de puer comme le vieux Mondigus, ça n’était pas mon soucis premier quand j’y étais. Même si je sens le reproche dans sa voix, j’essaie de le mettre de côté ne sachant comment justifier ton attitude. « Ecoutes Lex, je suis désolé de t’avoir laissée en plan comme ça. Il fallait que je prenne l’air » . Un petit pouffement dédaigneux me fait comprendre que je m’aventure sur la mauvaise pente. Ou que je n’ai utilisé les bons mots. Elle sait parfaitement que j’étais évanoui dans les chiottes d’un endroit quelconque.  « Bref. Je vais être un vrai connard, je te préviens d’avance. Je sais ce que je t’ai dit hier. Je sais que je t’ai dit qu’en ce moment je ne voyais pas ma vie sans toi et que la seule chose qui me retenait c’était l’idée de te faire du mal à toi ou à Ellie. Je ne sais pas si je suis en train de tomber amoureux de toi ou pas. Je n’en ai aucune idée. Mais je sais que je l’aime toujours et pour le moment j’aimerais simplement n’être avec personne. » Elle ne dit rien. Ce qui est mieux parce que je n’ai toujours pas terminé. « Je n’ai pas encore été un connard. Le truc c’est que je ne veux pas qu’on arrête de se parler. Je te l’ai dit, j’ai besoin de toi. Je me suis rendu compte aujourd’hui que t’avais raison. Que je ne suis pas foutu. Avec tous les psys que j’ai été voir, pas un n’a été capable de me faire sentir aussi bien que toi. Je ne sais même pas si toi tu sentirais un quelconque bénéfice à rester avec moi, passer des nuits à l’appart ou pas et égoïstement, même si ça n’était pas le cas je serai prêt à te supplier à genoux de rester pas loin. » Je n’arrive pas à formuler ma question, espère avoir été un minimum clair. Sa réponse est néanmoins presque immédiate. Elle pose sa main dans la mienne comme nous le faisons depuis des mois et accepte ma proposition. Je suis soulagé, à la fois effrayer. Je ne pouvais évidemment savoir que d’ici deux mois, savoir avec laquelle des deux j’aurais eu une chance de finir ma vie serait futile dans la mesure où l’existence est quelque chose de si fragile.


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Aemon C. Evans





Alors que j’ai la sensation que tout m’échappe dans ma vie, lui est resté constant. Il m’accepte tel que je suis, tel que j’étais et tel que je serai. Il est impartial. C’est pourquoi il restera toujours l’ami le plus précieux en ma possession.

28 février 2024


Caché derrière un des rares arbustes qui subsiste dans le parc de l’école, j’essaie de reprendre mon souffle. Je jette un coup d’œil à Aemon, à côté de moi dont le visage est couvert de je ne sais quelle saleté. De la poussière, de la suie, peut-être du sang. Cela fait quelques jours que je ne regarde plus mes mains, sachant que je les ai un peu trop rougies. Peut-être pas littéralement, mais métaphoriquement cela ne fait aucun doute. Si les premières personnes que j’ai fait tomber sous ma baguette m’ont hanté l’esprit les rares moments où j’ai eu une chance de me reposer dans le carnage ambiant, cela m’est désormais égal. Chacun a choisi son camp et je ne peux m’en vouloir de débarrasser, tant que je le peux, le monde magique des salopards qui le sillonnent depuis trop longtemps. Je n’ai qu’un regret qui m’habite réellement. Ne toujours pas avoir trouvé le connard qui a torturé et tué mon frère. J’ai bien essayé d’extorquer l’information à un mangemort que j’ai soumis au doloris mais il n’a pas voulu me dire qui était celui qui a fini le travail. Par contre il ne s’est pas privé pour me raconter à quel point Liam avait pleuré comme une fillette vers la fin quand il ne lui restait plus que deux doigts et une moitié de jambe. Je crois bien que c’est celui-ci qui a fini par m’ôter toute humanité. Alors que j’essayais jusqu’à présent de faire du travail propre, d’éviter d’achever moi-même nos adversaires, j’ai fait exploser le crâne de celui-ci. Ma rage a été calmée pendant quelques secondes, et j’ai réalisé que nous n’étions pas là pour faire des colliers de pâquerettes. « Tu es dans un sale état ». Je baisse les yeux sur la jambe qui me fait souffrir depuis quelques minutes. Celle où dès les premières secondes de la bataille j’ai reçu une flèche qui m’a transpercée la cuisse. Elle a vraiment une sale gueule, infectée. Mais je n’ai pas le temps de m’en occuper. De toute façon ça n’a aucune importance, je ne compte pas sortir de cette guerre vivant. Je ne crois pas vraiment en notre victoire, alors même si par hasard je passais entre les mailles du filet, le futur serait loin d’être brillant. Je rigole. Un rire nerveux, alors que je regarde mon meilleur ami. « Pourquoi t’es encore là ? » A l’instar de moi il y a quelques mois, il n’est pas quelqu’un de très actif dans la résistance. Certes, il est de notre côté, mais jamais je n’aurais pensé qu’il resterait pour se battre, risquer sa vie. Il hausse les épaules. Même si ça n’a aucun sens, je suis tout de même bien content qu’il soit à côté de moi.

Légèrement sonné, je me laisse trainer sur un côté, vers la forêt interdite je crois. Je ne sens plus ma jambe. Je ne sais pas vraiment ce qu’il s’est passé et j’ai comme la sensation de pisser le sang de partout. Une main passe sur mon front dégage mes cheveux que je n’ai pas eu le loisir de couper depuis un mois. J’ouvre mes yeux avec difficulté et discerne Ellie au-dessus de moi, les sourcils froncés, inquiète. Aemon à peine plus devant qui est comme en train de monter la garde. « Il faut qu’on le sorte de là ». Putain je dois vraiment être dégueulasse à voir. J’ai beau essayer de bouger, je ne parviens pas à bouger un muscle. Je ne parviens même pas à parler pour le moment. « Dis-moi comment on fait un garrot. » C’est le signal d’alarme dans mon crâne. Malgré le fait que j’ignore la date d’aujourd’hui, que je ne me rappelle plus de quelle façon j’ai pu être aussi démonté je ne veux pas de garrot. Si c’est pour finir manchot ou unijambiste, je préfère crever. Je secoue légèrement la tête. Elle ne tarde pas à m’engueuler comme jamais. J’entends à peine ce qu’elle est en train de me dire alors qu’à quelques centaines de mètres, des hurlements de douleurs, des bruits d’explosions, des cris de guerre font rage. J’ai envie d’y retourner. J’ai envie de laisser ma peau sur le champ de bataille et d’achever encore une fois quelques salopards. Mais je crois bien que c’est physiquement impossible. « Tu veux mourir dans mes bras ? C’est ça ? »  Malgré moi, je lève les yeux aux ciels. Je ne lui ai pas demandé d’être là. Je ne lui ai pas demandé de me tirer hors du terrain pour me voir clamser. A dire vrai, j’aurais voulu qu’elle soit ailleurs, en sécurité. Que je disparaisse et qu’elle se remette de ma mort, refasse sa vie. Cela fait des mois que je ne la mérite plus et il faut qu’elle s’en rende compte. Elle n’a pas à rester avec moi. Je n’en vaux plus la peine. Je puise dans mes forces et parviens à m’exprimer dans un croassement. « J’ai embrassé Alexis ». Un moment de pause. « Tu vois, tu ferais mieux de me laisser-là. Parce que même si on survit à ce merdier, même si on gagne, je ne peux plus être avec toi. Je ne suis qu’un salop qui va te rendre malheureuse. Laisse-moi crever. »  Elle ne dit rien et essaye sans mes consignes de stopper le sang qui s’écoule de je ne sais quelle partie de mon corps et s’en va. Ace, lui, est toujours là. « Tu es vraiment stupide, tu le sais ça ? ». Je hoche la tête tant bien que mal. Il me faudra trois jours pour reprendre des forces et m’engager à nouveau dans la bataille, Aemon à mes côtés. De temps à autre j’aperçois la chevelure blonde de Lexi ou les longs cheveux bruns d’Ellie mais ne les croise plus vraiment. Le sang continue de couler, les cris de retentir et les corps de tomber. Je finis par ne plus rien ressentir lorsqu’un regard se vide en face de moi et par je ne sais quel miracle, je continue de voir les soleils se lever.

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19 avril 2024

« Tu es sûr de toi ? » Je ne peux vraiment en vouloir à Aemon pour émettre des doutes quant à ma décision de le suivre en Amérique Latine dans un camp de dresseur de dragons. Il y a quelques mois je me battais bec et ongles pour le convaincre de se spécialiser dans un domaine moins risqué. Mais il y a quelques mois Liam était en vie, je souhaitais une vie stable et je ne me voyais pas quitter la Grande-Bretagne. Il y a quelques mois j’étais encore d’une naïveté que je trouve aujourd’hui pathétique. Il y a quelques mois je n’avais encore tué personne. J’ai beau me dire qu’ils étaient pourris jusqu’à la moelle, que si ça n’avait pas été eux, ce serait moi, ça ne change pas grand-chose. Je finis de ranger d’emballer le peu d’affaires qu’il reste encore dans mon studio et acquiesce. « Et ta jambe ? »  Ma jambe. Littéralement un souvenir de guerre. Si finalement je n’ai pas eu le droit au garrot, le fait que je sois resté plus d’un mois sans y apporter les soins nécessaires font qu’elle est aujourd’hui dysfonctionnelle. Les médicomages ont bien essayé de la guérir, mais sans succès. Apparemment la flèche que j’ai reçue dès le premier jour portait un sortilège sorti tout droit de l’esprit du mangemort qui nous a assaillis. « C’est toi qui va courir après les dragons. Pas moi. Je serai juste dans le camp avec l’équipe chargée de soigner vos blessures quand ta bande d’insouciants et toi reviendrez nous voir. » Je ne pense pas une minute qu’ils soient des insouciants. A dire vrai j’aimerais être comme eux. Trouver à nouveau quelque chose qui me fait vibrer. Si je continue dans ma lancée de guérisseur c’est uniquement parce que je ne vois pas d’autre chose pour laquelle je pourrai avoir une quelconque prédisposition. Et puis l’occasion était rêvée. J’ai besoin de partir, de laisser toute cette guerre derrière moi. D’oublier mon semblant de vie sentimentale et des dommages que j’ai causé. Excepté Aemon, seuls mes parents et le nouveau recruteur de Sainte-Mangouste connaissent ma décision. C’est lâche et con de ma part mais je n’ai pas envie de me prendre la tête. Je zippe mon sac, me saisis de la canne qui me sert actuellement à me déplacer avant que je ne parvienne à maitriser ma guibole et balance mes affaires sur le dos. « On y va comment ? ». Les bras croisés, appuyé contre le mur qui donne accès au couloir, Ace me dévisage quelques secondes comme s’il doutait encore de ma volonté. Je rends mon regard plus insistant. « Je te rappelle que je suis handicapé, alors je ne vais pas rester comme ça toute la journée. On y va comment ? » J’ignore s’il est surpris par mon ton cinglant, et si c’est le cas il ne le montre pas. Il s’y est peut-être habitué. Camarade de Serdaigle, il a certainement dû se rendre compte que je ne suis plus le même sorcier que celui qui a été poussé par sa petite-amie pour aller à sa rencontre. Celui qui se laissait marcher sur les pieds et craignait qu’on le rejette. Il hausse les épaules et me tourne le dos afin de sortir de la pièce. « Portoloin ». Je fais une légère grimace. Ça ne va pas être agréable du tout. Je le suis au dehors et claque la porte derrière moi. J’ai déjà rendu les clefs à mon propriétaire qui m’a gentiment averti que je continuerai à payer le loyer pendant encore quatre mois puisque je ne lui ai donné aucun préavis.  Peu m’importe, je n’aurai pas réellement besoin de mes économies là-bas.

Dans les rues moldues, c’est le calme plat. Personne ne se doute de ce qui a pu se passer dans le monde qui est pourtant si proche d’eux. En revanche, dès qu’on passe le passage du Chaudron Baveur et atterrit sur le Chemin de Traverse, c’est tout une autre histoire. L’allée est plus animée que ce que je ne l’ai jamais vue. Les sorciers ont l’air joyeux. C’est la fin de la dictature et enfin, enfin, toutes les personnes dotées de magie sont les bienvenues. Je pense vaguement à Lou, une née-moldue qui était proche de Liam et me demande si elle est de retour elle aussi. Probablement. Par réflexe, je me saisis de la Gazette du Sorcier et balance le gallion qui me reste au marchand ambulant. Comme depuis des jours, il y est question d’Indali, de sa grande victoire synonyme de liberté et d’égalité, du grand retour de la protection de nos droits inhérents en tant qu’être vivants. Tolérance, altruisme, indépendance… tant de mots étalés de long en large du papier. Et quelques pages plus loin la préparation du plus grand procès que le monde magique ait connu. Celui où seront jugés et très certainement condamnés tous les mangemorts renommés qui ont soutenu Voldemort sans avoir crevé lors de la bataille de Poudlard. Poudlard, l’école dont on ignore encore l’avenir. Le Royaume-Uni est définitivement en train de changer le cours de son histoire. Un changement auquel je n’assisterai pas sans que cela ne me dérange outre mesure. J’ai joué mon rôle. Je me suis battu, j’en ai eu des séquelles et ça me suffit bien assez. « C’est encore loin ? » Même si je lui ai dit que ma jambe tiendrait le coup, je dois avouer que marcher au-delà de dix minutes ne m’est pas agréable. Sans dire un mot il me montre une rue deux-cent mètres plus loin. Je respire profondément jusqu’à que nous y arrivions et que nous trouvions un petit groupe déjà présent. Apparemment nous sommes les derniers attendus. L’un des sorciers fait le décompte et au chiffre trois nous nous saisissons tous du coussin rapiécé qui nous entrainera en Bolivie.

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2 octobre 2026

« Blevins ! On a besoin de ton aide par ici ! ». Eh merde ! Je viens tout juste de m’asseoir. Assis devant le feu du camp, je me voyais bien terminer ma soirée tranquillement en train de lire la lettre de mes parents. Ils sont les seules personnes qui m’envoient du courrier depuis que je suis parti il y a plus de deux ans. On ne se dit pas grand-chose. Je vois bien qu’ils ne me reconnaissent plus, qu’ils ont peur du sorcier qu’ils vont retrouver quand je reviendrai les voir. Je ne suis pas le gamin qu’ils ont éduqué, je suis parti en vrille et ça ils s’en rendent compte. Malgré le peu d’émotions des missives, je les lis toujours avec entrain. Ce sont eux qui me tiennent informé de ce qu’il se passe au Royaume-Uni, ce de quoi à l’air la société depuis qu’Indali est au pouvoir. Apparemment on serait presque revenu au temps d’entre les deux premières guerres sorcières. Celui où tout un chacun pensait Voldemort disparu une bonne fois pour toute. L’époque qui eux les a marqué, ne leur a laissé que des souvenirs agréables. Un coup de génie politique de la part de la nouvelle Ministre de la Magie si vous voulez mon avis. C’est également eux qui m’ont parlé de la WUUK. Peut-être dans l’espoir que je rentre au bercail. « Blevins ! Grouille ! » Je pousse un grognement en ramenant ma jambe contre moi ce qui m’aide à me lever avec plus d’aisance en prenant appui sur la seconde. Lessivé, je décide de prendre encore davantage mon temps avant de rejoindre la tente des guérisseurs et pars sans ma canne. « Qu’est-ce qu’ils ont encore fait ces abrutis ? ». Tous les visages se tournent vers moi, froids. Et merde, le mec doit être éveillé. Il me faut quelques secondes avant de réaliser qu’Ace est le patient en question.

« Ah putain ! Mais non ! Qu’est-ce qu’il a ? » Je m’approche de la table, essaie de poser moi-même un diagnostic, mais à part de la chair cramée, je ne visualise pas grand-chose. Sa respiration à l’air stable, sans heurt ce qui est plutôt bon signe. Le fait qu’il soit inconscient un peu moins en revanche. « De simples brûlures. Enfin simples. Elles l’ont bien amoché quand même. On avait besoin de savoir s’il te restait de l’onguent. » Non mais ils se foutent de ma gueule ? Ils m’ont fait venir jusqu’ici pour que je retourne dans ma tente qui est à l’autre bout du campement ? « Vous beuglez pour que je ramène mon cul et vous n’auriez pas pu préciser que je devais venir avec un truc ? ». Je sais bien que je devrais un peu plus de respect à ces hommes. Après tout, ils ont accepté de continuer ma formation et m’ont appris quelques petits trucs. Mais ça m’agace. « Oui c’est bon il en reste. Quelqu’un peut aller le chercher, c’est sur ma table. Je ne me sens pas de me retaper 500 mètres ». Bien sûr je les aurais faits si personne n’avait bougé. C’est Aemon sur la table. Mais si je pouvais m’éviter le trajet, autant en profiter. Et puis tant qu’à faire, je préférais rester à côté de lui.

« C’est quand même super efficace ton truc. On ne voit presque plus rien ». Je ne dis rien et regarde Aemon observer son reflet dans le seau d’eau qu’il m’a réclamé. Il ne lui a fallu que quelques heures pour que les sédatifs qu’on lui a donné cessent leurs effets et déjà l’onguent j’ai fabriqué toi-même à force de recherche et d’acharnement, ce que les guérisseurs ici n’ont pas, a considérablement commencé à soigner les plaies que mon pote a sur le visage. « C’est parce que tu ne vois pas réellement ta tronche que tu dis ça. Il faudra bien que t’en mettes pendant une voire deux semaines si tu ne veux pas être défiguré à vie et effrayer tes petites collègues. » Sans surprise, Ace a un succès fou auprès du peu de gente féminine qui traine dans les parages. Non pas que ça soit nécessairement un de ses intérêts actuellement, mais c’est une observation que je n’ai pu t’empêcher d’émettre. Il repose le seau au sol et  désormais me regarde. « J’ai embrassé Eleanor ». Un léger twist me tord les tripes mais il s’efface aussi vite qu’il est arrivé. J’essaie de me rappeler de ce qu’il m’a dit après que j’ai balancé le même type de phrase à celle-ci mais ça ne me revient pas. Je me contente de hausser les épaules. Je sais bien que je suis le fautif dans toute cette histoire alors je ne suis pas surpris qu’ils se soient tous les deux rapprocher. Je ne lui demande aucune précision. Je n’en ai pas besoin. « Elle a les lèvres douces hein ? » J’enchaine rapidement afin de lui signaler que ça m’est bien égal. « Je déconne Ace. T’as embrassé mon ex, j’ai embrassé la tienne. Je crois bien qu’on est quitte.» A son tour de hausser les épaules. C’est ça qu’il y a de bien avec lui. Peu importe qui je suis, il prend les choses comme elles viennent, comme elles sont. Une faculté que je devrais probablement développer. Peut-être.


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Fred Weasley





On dit que les amitiés que l’on peut se faire dans l’adversité sont les plus tenaces. Je suppose que je peux le considérer comme tel, comme un ami. Quoi qu’il en soit nous nous sommes serrés les coudes dans le passé et recommencerons devant chaque nouvelle menace.

6 janvier 2027

« Merci, vraiment, mais j’aurais pu rester avec vous jusqu’à que j’ai les moyens de me le payer moi-même. » Ma mère m’assure une fois de plus que ça leur fait plaisir de prendre en charge mes premiers loyers et qu’à 24 ans je souhaitais certainement avoir mon espace à moi plutôt que de vivre chez eux. Des phrases qui ne sont réellement dites que pour la forme étant donné que depuis mon retour à Noël dernier nous ne savons pas quoi nous dire. Quand bien même l’absence définitive de Liam joue quelques peu, je devine que l’homme que je suis devenu les déstabilise. Nous restons quelques secondes dans un silence froid ne sachant réellement que dire. C’est mon père qui décide de le briser.  « Nous y allons. Prend soin de toi. Et si tu as besoin de quoi que ce soit n’hésite pas. »  Il me prend maladroitement dans un de ses bras pour me serrer contre lui, ma mère, elle reste à l’écart. Je ne lui en veux pas n’étant désormais vraiment plus propice à quelque démonstration d’affection physique que ce soit. Je ferme la porte derrière eux et observe les lieux. Je ne sais pas si je m’y sentirai réellement comme chez moi. C’est ironique. Alors que quand j’étais gamin il fallait des battre des pieds et des mains pour me faire sortir, aujourd’hui j’ai la sensation d’étouffer à l’intérieur. Comme si les murs m’oppressaient. Heureusement pour moi, j’ai pris de l’avance et envoyé un hibou à Fred pour lui annoncer mon retour et nous avons convenu de nous revoir autour d’un verre, un café en cette fin d’après-midi. Je ne prends pas la peine de me changer et me saisis de la bourse que mes parents m’ont laissée avant de me rendre à pied au Chaudron Baveur.

Malgré mon pas claudiquant (qui restera a priori comme tel d’après mes propres diagnostics et ceux de mes confrères de Bolivie) j’arrive légèrement en avance. Je m’installe dans un coin du bistrot et résiste à l’envie de me commander un verre lorsque le serveur me fait signe depuis le comptoir. S’il y a bien une chose pour laquelle mon voyage en Bolivie a été utile c’est de soigner partiellement de mon alcoolisme. Oh bien sûr, je meure d’envie de me tordre les boyaux au pur-feu et de ne m’anesthésier à la fois le corps à cause de la sensation désagréable que je ressens au niveau de ma cuisse droite, et l’esprit à cause de celle de malaise qui me prend à l’idée d’être de retour en Angleterre, mais je parviens néanmoins à me contenir. J’ignore encore pourquoi je me suis convaincu de rentrer. Certes, je commençais à en avoir assez des chaleurs étouffantes, des coups de soleil et de la monotonie qui s’était installée dans le camp, mais j’ai tout de même eu la belle vie là-bas. J’avais besoin de cette pause, de ce dépaysement. C’est peut-être pour cela que ça n’a été que temporaire. Je devais simplement me ressourcer et prendre du recul. Laisser le nouveau gouvernement s’installer afin de pouvoir reprendre une vie « normale ». Je me rends seulement compte lorsque Fred arrive que j’étais en train de jouer avec une mornille. Comme pour occuper mes mains. Un autre point positif avec mon éloignement temporaire, j’ai arrêté de cloper comme un feudeymon.  Je lève mon bras pour lui signaler ma présence.

Il n’y a pas à dire, depuis la dernière fois que nous nous sommes vu, il a changé. Il a l’air plus calme, plus reposé et d’avoir gagné en musculature. Ce qui doit probablement venir de son nouveau job. Il faut également avouer que je ne le connais pas plus que cela et que nous avons commencé à tisser quelques liens à peine trois mois avant mon départ. Sur le champ de bataille alors qu’il m’a permis d’éviter un avada kedavra et sur nos lits d’hôpitaux voisins pendant que nous tentions de combattre nos démons intérieurs et de soigner nos blessures extérieures. Nous n’étions pas non plus totalement des inconnus comme Liam et lui se côtoyaient plus ou moins régulièrement, mais les souvenirs majeurs que j’ai de lui sont de ces moments très précis. Des moments forts de mon existence, peut-être également de la sienne. Quoi qu’il en soit, ils donnent à mes yeux un sens concret de l’expression « frères d’armes ». Alors qu’il propose de commander un thé, je refreine mon envie de boire un distillant bien fort et approuve. Une fois assis, je n’hésite pas à entamer la discussion. « Alors, professionnel de Quidditch hein ? Félicitations ! » Pas très loquace, mais c’est une chose qui m’a interpellé dans sa missive alors qu’il évoquait son emploi du temps aléatoire et chargé.  « J’en connais un qui aurait été content de te voir jouer. » Ça aussi c’est quelque chose de nouveau, je parviens désormais à parler de mon frère sans avoir l’envie de tout détruire sur mon passage. Probablement parce que j’ai conscience que statistiquement parlant son bourreau a soit crevé il y a presque trois ans soit qu’il est en train de pourrir à Azkaban.
Une fois le sujet du Quidditch épuisé nous passons à ma réembauche à Sainte-Mangouste effective dès demain puis à nos temps sabbatiques après la bataille que nous n’évoquons pas. Notre conversation reste banale puisqu’au fond nous ne nous connaissons pas vraiment. Cette amitié, s’il est possible de l’appeler comme telle, que je partage avec Fred n’a rien à voir avec celles de mon passé. Celles où il m’arrivait de rire à gorge déployée, celles qui me semblaient à l’époque vitales, indispensables pour survivre mais qui finalement n’étaient pas faites pour durer. Avec Fred, oui, c’est différent.


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16 juillet 2027

Adossé contre un réverbère, j’attends que l’équipe des Pies de Montrose sortent du stade. Je ne parviens à me retenir que trois minutes avant de rallumer une cigarette. Malgré toute ma bonne volonté lors de mes premières semaines à Londres, je suis retombé dans mes vieilles habitudes. Un paquet par jour, un verre avant de dormir et au train auquel je vais, il n’en faudra que peu pour que je reparte à la recherche de Shane ou un de ses quelconques collaborateur.  A croire que la réinsertion à la vie urbaine n’était pas aussi simple que ce que je pensais. Malgré les mois qui ont passé depuis mon retour, comme je le craignais, je ne me sens plus chez moi ; mais comme je ne me vois pas retourner en Colombie, je m’en contente. J’essaye de me satisfaire de cette nouvelle atmosphère qui règne dans la ville. De ces gens heureux et trop expressifs. Je ne dis pas regretter le moment où face de serpent nous gouvernait mais j’avais au moins la sensation d’être dans un monde réel. Pas cet univers utopiste où presque chacun peut compter sur son voisin. C’est trop fantasmagorique, trop enchanteur. Trop faux. On ne peut pas être aussi extatique alors qu’il y a à peine trois ans et des baguettes des dizaines de sorciers, sans compter les enfoirés qui faisaient partie de la bande de l’autre bâtard, se sont écroulés à quelques centaines de kilomètres de là. Certaines fois j’aimerais prendre les passant un à un et leur gueuler dessus. Leur dire que moi j’y étais, que je me suis putain de battu pour eux et qu’on ne peut pas réjouir autant de la mort de nos pairs. C’est dégueulasse, la plupart d’entre eux n’y étaient pas, ils sont restés cloîtrés chez eux à baiser et se reproduire comme des lapins pendant que les courageux, les vrais, eux, n’auront pas cette chance. Plus j’y repense et plus je revois le visage des gens étendus sur le sol. Des gamins. Nous étions presque tous des gamins et on nous a envoyé là-bas. Tant de vies avortées, coupées dans leur jeune âge, pour que les autres, les peureux, puissent gambader joyeusement sur le Chemin de Traverse. Je crois que c’est ce qui me tue autant en fait. Ça, et d’y être confronté tous les jours. Ça m’agace de voir les nanas venir aux urgences pour un simple sort de furoncles un peu tenace alors que des sorciers souffrent atrocement plus, mériteraient d’avantage le temps que l’on perd avec elles. Je pousse un soupir et laisse mon mégot sur le sol volontairement. Histoire d’apporter un peu de souillure dans ce monde trop parfait. La main déjà sur le paquet près à en sortir une autre, j’entends des voix émaner de la sortie. Je le range à nouveau dans la poche de ma veste et fais signe à Fred.

Je repose ma bierraubeurre et m’essuie d’un geste absolument tout sauf élégant. « Alors cet entrainement ? ». Fred hausse les épaules et prend une gorgée de sa propre boisson. Il sait que je ne m’intéresse pas plus que ça au Quidditch et que pour le surprendre comme ça quelque chose ne dois pas tourner rond. Il ne met pas longtemps avant de réaliser que un plus un font deux. « Tu ne devrais pas être au travail ? » Je ne cherche même pas à lui cacher. Ça ne servirait strictement à rien. « On m’a renvoyé. » Bon, ça n’était pas tout à fait vrai, mais c’est presque pareil. Ce ne serait que chipoter sur des mots. A dire vrai, on m’a proposé un tout autre travail, toujours à Sainte-Mangouste parce qu’ils savent que j’ai du potentiel dans la médecine mais simplement pas dans mon secteur de prédilection. Je devais quitter la partie guérisseur pour me concentrer dans des services plus cachés. De préférence avec le minimum de contact humain. C’est étrange, quand bien même je ne supporte pas de voir les passants dans la rue et les patients de l’hôpital j’ai besoin d’être entouré. J’ai besoin de voir la foule grouiller autour de moi. Peut-être pour essayer de les comprendre, pour les étudier, pour essayer de tourner à la même drogue qu’eux : la naïveté. Mais ça je ne le pourrais plus. Alors c’était tout comme. Ne plus être guérisseur, c’est ne plus être ce que je veux. « Qu’est-ce qu’il s’est passé ? » Une fois tu ne cherches pas à cacher quoi que ce soit. « Apparemment, la mère de l’une des patientes que j’ai insulté a porté plainte contre l’hôpital. Elles étaient en groupe hein. Une bande d’irresponsables adolescentes qui ont essayé de se lancer un sort de maquillage permanent et qui a mal tourné. » Rien qu’à visualiser de nouveau la scène des quatre gamines je suis désespéré. « Mais qu’est-ce que tu leur as dit ? » J’essaye de les revoir assises devant la salle d’examen qu’on m’a attribué pour les incidents mineurs, leurs visages bariolés et fluorescents, leurs regards désintéressés et le ton insolent de celle qui était apparemment la reine du petit groupe. « Je ne sais pas dans quelle école vous allez mais ils sont vraiment des abrutis pour vous laisser jouer avec la magie pendant l’été. Et puis comme elles se lançaient des regards qui disaient clairement vieux con grincheux j’ai ajouté un truc du style : sûrement un endroit où ils forment des petites putes en puissance. » Fred manque de s’étouffer mais je ne sais pas si c’est à cause du choc où parce qu’il rigole à moitié. Il me fait signe de rester à ma place alors que je commençais à me lever pour venir lui taper dans le dos et en ajoute un autre comme pour m’indiquer de lui parler. Je lui fais confiance sans pour autant le lâcher du regard. « Tu sais j’ai l’impression que tout le monde est comme ça. Que tout le monde prend ce qui leur est offert pour acquis. Je ne comprends pas de quelle façon ils ont pu oublier qu’il y a quatre ans on vivait sous une dictature monstrueuse. C’est comme si on leur avait fait un lavage de cerveaux. Comme si on vivait sous une propagande sans nous en rendre compte. » Ce n’est pas la première fois que je lui déclare ce genre de choses. Je n’y peux rien tout est trop rose bonbon à mon goût. S ;’il ne me contredit pas entièrement, il n’approuve pas non plus entièrement mes propos. C’est sûrement la raison pour laquelle il change de sujet après s’être remis. « Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? » A mon tour de hausser les épaules. C’est pourtant à la fin de cette nuit que je peux finalement voir où je vais.

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3 novembre 2027


Je ne peux m’empêcher d’être agacé en voyant la tronche de la personne qui se pointe au bureau que je partage avec mon titulaire. Toujours le même étudiant. Je lui demande sans bouger mon cul de ma chaise ou les pieds de mon bureau ni même baisser le livre que je suis en train de lire ce qu’il me veut encore. Il m’expose son problème auquel je donne la même réponse qu’à chaque fois qu’il vient : « Arrêtes de faire ta feignasse et va chercher ta réponse dans les manuels qu’on t’a conseillé en début d’année. Viens me voir quand tu auras une question qui n’a pas déjà été répondue. »  A ses pas lourds et lents je devine qu’il n’est pas satisfait et qu’il essaie de me faire culpabiliser d’être aussi sympathique qu’une mandragore. Je soupire alors que j’entends la porte qui grince, signe qu’il est presque sorti. « Regarde les recherches du Docteur Oubbly ». Je ne comprends vraiment pas cette vague d’étudiants. Ils attendent que tout leur tombe dans la main. Ils espèrent que l’on fera le boulot à leur place. Le problème est qu’ils sortiront de WUUK avec un magnifique diplôme qui ne sera qu’une simple médaille de participation. Si cela ne semble pas déranger certains des professeurs qui tentent de les protéger comme des mamans hypogriffes moi ça me gave. S’ils ne savent pas de quelle façon fournir un effort ils seront vraiment dans une merde pas possible une fois dehors. Surtout avec ces foutus sabliers. Je regarde le mien, à moitié vide et essaye d’oublier le jour où il est apparu. Imaginez avoir une gueule de bois et un foutu mal de crâne, des putains de nausées et une sorte de douleur désagréable dans le bras par-dessus le marché. Forcément, ça n’aurait pas pu arriver la veille lorsque j’étais torché. Je compte, sans m’en rendre compte, à voix haute, les sous que j’ai à Gringotts. « Ce soir ce sera magicobus mon vieux. Ça coûte moins cher que d’aller te payer un rechargement ».  « C’est bon tu recommences à devenir schizophrène ? »  Je fais un léger bon en voyant Fred à la porte alors que pourtant, je l’attendais. « Je ne suis pas schyzo mais bipolaire, rien à voir. Mais ouais, on n’est jamais à l’abri d’une rechute. Tu es bien placé pour le savoir.»   Nous sourions chacun légèrement. Il n’y a bien qu’avec lui que je me permet de plaisanter sur les névroses qu’a créé la fin de la dernière année sous le « gouvernement » de l’autre taré. « Non je râlais juste à propos de ces foutus trucs qu’on a au poignet et qui vont m’obliger à perdre environ une heure chaque jour en transport. Y’a pas à dire la paye d’apprenti médicomage et la paye d’apprenti professeur n’est pas la même. »  « Si tu dépensais moins en cigarettes aussi tu pourrais le recharger ton sablier. »  Je ne fais pas attention à sa remarque parfaitement fondée. Comme je me rends dans le monde moldu pour m’en procurer, certaines fois avec des petits extras tranquillisant, –vachement moins cher qu’au marché noir- je paye tout de même cher en taux de change mornilles contre livre sterling. Je me lève de mon siège et vais fermer la porte de mon bureau sans oublier de lancer un petit sort d’insonorisation ce qui a pour effet de diminuer encore le liquide bleu de mon sablier et de me faire froncer les sourcils. « On s’en fout de toute façon non ? On va réussir à trouver un moyen de s’en débarrasser. »  C’est pour cette raison que Fred est venu me retrouver ici après son intervention dans je ne sais quelle classe de la branche sport international. Pour qu’on essaie de faire une fois de plus un brainstorming et trouver une solution face à cette nouvelle dictature déguisée qui s’installe confortablement. Je lui donne le journal clandestin que j’ai trouvé. Nous ne sommes pas seuls à vouloir faire bouger les choses. « Je préfères te voir comme ça qu’en plante verte. Mettons-nous au boulot ». Petite référence à mon inaction dans les années de la résistance, juste et fondée mais désormais désuète. Il est hors de question que je ferme les yeux une nouvelle fois. Je ne suis plus vraiment le sorcier innocent et naïf d’autrefois.


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Béatrice Dubois





Lorsque l'on vieillit on se surprend, les autres nous prennent de court. Ceux que l'on pensait vide et inintéressants sont en réalité charmants et divertissants. Certains peuvent même s'insinuer et créer un chemin bien particulier vers un de nos organes vitaux.
Enfin, il reste à confirmer qu'elle ait réussi cet exploit.


8 avril 2027
Je pousse la porte et parcoure des yeux le papier qui se trouvait à l’entrée de la pièce. Rien de bien excitant, une fracture ouverte suite à une mauvaise chute de balai. Enfin, j’ai conscience que je devrais pas faire la fine bouche. Je suis l’un des rares internes en médecine à avoir droit de traiter les légères blessures par moi-même. Il faut dire que j’ai fait une sacré impression lorsque j’ai repris le boulot en janvier dernier. Un coup de cul comme il n’en existait pas. Une série de grands brûlés qui déboule à Sainte-Mango. Autant dire que pour moi qui aie passé presque trois années à soigner exclusivement ce type de blessure, c’était un cadeau offert sur un putain de plateau d’argent. Contrairement aux bleus qui regardaient le léger chaos sans bouger d’une baguette je me suis jeté dans le bain et pouvais en quelques coups d’œil et deux trois phrases classer les patients en partant du grand brûlé à celui bénignement blessé. Comme je le dis, j’ai une chance de cocu qu’un mioche sans cervelle s’amuse avec la baguette de ses parents et lance sans le vouloir un feudeymon lors d’une réunion de famille. Pas sûr que j’aurais été aussi efficace dit s’il y avait eu un empoisonnement collectif. Quoi que. Je me serai certainement mieux débrouillé que l’autre bande de scroutt à pétards. « Bonjour je suis le docteur Blevins, c’est moi qui vais m’occuper de vous… mademoiselle… Putain mais tu le fais exprès ou quoi ? J’ai d’autres choses à foutre de mes journées que de te soigner. Ça fait déjà trois fois que tu te pointes ici en deux semaines. Je commence à en avoir ras-le-cul de te filer du poussos tous les quatre matins. »  

Béatrice Dubois. Je ne sais même plus pourquoi elle me fait péter un plomb dès que je la vois aux urgences. Ni pourquoi c’est réciproque. Ou même comment ça a réellement commencé. Je ne pense pas que cela date de nos années à Poudlard. C’est à peine si nous nous étions adressés la parole depuis le jour où j’avais cherché à la réconforter alors qu’elle venait de subir les railleries de quelques obscures. Faut dire que j’étais un peu con-con à cet âge-là et que je n’ai pas réfléchi qu’en lui filant une chocogrenouille alors qu’on venait de se foutre de son poids c’était pas la meilleure chose à faire. Ah ouais c’est peut-être comme ça que ça a commencé. Quand je lui ai fait remarquer qu’elle devrait faire plus gaffe quand elle vole maintenant parce qu’elle avait moins d’amorti. Pas très fin je l’avoue. En tout cas elle m’avait bien craché à la gueule ce jour-là. Depuis c’est clair qu’on ne prend plus de gants. En fait certaines fois je suis presque content de la voir aux urgences, quand j’ai eu une sale journée c’est elle qui prend, et elle me le rend bien. C’est pratique d’avoir quelqu’un à blâmer quand tout se barre en couille.

Je ne lui présente même plus le topo et me contente de poser ma main droite sur le bas de son tibia, la regarde dans les yeux et lui fait signe que je vais rentrer à nouveau l’os dans sa chair. Je dois au moins lui admettre ça. Elle en a des grosses et ne demande plus d’anesthésiant quand elle arrive en morceau. Probablement parce que c’est plus rapide comme ça. Enfin j’imagine... A peine un rictus de la bouche. Elle m’épaterait presque.  

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7 mai 2028

Comme à la fin de chaque journée de boulot je suis aux Trois Balais pour oublier à quel point les étudiants en médicomagie sont des imbéciles. Ou pour n’importe quelle autre raison qui me permet de me justifier. Je crois bien que ça doit être mon troisième pur-feu. Ou mon quatrième. Franchement je ne les compte plus. J’ai reçu ma paye il n’y a pas longtemps alors ce soir c’est la grande débandade. Seul au départ. Puis je vois les équipes de Quidditch arriver. Il devait y avoir un match en cours et c’est l’heure de la célébration. J’essaye de discerner les couleurs des maillots mais autant être honnête, je suis à un point où je suis en train de devenir daltonien. Tout ce que je sais c’est que je ne vois pas de tête rousse donc a priori Fred n’est pas dans le lot. Je n’y mettrais pas ma main à couper. Peut-être mon bras si ça pouvait me débarrasser de cette merde de sablier qui bouffe des gallions aussi vite que Liam pouvait engouffrer une tarte à la citrouille. Avec un peu de chance on en aurait plus pour longtemps. Les masses commencent à se regrouper de plus en plus régulièrement et j’ai la sensation qu’on va bientôt venir à bout du merdier dans lequel on est fourrés depuis que l’autre tarée est arrivée au pouvoir. La foule commence à se faire oppressante dans l’auberge et malgré les diagnostics qui m’ont été fournis, je suis presque certain que je souffre d’agoraphobie.   Encore un pour la route je me dis. Pour le courage. Alors que j’attends ma commande je réalise que je connais une personne dans la foule et regrette presque immédiatement de m’être commandé un autre verre. La Dubois fait partie du lot. J’ignore si elle m’a vu mais je fais bien attention à ce qu’elle ne remarque pas ma présence. J’ai pas envie de prendre la citrouille ce soir. Je décide de descendre mon verre aussi vite que possible et m’éloigner de la liesse ambiante qui me tape sur le système. C’est du moins mon attention avant qu’une main ne se saisisse de mon poignet. « Erbin Blevins ? »

Entendre mon premier me donne une sensation de nausée. A moins que ce soit le fait que j’ai pris un verre de trop avec un estomac vide de toute nourriture. Allez savoir. « Qu’est-ce me veux ? ». Un anglais pas très reluisant mais toujours compréhensible c’est l’essentiel. J’essaie de me maintenir droit en m’appuyant grossièrement sur le comptoir. Autant le dire tout de suite ça n’est pas une grande réussite. J’aime boire, j’aime me broyer la cervelle à coup de pur-feu, mais ce que je hais par-dessus tout est de ne pas être assez atteint pour ignore le regard des autres. Je déteste pouvoir lire leurs regards emplis de jugement et de dédain. Alors que le sorcier m’annonce que je dois le suivre, je me retire violemment de son emprise, fort heureusement légère. « Oh. T’as pas le droit de faire ça. Si je te suis-je dois savoir pourquoi. »   J’entends à peine la réponse de mon interlocuteur alors que mes pupilles sont occuper à faire un tour en orbite. Putain, pourquoi je suis venu ce soir déjà ? C’est lorsqu’un bras s’enroule autour du mien que je réalise qu’une personne est en train de me défendre. « Faut que je le répète combien de fois ? Ça n’était pas lui ! Il était avec moi ce soir-là. Je peux tout vous raconter en détail si vous voulez mais il ne faudra pas m’arrêter parce que je suis obscène en public. Ouais c’est ça. Sayonara ! ». A travers mes yeux embués j’identifie la personne à laquelle appartient le ton cinglant et suis légèrement surpris quant à l’identité de la sorcière qui vient de me sauver la mise. « Merci Dubois ».


***

25 août 2028

S’il y a bien un endroit dans lequel je ne me serai jamais imaginé il s’agit de cet appartement. Et pourtant depuis quelques mois j’ai la sensation d’y passer le plus clair de mon temps dès lors que je ne suis pas à Poudlard. Faut dire qu’on a maintenant une image à tenir avec la Dubois. Je n’ai jamais vraiment compris pourquoi elle était venu à ma rescousse pour commencer mais faut être honnête je ne vais pas cracher dans la soupe au potiron. Le fait qu’elle me serve régulièrement d’alibi est carrément utile et ça permet de me dédouaner de pas mal de choses. « Oui mais ça c’était avant » certains diront. Et moi je leur répondrais « vos gueules ». Ouais, ça y est, on a gagné. Indali a démissionné sous la pression et on peut à nouveau se servir de la magie comme on le souhaiterait. C’est pas nécessairement la joie et un monde fait de plumes à sucre mais on peut s’en contenter pour le moment. Ce que je fais là ? Ah oui, c’est vrai qu’il s’agit de notre principal intérêt pour le moment. Je suis venu la remercier. Voilà tout. Pendant presque quatre mois elle m’a aidé et la moindre des choses est que je lui offre un petit quelque chose en contrepartie. Il faut dire que ce qui est je ne suis pas facile à vivre et même si je débarquais souvent avec mes propres provisions, je peux m’avérer assez chiant après un verre de trop. Voilà tout. Absolument tout. Ça n’a rien à voir avec le fait qu’en réalité elle n’est pas aussi pénible que ce que je le croyais aux premiers abords ou même qu’elle soit parvenue à me faire rire quelques fois. Ça n’a rien à voir avec le fait que j’ai reçu une lettre d’Aemon dans la matinée qui tente de m’ouvrir les yeux sur ce qu’il s’est passé ces derniers temps. Et ça n’a rien à voir non plus avec le fait qu’elle me rappelle à son unique façon les deux seules sorcières desquelles je suis tombé amoureux par le passé. Non rien de rien.

« Tiens ». Je saisis le verre qu’elle me tend et la remercie d’un signe de tête. Il doit bien s’agir de la première fois que je me retrouve sans voix face à elle. Cette interaction est différente de toutes celles que nous avons pu avoir par le passé et elle en a peut-être aussi conscience que moi. Ou peut-être pas. Ce qui est certain c’est que je n’ai plus envie de la blâmer pour mes moindres maux comme dans le passé et que nous ne sommes plus dans l’obligation de jouer la comédie et de nous apprécier dans les yeux du grand public. Un entre-deux en sommes. C’est étrange, mais ma visite à une odeur douceâtre d’au-revoir et je ne l’apprécie pas. Il faut dire ce qui est, je me suis habitué à sa présence constante ces dernières semaines et l’idée de reprendre mon petit quotidien sans que l’on ne se voit régulièrement me semble bien monotone. Après quelques instants de silence, elle finir par remarquer le présent que j’ai posé sur sa table basse. J’acquiesce et la regarde déballer la combinaison que je lui ai offerte. Je ne peux m’empêcher de sourire sarcastiquement en l’observant elle et son air circonspect. « C’est une combinaison qui se gonfle au moment d’une chute qui prévoit un impact violent. Tu pourras la porter pendant les matchs et ça fera comme si tu étais encore à Poudlard avec tes propres protections naturelles. » Je n’attends aucunement à ce qu’elle réagisse, ignorant si notre relation nouvelle fait que je puisse me permettre de la taquiner sur son ancien embonpoint ou non. Je pose mon verre et quitte l’appartement, transplane au rez-de-chaussée devant sa fenêtre et hurle à pleins poumons. « Merci pour tout Dubois ! » Je crois l’entendre pester mais avance d’un pas rapide jusqu’à la prochaine rue, une sensation de vide commençant déjà à s’installer dans chacune des cellules de mon corps.



Crédits gif : ici  ◊ Crédits fiche : Romane


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Il ne faut pas grand chose pour démarrer un incendie. Une simple petite étincelle. Que ce soit l'amour consumant ou la brûlante révolution la moindre petite braise est suffisante. Elle vient d'être lancée et nous allons la préserver, la travailler, l'amplifier jusqu'à que tout ne soit plus que cendres. Ce sera un enfer flamboyant d'où ressortira un phénix radieux. ~ byendlesslove.


Dernière édition par E. Jefferson Blevins le Dim 2 Juil - 16:01, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: E. Jefferson Blevins ✵ Une âme perdue   Lun 1 Mai - 2:55

Je te l'ai déjà dis, mais j'adore cette fiche Je l'ai dévoré dans la journée

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DE CEUX
Nous sommes de ceux qui cherchent à désarmer la mort à coup d’grenades lacrymo pour l’effrayer et la maintenir à distance. Nous sommes de ceux qui espèrent croiser la vie un soir, au détour d’une avenue, pour la séduire, la ramener et lui faire l’amour de façon brûlante.
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MessageSujet: Re: E. Jefferson Blevins ✵ Une âme perdue   Mar 2 Mai - 18:49

Merci

J'avoue que cette fiche c'est mon petit trésor, une de mes plus grande fierté. Je pouvais pas me résoudre à la refaire même pour un nouveau départ

Plus qu'à l'actualiser avec mon nouveau lien tout frais

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MessageSujet: Re: E. Jefferson Blevins ✵ Une âme perdue   Mar 2 Mai - 19:41

Je me souvenais pas que Fredou était dedans, mais j'avoue qu'elle est top cette fiche

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Tu me dis que rien ne passe même au bout d'un moment, qu'un beau jour c'est une impasse et derrière l'océan. Que l'on garde toujours la trace d'un amour, d'un absent que tout refait surface comme hier droit devant. Tu me dis que rien ne sert la parole ou le temps qu'il faudra une vie entière pour un jour faire semblant, pour regarder en arrière revenir en souriant en gardant ce qu'il faut taire et puis faire comme avant.
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MessageSujet: Re: E. Jefferson Blevins ✵ Une âme perdue   Mar 2 Mai - 19:48

Punaise. J'ai parcouru ta fiche vite fait car je n'ai pas le temps de les lire pour le moment et je suis tombée sur le passage où tu parles de Lou. Si c'est pas du hasard ça ! C'est mignon

Liaaaaam

Hate de pouvoir lire ta fiche, beau gosse

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MessageSujet: Re: E. Jefferson Blevins ✵ Une âme perdue   Mar 2 Mai - 20:07

elle est pas mal la dernière fille dans ton profil

I love you I love you I love you
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MessageSujet: Re: E. Jefferson Blevins ✵ Une âme perdue   Jeu 4 Mai - 1:02

Vous êtes trop chou merci!

Fredou: Mince j'étais pourtant certaine que tu étais au courant et que je t'avais demandé ton aval avant de poster Mais oui tu as ton "petit" paragraphe perso. (Et s'il y a quoi que ce soit qui te semble bizarre par rapport à Fred du coup, n'hésite pas! Je peux modifier sans soucis)

Lou: Je croyais que c'était toi qui m'avait validée l'an dernier, mais apparemment je suis à côté de la plaque Arrow Mais oui Lou a son petit moment What a Face (Et puis ne te sent pas obligée de la lire, je sais que je suis partie en vrille. Je ne m'attend pas à ce que les gens la lise réellement Arrow )

Béa: Je trouve qu'elle se débrouille pas mal en son genre oui (J'ai posté les deux premiers paragraphes s'il y a un truc qui te gêne ou qui ne ressemble pas à Béa n'hésite pas à me le dire)

Et je vous présente ma pire crainte. Je ne suis pas certaine que deux posts seront suffisants pour poster ma fiche en son intégralité [/b]

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MessageSujet: Re: E. Jefferson Blevins ✵ Une âme perdue   Jeu 4 Mai - 21:22

Ah si j'avais du être au courant à l'époque, c'est juste que je me souvenais plus

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Tu me dis que rien ne passe même au bout d'un moment, qu'un beau jour c'est une impasse et derrière l'océan. Que l'on garde toujours la trace d'un amour, d'un absent que tout refait surface comme hier droit devant. Tu me dis que rien ne sert la parole ou le temps qu'il faudra une vie entière pour un jour faire semblant, pour regarder en arrière revenir en souriant en gardant ce qu'il faut taire et puis faire comme avant.
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MessageSujet: Re: E. Jefferson Blevins ✵ Une âme perdue   Ven 5 Mai - 15:43

c'est très bien I love you

ahah t'es trop productive !

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je ne peux m'empêcher de penser à toi
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MessageSujet: Re: E. Jefferson Blevins ✵ Une âme perdue   

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E. Jefferson Blevins ✵ Une âme perdue

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