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 Et on s'aimera encore, même quand l'amour sera mort [ Pv Ellen]

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MessageSujet: Et on s'aimera encore, même quand l'amour sera mort [ Pv Ellen]   Jeu 23 Juin - 9:15

Le hibou de la Wuuk était arrivé l'avant-veille, juste après le départ de Mahault et Joaquin. Derek avait été très surpris de voir l'un des grands ducs de l'université se poser à sa fenêtre, étant donné qu'il ne faisait plus parti des effectifs jusqu'à nouvel ordre. Après avoir lu la missive, il comprenait mieux pourquoi. Il s’agissait d'une convocation à un stage de survie en pleine nature auquel tous les élèves des sections défensives de l'Université se devaient de participer. En fouillant dans sa mémoire, Derek s'était souvenu qu'on leur en avait touché quelques mots, le jour de la rentrée, lors du traditionnel speach d’accueil des nouveaux élèves.

En arrivant au camps de la formation, une sorte de camping à l'américaine avec cabanes en rondins, sanitaires et réfectoire commun, Derek se mit immédiatement en quête de son dortoir. Il faisait déjà nuit, il était perdu au fin fond du parc forestier Galloway et le temps était exécrable. Il pleuvait sans dis-continuer depuis qu'il avait quitté Londres, rendant les chemin du campement boueux et glissants, et le vent soufflait assez fort pour décorner un cerf. Heureusement, les cinq autres garçons qui partageaient son bungalow lui firent immédiatement bonne impression.

Après avoir passer une main dans ses cheveux humides pour les essorer un peu, il jeta son énorme sac de randonnée sur le lit. N'ayant jamais été très doué pour faire les bagages, il avait confié la tâche délicate du choix du paquetage à Nerio, qui partait plus souvent qu'à son tour dans ce genre d'opération. Bien que le stage ne dure que deux jours et que les vêtements ne représentaient qu'une partie infime de ce contenait ce sac, Derek allait devoir se trimbaler pas moins de dix kilos de bagage sur le dos. Il céda volontiers le lit du haut et profita des dernières minutes avant la première réunion d'information pour griffonner une lettre à sa grand-mère.

En rentrant dans le réfectoire, l'anglo-libanais eut l'impression que l'air été saturé d’électricité. Une trentaine de jeunes étaient rassemblé là, garçons et filles confondus, dans un joyeux brouhaha. Il frissonna, tout sens en éveil. La pièce était toute en bois, du sol au plafond. Il y avait de grandes tables en mélaminé et des bancs dépareillés. Il se cala contre un mur, croisa les bras et attendit le lancement de la réunion. Tout en scrutant la foule, dont chaque visage lui semblaient familier, il nota l'emplacement de la table des victuailles. Il avait l'estomac dans les talons et les cookies sur les assiettes en carton semblaient le supplier de venir les dévorer.

Soudain, il détecta la présence d'un corps familier à proximité dans son dos Il n'y avait qu'elle qui déclenchait ce sixième sens. Il ferma les yeux, bien trop conscient de ce qui l'attendait quand il se retournerait. Il se le refusait. Il ne pouvait pas formuler cette idée en mot ou en images. C'était trop ironique, même pour lui. Ou alors que cette idée lui plaisait et c'était justement pour ça qu'il la refusait. Il ne savait pas si c'était la peur ou l'espoir qui faisait cogner son coeur comme ça. Il était tellement crispé, dans son désir de devenir invisible, qu'il commençait à avoir des fourmis dans les jambes.

Tout en se demandant s'il se serait jeté volontairement jeté dans la gueule du dragon s'il avait au courant de sa présence, il rouvrit les yeux et vit qu'elle s'était installée en fin de tablée, au fond de la salle et qu'elle ne semblait pas encore avoir remarqué qu'il était là. Ellen Daschwood, briseuse de coeur et de paix intérieure. Il la voyait remuer les lèvres, discuter avec d'autres filles sur le banc, sans n'avoir aucune idée de ce qu'elle pouvait bien raconter. Furtivement, il retrouva cette sensation de pétillement au creux du ventre, comme lorsqu'ils étaient à Poudlard et qu'il l'observait à la dérobée, lorsque le cour l'ennuyait. Ce n'était sûrement pas bon signe. Caché par la foule, il se fit tout petit et se faufila dans le coin le plus reculé de la pièce, hors de son champ de vision.

Le principal organisateur du camp réclama le silence puis leur énonça le règlement intérieur et l'organisation du week end. Les élèves seraient répartis en binôme et la course d'orientation se déroulaient en étoile autours du campement. Le circuit de la première épreuve, long de 18 km, leur serait révélé le lendemain à six heures, au moment de la distribution des cartes, des boussoles et des sacs déjeuner. Ils devraient ensuite réaliser le parcours le plus rapidement possible, tout en suivant l'ordre imposé par les différents points de contrôle.

Pour Derek, la principale difficulté de l'épreuve résidait dans le choix de l’itinéraire mais l'organisateur insista lourdement sur les difficultés physiques qu'ils risquaient de rencontrer sur le terrain, notamment à cause d'une météo peu clémente. Il expliqua ensuite le code couleur qui annonçait les particularité du terrain sur les cartes ( noir pour les rochers et falaises, jaune pour les espaces découverts, bleu pour l'hydrographie, bistre pour le relief, le blanc et le vert pour la végétation).

A dire vrai, rien de tout ceci ne tracassait l'ancien orvet. Ni la météo, ni la distance, ni le fait de se lever aux aurores pour crapahuter dans la forêt écossaise. Ce qui le minait, c'était cette histoire de binôme. Si l'expérience de la course d'orientation le rendait curieux, l'idée de se farcir dix huit kilomètres en pleine nature avec un total inconnu ne l’enchantait pas plus que ça. Depuis le temps, il avait appris à ne compter que sur lui même. Après quelques explications sur les points de contrôle , balisé en orange et blanc, l'homme attrapa les listings que son collègue lui tendait. Après avoir annoncé quelques duos, suscitant la joie, la méfiance ou l'incompréhension totale chez les principaux intéressés, Manny, puisque c'est ainsi qu'il s’appelait , prononça le nom de Derek.

Derek Marshall, tu ferras équipe avec ...

Il farfouilla dans ses papiers, parcourut une page des yeux et annonça :

Dashwood, Ellen.

Manny ne leva même pas la tête en prononçant ce nom et passa immédiatement au binôme suivant. Mortifié, l'anglo-libanais espérait avoir mal entendu. Cela paraissait tellement insensé qu'il avait presque envie de rire. Le destin était vraiment mal embouché, parfois. A croire que quelqu'un avait téléphoner de Londres pour dire qu'il avait eu avec cette fille une passion dévastatrice et qu'il fallait absolument les remettre ensemble. Il ne leva pas la tête, ne fit aucun geste. Il ne pouvait pas croiser son regard de chat encore une fois. A la fin de la réunion, il se dirigea droit vers Manny qui finissait de classer ses papiers et mangeait un de ces foutus cookies.

Je peux vous demander quelque chose ?
Bien sûr.
Est-ce qu'il est possible de changer de binôme ?
Si tu me donnes une bonne raison.

Derek allait ouvrir la bouche quand Manny précisa, comme s'il venait de lire dans ses pensées :

Un motif médical ou professionnel, j'entends. Pas pour un motif personnel.

Derek resta silencieux. Il allait pouvoir tirer un trait sur ses bonnes résolutions, lui qui s'était jurer d'éviter Ellen tout le week- end, voilà qu'il allait devoir travailler avec elle. Croiser un sinistros n'aurait pas pû lui apporter plus mauvais présage. Il finit par dire d'une voix basse :

Je vois. Merci quand même.


Dernière édition par Derek S. Marshall le Ven 5 Mai - 14:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et on s'aimera encore, même quand l'amour sera mort [ Pv Ellen]   Jeu 23 Juin - 18:41

Et on s'aimera encore, même quand l'amour sera mort


Le hibou lui avait apporté le parchemin la veille et Ellen en avait sauté de joie. Ca faisait si longtemps qu’elle attendait ce moment là. Ils allaient enfin faire un peu d’extérieur. Un vrai terrain, comme les grands. Bon, c’était un peu exagéré mais c’était l’idée. La blondinette était ravie de mettre enfin sa pratique au profit de l’extérieur plutôt que de rester cloitrée dans une salle de classe au sein de l’université. Et pourtant, en désormais plus d’une année, elle en avait appris. Certainement pas assez, mais bien suffisamment pour pouvoir servir à quelque chose en pleine nature. Cette sortie, ça faisait plus de deux mois qu’elle l’attendait. Elle se rappelait les mots prononcés dès la rentrée leur promettant un stage de survie. Et qui n’en aurait pas rêvé ? Encore plus dans leur section. Restait maintenant à voir comme tout cela allait se dérouler, mais elle ne doutait pas que ça se passerait comme il le fallait. Après tout, ils étaient un bon petit groupe.

Elle prit quelques affaires qu’elle mit dans son sac sans fond. C’était son père qui lui avait appris ce sortilège et elle se devait bien d’admettre qu’il était des plus pratiques. Ainsi, même les objets les plus lourds lui semblaient léger et elle ne s’encombrait pas inutilement. La base lorsque l’on ne sait pas où on va se retrouver. S’ils ne savaient toujours pas où exactement ils allaient devoir partir au moins, ils seraient bien logés c’était indéniable. Peut-être même un peu trop bien par rapport au thème des deux jours. Les maisonnettes paraissaient tellement agréables à vivre. Encore plus lorsqu’on les partageait avec ses camarades de classe. Elles allaient s’en souvenir pour encore un bon bout de temps de cette sortie à en voir déjà l’ambiance lors de l’installation. Dommage que ça ne reste certainement pas aussi convivial et sympathique en journée. Parce que stage de survie, c’était un mot plutôt clair sur ce qui allait se dérouler même s’ils n’avaient pas été particulièrement avare de détails sur le déroulement de celui-ci. Elle s’allongea quelques instants tout en discutant avec ses camarades attendant l’heure fatidique de la réunion d’informations où ils allaient enfin en savoir un peu plus sur tout ça. Un manteau imperméable sur les épaules, elle traversa le site en direction du réfectoire faisant également office de salle commune. Au moins, elle n’avait pas eu les cheveux mouillés par la pluie battante qui tombait à l’extérieur. Temps pourri pour un camp de survie, c’était tout à fait ce à quoi on pouvait s’attendre. Ce n’était pas pour cette fois là le camp dans un climat tropical et agréable à vivre. Un jour, peut-être… En attendant, ils étaient toujours en Grande-Bretagne, ce pays toujours gris. C’était mieux à BeauxBatons en tout cas. Peut-être qu’elle aurait dû faire ses études en France. Le camp de survie aurait peut-être eu lieu dans une région plus ensoleillée.

L’ambiance qui régnait au sein de la pièce lui rappela instantanément Poudlard et la salle commune des Serpentard. Qu’est-ce qu’elle avait pu passer comme bons moments à cet endroit. A discuter avec ses amis, à réviser installée en face de Derek… Derek ? Il devait être là d’ailleurs. Elle savait qu’il faisait la même section que lui et la sortie les concernait tous, premiers comme deuxièmes années. Elle se demandait si elle avait ou non envie de le voir. Au plus profond d’elle, elle savait que oui. Bien entendu qu’elle avait envie de le revoir, d’être de nouveau proche de lui. Elle repensa à leur dernier baiser en plein bal, et à celui d’avant, plus discret sur un banc. Mais à quoi bon. Si elle avait essayé d’avancer, de se remettre en question, elle avait l’impression que ce n’était toujours pas le cas de son coté. Sinon, pourquoi l’aurait-il ignoré pendant des jours, des semaines après l’épisode du bal. Elle ne comprenait plus. Un instant il l’embrassait, il semblait sur le point de lui faire une déclaration –à sa plus grande joie, il va sans dire – et celui d’après, elle n’existait plus. S’en était trop pour elle. Elle voulait quelque chose de sûr, et pas quelqu’un qui se foutait bien d’elle, profitant de sa faiblesse. A moins qu’elle ne soit aussi la sienne. Dans tous les cas, elle espérait tout de même le croiser. Parce que vu le faible nombre d’élèves, ici au moins, il ne pourrait pas l’éviter, pour le meilleur, comme pour le pire. Mais au moins, elle serait fixée et arrêterait d’attendre bêtement. Assise sur un banc au coté de ses amies, elle discutait tranquillement. Elle l’avait vu. Quelques secondes après être entrée dans la pièce, alors qu’elle pensait à cette salle commune où elle avait vécu certains des meilleurs moments de sa vie, elle l’avait vu. Lui dans son fauteuil, loup solitaire. Son cœur s’était légèrement accéléré. Parce que même s’il la faisait tourner en bourrique, elle savait très bien ce qu’elle voulait. C’était retrouver celui qu’elle avait perdu au milieu d’une bataille trois ans plus tôt. Et si elle devait se battre pour cela, elle était prête. Mais pour l’instant, elle attendait, son regard glissant régulièrement en direction du brun qui ne semblait pas l’avoir remarquée. Peut-être qu’à la fin des jours de survie, elle serait enfin fixée, et ça serait pour le mieux.

Les explications sur ce qui semblait être une course d’orientation étaient enfin finies. Et les binômes étaient constitués au fur et à mesure. Et dire qu’un instant elle avait cru qu’elle pourrait se mettre avec Blake ou Lucy. Il allait falloir qu’elle revoit ses plans. Visiblement, c’était un deuxième et un premier année. C’était logique en fait… Alors elle attendait patiemment, voyant déjà certains binôme heureux d’être associé, ou au contraire pas du tout. Mais n’était ce pas le jeu. « Derek Marshall, tu feras équipe avec Dashwood, Ellen. » C’est une blague… Le visage de la blonde se décompose en même temps que celui du brun. Certes elle voulait lui parler, mais pas passer une journée entière en sa compagnie s’il ne voulait pas de sa présence. Ca allait être top… Elle ne tente même pas de changer de binôme. Ce serait vain de toute façon. Ils font ça pour les forcer à travailler avec des gens qu’ils ne connaissent pas forcément, pour leur montrer que dans la vraie vie on peut faire équipe avec quelqu’un que l’on ne connait pas, ou avec qui on a des antécédents. Elle sourit en voyant Derek qui allait voir leur prof. S’il réussissait à le convaincre, il était vraiment doué.

Ce soir-là pas de discussion, elle alla se coucher directement et même si elle n’arriva pas à s’endormir directement, au moins elle se reposait car la journée du lendemain promettait de ne pas être de tout repos. Rien que de savoir qu’elle allait se lever pour six heures, ça lui faisait tout drôle. Et le matin vint, son réveil sonna et en quelques secondes elle était debout. Fatiguée mais debout. Maintenant, elle n’avait plus qu’une seule hâte, être sur le terrain. Et même Derek s’il l’ignorait ne pourrait pas gâcher sa joie d’être enfin face à de la vraie pratique. Elle enfila rapidement ses vêtements, prit son blouson, mis son sac sur les épaules et elle était prête. Elle rejoint rapidement son binôme qui se tenait un peu plus loin, semblant également attendre la distribution du plan. C’est étrange comme elle ne savait pas quoi lui dire. D’ordinaire, elle trouvait toujours quelque chose à dire aux gens, mais là, elle restait muette. Peut-être parce qu’elle ne savait pas comment il allait réagir en sa présence, encore plus qu’elle savait qu’il avait tout fait pour ne pas l’avoir en tant que binôme la veille au soir. Devait-elle lui dire qu’elle savait, qu’elle avait très bien compris son petit jeu ? Non, certainement pas… Mieux valait qu’elle n’en parle pas. Elle n’avait pas envie de l’entendre dire qu’il n’avait plus envie d’avoir à faire à elle. Pas tout de suite. Elle s’accordait encore un léger espoir. Reculer pour mieux sauter aurait dit certains, mais juste pour quelques heures, elle voulait rester dans le flou, si flou il y avait. Elle récupéra le plan qu’elle ouvrit. « Eh ben, ça va être un sacré parcours. » Il ne lui avait pas fallu longtemps pour remarquer les pentes qu’ils allaient devoir grimper par moment. Heureusement, ils avaient leur baguette avec eux ce qui pouvait être un sacré avantage dans certaines situations. Elle releva la tête vers lui avant de lancer « On est parti ? » Eh oui, il ne pourrait pas lui reprocher son manque d’enthousiasme et de motivation malgré sa peur de voir comment tout cela allait virer.


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MessageSujet: Re: Et on s'aimera encore, même quand l'amour sera mort [ Pv Ellen]   Ven 24 Juin - 15:24

Derek avait passé la première partie de la nuit à scruter les ressorts du matelas au dessus du sien. La respiration lourde et profonde de son camarade de lit lui parvient parfaitement aux oreilles malgré la trentaine de centimètres les séparant. Ses orteils pianotaient sur la barre de bois, au bout de son lit. Une citation ne cessait de lui traverser l'esprit. "Il valait mieux avoir connu l'amour et le perdre que de ne pas le connaitre du tout." Cela ne lui était d'aucun secours à cette heure avancée de la nuit. Il n'aurait pas du se tracasser autant. Surtout que le manque de sommeil lui porterait préjudice le lendemain. Ce n'était plus pareil maintenant. Il avait prit conscience de ses failles et savait maintenant comment se protéger. L'anglo-libanais ferma les yeux à la recherche de Morphée. Une heure plus tard, alors qu'il faisait encore nuit noire, il abandonna l'idée même de dormir. Il se leva et, après avoir enfilé une tenue de circonstance, s'engouffra dans la nuit noire pour courir.

Pour retrouver sa sérénité, le jeune homme ne connaissait pas d'autres moyens que de courir. Déjà quand il était à Poudlard, il courait autours du lac. Il avait parfois l'impression que l'état quasi méditatif qu'il atteignait au fil du chemin parcouru l'aidait à coordonner ses pensées. Il s'étira rapidement puis cala sa respiration sur ses foulées, qu'il se mit à compter mentalement. L'air était froid et humide, mais il ne pleuvait plus et le vent s'était calmé. Il courait pour courir. Pour fuir. Pour que l'épuisement efface les doutes. Il ne savait pas combien de temps il avait couru, ni combien de kilomètres il avait parcouru, mais quand il revient au campement, longeant une route bordée de petits sapins verts, les lumières des cabanons étaient presque toutes allumées. Il passa rapidement à son dortoir, changea de sweet-shirt et de débardeur , enfila sa veste de pluie et hissa son paquetage sur son dos.

Quand il arriva sur la place des départs, éclairée par les lumos des baguettes et des lumignons disposés un peu partout, Ellen n'était pas là. Il se posta près d'un rondin et attendit. La distribution des plans ou sa binôme, il ne savait pas trop. Derek envisagea un instant de partir sans elle. On avait connu mieux comme plan de rechange, mais vu l'acharnement du destin sur leur relation, il avait le droit de biaiser les règles. Derek soupira en jouant avec un caillou du bout de sa chaussure. Impossible de faire comme s'il ne se connaissait pas. Il ne pouvait pas non plus faire comme si elle n'avait pas été, dans sa vie, la première et la seule. Il ne pouvait pas non plus fermer les yeux sur les effets désastreux que leur rupture avait eus sur son existence. Et il n'était pas foutu d'ignorer et de taire la puissante attirance qu'il ressentait pour elle. Le temps allait être long.

Quand la blondinette arriva à sa hauteur, il ne dit rien. C'était suffisamment gênant de devoir tuer le temps avec une personne qui vous inspirait des sentiments aussi bizarres. Heureusement, Ellen en se formalisa pas de son mutisme. Elle se dirigea vers Jonas, l'assistant de Manny, et récupéra une carte et la boussole tandis qu'il attrapait deux sachets repas, posés dans un carton un peu plus loin. Elle ouvrit le plan et commença à l'analyser.

Eh ben, ça va être un sacré parcours.

En effet. Après la forêt, bien dense si on se référait à la couleur vert foncée de la carte, était signifié de nombreuses montées, cours d'eau et autres joyeusetés. Ellen referma la carte et se tourna vers lui, manifestement beaucoup plus détendue qu'il ne l'était :

On est parti ?

Il comprenait sa fébrilité. C'était grisant, il n'y avait pas d'autres mots. Il espérait simplement qu'ils ne devraient pas gérer d'autres mauvaises surprises. Il hocha la tête puis se mit en marche. Aux abords du camps, la forêt était encore jeune et clairsemée, et sans la consulter, il s'engagea sur un chemin assez large, sans doute le lit d'un ancien cours d'eau, qu'il avait repéré le matin même lors de son footing. Pour tuer toute velléité de protestation, puisqu'ils étaient censés convenir d'un trajet pour rallier la première borne, il se contenta d'expliquer à voix basse, pour ne pas être entendu des autres binômes :

J'ai fais un footing ce matin. J'ai analysé le terrain. La première borne est dans cette direction et suivre se chemin nous garantira quelques kilomètres de relative tranquillité.

Sans attendre de réponse de sa part, il s'enfonça dans les bois. Il sortit le baladeur mp3 que Nerio lui avait conseillé , une autre ingénieuse invention moldue, et fourra les écouteurs dans ses oreilles. Il se forca à se concentrer sur la musique jusqu'à ce que ses pensées se réduisent à leur plus simple expression. Juste des flash, des mots, des bips qu'il ne cherchait même pas à suivre.
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MessageSujet: Re: Et on s'aimera encore, même quand l'amour sera mort [ Pv Ellen]   Lun 27 Juin - 15:58

Et on s'aimera encore, même quand l'amour sera mort


Elle venait de récupérer les plans et un rapide coup d’œil lui en avait appris pas mal sur le trajet qu’ils allaient devoir faire. Et à première vue, il n’allait pas être des plus simples. Mais c’était le jeu et c’était aussi ce qui faisait de ces deux jours quelque chose de génial. Parce que ça allait leur changer de leurs petites habitudes. Et puis, elle aurait la magie pour l’aider si nécessaire. Et elle n’était pas non plus une anti-sportive. Elle n’avait jamais fait de quidditch certes, mais elle s’occupait à d’autres choses notamment lorsqu’elle s’était retrouvée à BeauxBatons où elle n’avait plus à craindre de perdre le contrôle de son don. Elle reporta son attention sur son binôme. Une fois de plus les battements de son cœur accélérèrent brièvement. Elle avait envie que la journée se passe bien et pourtant, elle avait peur. Parce qu’elle savait que ce qu’elle avait pu un jour ressentir pour lui n’était pas oublié. Elle ne savait pas si elle l’aimait, mais s’ils n’avaient été qu’à deux, elle aurait aimé le sentir dans ses bras, juste quelques instants. Céder à son envie d’être de nouveau près de lui. Elle baissa le regard alors qu’il s’attardait un peu trop sur les lèvres du brun. Celles qu’elle aimait tant. Elle avait peut-être eu d’autres petits-amis après lui, mais ça n’avait jamais été comme avec lui. Etait-elle destinée à finir avec lui ? Y avait-il au final qu’une seule personne avec qui ont été vraiment bien ? Et malgré tout ce qu’ils s’étaient faits subir, cette personne était-elle Derek ? Elle ne savait pas. Elle ne savait plus, plus vraiment.

« J'ai fais un footing ce matin. J'ai analysé le terrain. La première borne est dans cette direction et suivre se chemin nous garantira quelques kilomètres de relative tranquillité. » Elle s’empêcha de rire à cette remarque. Déjà qu’ils s’étaient levés tôt, elle se demandait comment il pouvait avoir eu le temps de faire un footing. Elle ne se souvenait pas qu’il soit si matinal à l’époque. Elle sourit, attendit qu’il passe devant et le suivit. Ils étaient dans les premiers partis. Comme à son habitude, elle lui faisait confiance. Cette confiance aveugle qu’elle aurait pu lui donner à l’époque était toujours présente. Au final, la méritait-il encore ? Elle ne savait plus. Ce qu’elle savait, c’est qu’il ne méritait pas forcément ses sentiments. Elle n’était plus sûre de rien. Mais ne se moquait-il pas d’elle ? Plus ça avançait et plus elle se demandait s’il n’essayait pas de la rendre dingue à faire la girouette. La faire tomber de nouveau amoureuse pour mieux la briser par la suite. Parce que c’était ce qu’il arrivait à faire avec brio. Des danses partagées, des confessions et puis plus rien pendant un mois.

Son cœur se serra alors que le brun enfonçait ses écouteurs dans ses oreilles. Ce n’était pas encore aujourd’hui qu’elle allait retrouver le Derek qui aimait discuter des heures avec elle, celui avec qui elle avait pu aller se balader dans le parc de Poudlard. Non, c’était le Derek froid et sombre de ces derniers temps qui était de nouveau à ses cotés et non celui entraperçu le temps d’une légère danse. Ce n’était pas ce jour-là qu’elle allait de nouveau pouvoir avoir un moment hors du temps, même un minime, une petite dose d’espoir lui faisant croire qu’un jour, il lui reparlerait, un jour il lui pardonnerait, un jour il l’aimerait de nouveau.

Elle observait les alentours alors qu’ils marchaient depuis déjà une bonne vingtaine de minutes. Elle respectait son choix même s’il la faisait souffrir à agir ainsi. Pourquoi ne s’était-elle pas retrouvée avec quelqu’un d’autre. Une personne qu’elle aurait pu découvrir, avec qui elle aurait pu parler plutôt que de rester dans ce silence pesant. Alors elle faisait autre chose. Elle s’entrainait à reconnaître le chant des oiseaux, son regard glissait sur les fleurs présentes en bord de sentier. Ce même regard qui se posa alors sur cette branche. Une branche comme elle avait déjà pu voir plusieurs fois. Sa main se posa instinctivement sur le bras de Derek avant qu’il ne puisse écarter la branche de celui-ci. Devant eux se dressait un magnifique saule cogneur, arbre de toute beauté certes, mais dont elle doutait qu’il aime être déranger. Son regard continua de regarder tout autour d’elle. Elle doutait que ça ne soit le seul obstacle de la zone. Mais peut-être que les suivants viendraient en temps et en heure. « Méfie-toi, ça doit pas être le seul piège dans la zone. »
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MessageSujet: Re: Et on s'aimera encore, même quand l'amour sera mort [ Pv Ellen]   Mer 29 Juin - 15:17

Dans ses écouteurs, la voix mélodieuse et poignante de Svrica entonnait le refrain de Battelfield. Derek ne savait pas vraiment pourquoi mais cette chanson lui serrait les tripes à chaque fois qu'elle passait dans sa playlist. Il cheminait en regardant ses pieds, se laissant porter par la mélodie. Il avait bien coulé un regard ou deux vers Ellen mais quand il s'était rendu compte qu'elle arrivait à être plus sexy que les pin-up des magasines avec une veste en éponge, un vieux jeans et de grosses bottines de randonnée, il s'était abstenu de recommencer.

Juste au moment où il commençait à prendre un peu de recul vis-à-vis des derniers événements, pour ne pas dire sur les trois derniers mois, il fallait qu'il soit mit, une fois encore, à l'épreuve. Une nouvelle vague de frustration le submergea, le ramenant immédiatement au point de départ. Pourquoi fallait-il qu'elle soit aussi belle et aussi désirable quelles que soient les circonstances ?

Derek était plus que conscient de l'avoir perdue. Quoi qu'il ait existé entre Ellen et lui, c'était de l'historie ancienne. Et si il y avait eu la moindre chance de réparer les choses, elle s'était évaporée après son cirque au ministère. L'anglo-libanais serra les mâchoires pour cuirasser le déferlement d'émotions qui l'assaillait. C'était pourtant tellement mieux quand ils parvenaient à s'éviter. Mais non. Il fallait toujours qu'un événement quelconque viennent leur rappeler que les projets et les rêves qu'ils avaient fait autrefois étaient à jamais anéantis.  

Soudain, une décharge électrique lui parcouru le bras. Ellen venait d'y poser la main. Il s'arrêta, voyant qu'elle lui parlait. Avec la musique, il n'en comprit pas un traître mot. Il ôta les écouteurs d'un geste lent. Elle pointa une branche à ses pieds. Le regard de Derek suivit la courbe noueuse jusqu'à sa source. Un énorme saule cogneur encaissé dans une falaise de pierres grises. Il n'était pas encore aussi costaud que celui de Poudlard mais il n'en restait pas moins dangereux.

Quand elle lui conseilla de se méfier, il hocha la tête silencieusement. Il était pétrifié. Le contact de la main sur son bras lui était insupportable. Avait-elle la moindre idée de l'urgence de son désir ? Sans doute que non, conclut-il en la regardant scruter les alentours avec une lueur inquiète dans le regard. Il la fixa jusqu'à ce qu'elle se tourne vers lui. Il fallait qu'il remette de la distance. D'une manière ou d'une autre. Et vite. Parce qu'en sa présence, il perdait souvent le nord et se retrouvait à faire n'importe quoi. Et ce n'importe quoi là aurait bien plus de conséquences que les baisers qu'il lui avait volé depuis son retour. Il finit par murmurer :

Si j'avais été au courant ... de ta présence ici... je ne serais pas venu.

Sa main quitta son bras, sans pour autant que ses nerfs cessent de vibrer. Derek enjamba la branche, remit ses écouteurs et continua sa route. Il ne lui dit pas que c'était parce qu'il avait peur. Qu'il ne voulait plus revivre ça. Qu'il avait eu du mal à s'en remettre. Ils n'avaient pas marcher depuis dix minutes que le jeune homme jura à mi-voix, donna un coup de pied dans un caillou et revient vers elle. Ellen resta figée, mais il ne décela aucune peur dans ses yeux quand il arriva à sa hauteur.Ses yeux de chat. Si beaux. Aussi gris qu'un ciel de pluie à ceci près qu'ils étaient pailletés d'or. Il l'entendit émettre un son curieux quand il glissa les doigts dans ses cheveux.

Tout bascula quand il l'embrassa.

Il n'y avait rien d'hésitant ni de particulièrement amical dans ce geste. C'était un baiser exigeant, avec une note d'irritation, voir de rancune, mais cela n'empêchait pas son coeur de battre comme un fou dans sa poitrine. Il pouvait à peine respirer. Ellen avait posé sa main sur son épaule dans un vague réflexe de défense qui s'était changé en une pression instinctive. Chaque minute de ce baiser était un combat. Derek se reprocha de ne pas avoir sû tenir. Il était dans de beaux draps maintenant. Il ne pourrait jamais se défaire de ces cheveux couleur de miel, de ce parfum de rose et de ces lèvres si douces qui lui avaient tant manquées.

Bon sang, lâcha t'il en l'attirant contre lui et en l'enlaçant de son bras, de façon à ce qu'elle se hisse à sa hauteur.

Était-il entrain de perdre le peu de raison qu'il lui restait ?

Il l'embrassa encore plus profondément. Ses cheveux formaient un nuage de petites boucles folles autours de son visage à cause de l'humidité ambiante et son corps, dont les courbes étaient devenues parfaites, frémissait contre le sien. Plus il la tenait contre lui, plus il se perdait dans ses bras, moins il entendait les sonnettes d'alarme qui hurlaient dans son esprit et lui rappelaient qu'il ne voulait plus avoir à faire à elle. Sur aucun plan. C'est quand elle émit à nouveau une sorte de gémissement que Derek retrouva ses esprits. Il parvient enfin à la lâcher et à se détacher d'elle. Il recula précipitamment, comme si on l'avait brûlé.

Elle avait les joues roses. Le jeune homme balança un juron qui aurait fait pâlir Peeves, le fantôme le plus grossier de la planète. Il pensait que l'embrasser ferrait taire cette envie douloureuse qui lui tordait le ventre depuis le matin. Sauf que maintenant, il voulait la prendre dans ses bras, la toucher encore et l'emmener là où ils pourraient finir ce que ce baiser avait amorcé. Pour lutter contre cette envie, de plus en plus douloureuse, il recula encore d'un pas. Il inspira à fond. Les jambes en coton, il prit une décision radicale. Il allait rebrousser chemin et retourner au campement.
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MessageSujet: Re: Et on s'aimera encore, même quand l'amour sera mort [ Pv Ellen]   Sam 2 Juil - 18:25

Et on s'aimera encore, même quand l'amour sera mort


Elle avait posé instinctivement sa main sur le bras du brun pour l’empêcher de heurter la branche du saule cogneur. Un simple réflexe. Elle ne se rendit même pas compte qu’elle garda le contact un peu trop longtemps. Un peu trop longtemps pour deux personnes normales. Mais rien n’était normal entre eux, rien n’avait jamais été normal et c’était encore le cas aujourd’hui. Sa main était toujours posée sur ce bras alors qu’elle inspectait les alentours à la recherche d’un nouveau piège. Sa main était toujours posée sur ce bras alors qu’elle se tournait de nouveau vers Derek et ses yeux verts. Il fallait qu’ils se remettent en route où ils n’arriveraient jamais à temps mais elle n’arrivait pas à détacher son regard de celui du brun. « Si j'avais été au courant ... de ta présence ici... je ne serais pas venu. » Il n’aurait pas fallu plus pour que sa main se dégage de ce bras. Là, aussi, c’était instinctif. Elle s’était reculée de plusieurs centimètres en une seule phrase. Cette phrase qui avait fait sombrer son cœur. Elle tourna la tête et repris sa marche. Qu’il s’amuse avec elle, c’était terminé. Elle en avait marre de le voir faire sa girouette. Elle ne le comprenait plus. C’était bien parce que c’était pour les cours qu’elle continua de marcher avec lui. Mais elle avait pris du recul. Elle était à présent plusieurs mètres derrières lui. Qu’il se plante parce qu’il n’aurait pas regardé, ce n’était plus son problème. Alors qu’elle se faisait auparavant une joie de cette journée, elle avait l’impression que ce séjour allait lui paraître long. Elle n’avait plus qu’une seule envie, se retrouver au camp avec ses amis pour penser à autre chose que lui. Lui qui était encore là, lui qu’elle ne pouvait s’empêcher de zieuter, lui qu’elle détestait d’avoir autant de pouvoir sur ses sentiments. Comment en était-elle arrivée là ? Elle ne savait plus, elle ne comprenait plus. elle avait refait sa vie, avec d’autres, l’avait reconstruite, pourquoi avait-il fallu qu’elle veuille le revoir, qu’elle veuille à tout prix qu’il lui pardonne. C’était tellement plus simple quand il la détestait. Ca lui faisait peut-être mal mais au moins ce n’était pas compliqué comme ce pouvait désormais l’être. Elle s’arrêta quelques instants, le temps de souffler avant d’attaquer la montée qui se profilait devant eux. Ca n’allait pas être une partie de plaisir, mais au moins, c’était en début de journée, ses jambes étaient encore fraiches.  

Il était encore quelques mètres devant lorsqu’il fit demi-tour pour venir dans sa direction. Elle resta figée, ne sachant plus si elle devait lui demander ce qui n’allait pas, continuer son chemin ou juste attendre. Elle ne recula pas lorsqu’il l’embrassa. Peut-être parce que c’était ce qu’elle attendait depuis le début de la matinée. Ce n’était pas un doux baiser comme ceux qu’ils pouvaient partager à l’époque, mais son cœur battait comme lorsqu’elle n’était qu’une gamine l’embrassant pour la première fois. La blonde avait posé son bras sur son épaule, bien plus musclée qu’à l’époque, le rapprochant encore un peu d’elle. « Bon sang, » Il avait resserré sa prise l’amenant à son niveau alors qu’elle glissait ses deux bras derrière sa tête pour prolonger ce baiser. Ca avait un goût de déjà vu, mais elle s’en fichait. Elle était bien là, son corps collé au sein, leurs lèvres ne semblant pas vouloir se détacher. Et il recula. Précipitamment. Il s’éloigna. Bien trop. Pas encore. Tout ce qu’elle avait pu ressentir pendant ce baiser qu’ils venaient de partager avaient disparu en quelques secondes, le temps qu’il avait fallu au brun pour briser la magie de ce moment en poussant un juron. Il avait vraiment un problème. Il s’était reculé, mettant de nouveau cette distance qui ne semblait pouvoir être brisée un jour entre eux. Le sourire de la blonde avait disparu même si ses joues restaient rosées. Un comble pour une métamorphomage capable de contrôler chaque parcelle de son corps. Elle n’était toujours pas capable de contrôler ça. Elle savait ce qui allait se passer désormais. Elle le connaissait mieux que lui-même le brun lui faisant face. Il allait fuir, comme à chaque fois que ça devenait un peu compliqué. Comme avec Ewen, comme avec elle après la guerre ou au bal. Mais cette fois-ci, elle n’allait pas le laisser faire. Elle l’arrêta quelques mètres après qu’il soit reparti en direction du camp. Son visage n’était pas aussi fermé qu’elle l’aurait voulu. Parce que dans le fond, elle n’avait pas envie de s’énerver. Elle avait sa baguette à la main. « Hors de question que tu rentres. » Hors de question que je te perde encore. « T’en as pas marre de jouer avec mes sentiments, avec tes sentiments. » Elle se tut quelques instants. Sa voix était mal assurée. « J’en ai marre, que pendant un mois tu m’ignores pour ensuite te jeter sur moi. J’en ai marre de tes colères et de tes baisers. Alors tu vas prendre ta décision, ce week-end. » Elle se tait pendant quelques secondes. « C’est soit sérieux, soit complètement terminé. » Elle n’en pouvait plus d’être dans l’indécision. Il n’y avait rien de plus terrible que de ne pas avancer parce qu’on est dans l’attente d’un autre, de savoir que l’on passe peut-être à coté de quelque chose à cause d’une possibilité de relation. « En attendant, on est reparti et tu me laisses pas seule, on sait pas ce qu’il y a sur ce parcours. Il y a une bonne raison pour laquelle on est deux. » Et ne t’avise même pas de partir, même s’il faut que je t’immobilise et transporte ton corps tout le long du trajet, je le ferai. Elle préférait ça que de se faire blesser par une quelconque créature magique. Et puis, ça irait rapidement à défaire comme sort. Il devrait être en état s’ils avaient un combat. Ses yeux avaient virés au noir au cours de leur conversation, mais elle ne s’en rendait pas compte, classique des moments où ses sentiments prenaient le dessus.
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MessageSujet: Re: Et on s'aimera encore, même quand l'amour sera mort [ Pv Ellen]   Mer 6 Juil - 15:34

Hors de question que tu rentres.

Le cri venait du cœur, résonnant dans l'air froid. Derek s'arrêta, coupé dans son élan. Il se tourna vers elle. Dans l'obscurité matinale, il avait du mal à la distinguer. Pointant sa baguette à hauteur de vue, il illumina son petit minois. Celui ci n'exprimait aucune colère, juste une farouche résignation. Ses yeux  s'étaient assombris, devenant aussi sombre qu'un ciel d'orage, mais le jeune homme y décela un éclat nouveau. Celui qui brillait chez ceux qui ne se laisseraient plus conté.

Il laissa une distance entre eux mais croisa les bras, en signe d'attente. Qu'est-ce qui avait changé pour qu'elle réagisse enfin ? Alors que l'adulte réfléchi essayait de comprendre, le collégien décérébré en lui poussait de grands cris hystériques et se trémoussait de joie. Autours d'eux la tension était palpable. Il ne faisait pas plus froid que deux minutes auparavant, mais Derek ressentait sa morsure avec plus d'acuité. Qu'elle était belle, sa baguette à la main, avec le visage en clair obscur, juste éclairé par la loupiote lumineuse d'un Lumos faiblissant. Il eu soudain la vision insensée de leurs bouches jointes et leurs corps enlacés, emportés par le feu de la passion et un long frisson se déploya au creux de son ventre.

T’en as pas marre de jouer avec mes sentiments, avec tes sentiments.

Sa voix était étrange. Tremblante. Comme si elle allait fondre en larmes. Il avait bien évidemment envie de répliquer, de se défendre, de lui dire qu'il ne jouait pas ou alors de lui sortir une des répliques acides dont il avait le secret depuis qu'il était devenu ce jeune homme maussade et perturbé. Sauf qu'une petite voix agaçante dans sa tête l'empêchait de réagir en lui soufflant la vérité. Au fond de son coeur, il savait bien pourquoi il évitait Ellen. Et maintenant, il était bien plus simples de faire défiler en boucle toutes les raisons qu'il avait de ne pas céder et de lui pardonner, la même litanie d'excuses minables qu'il se répétait chaque jour depuis le bal.

Quand il s'était effondré dans sa petite chambre allemande, quelques jours après la bataille, il s'était promis que plus personne n'aurait un tel pouvoir sur lui. Et s'était destiné aux relations distrayantes et sans lendemain dont personne ne risquait de sortir le coeur brisé. Aujourd'hui, il avait retrouvé celle qui était à l'origine de ces décisions drastiques et il ne savait quoi penser. Si ce n'est qu'ils étaient devenu trop différents. Ellen semblait avoir besoin d'un homme présent, rassurant, une personne sur qui compter. Une personne qui savait ce qu'elle voulait. Qui ne jouait pas. Il n'avait plus le profil.

J’en ai marre, que pendant un mois tu m’ignores pour ensuite te jeter sur moi. J’en ai marre de tes colères et de tes baisers. Alors tu vas prendre ta décision, ce week-end.

Le visage de Derek s'était fermé et il avança d'un pas pour mieux l'observer. Elle ne pouvait pas le voir, dans la noirceur qui les enveloppait encore, mais son corps tout entier s'était crispé. Un ultimatum. Voilà qui était nouveau aussi. Et bien mal venu de sa part, songea t'il.

C’est soit sérieux, soit complètement terminé.

Il sentit le regard de la jolie blonde sur lui. Un regard qui posait une question. Derek tressaillit. Pourquoi fallait-il qu'elle soit si désirable, aussi lumineuse et vibrante qu'un soleil ? C'était une insulte à sa volonté. Il se sentit mal à l'aise tout d'un coup. Il aurait dû profiter de l'occasion, de cette porte de sortie qu'elle lui offrait pour mettre un terme à tout ça, rentrer chez lui en Allemagne et passer pour de bon à autre chose. N'est-ce pas ce qu'il avait affirmé deux jours plus tôt ? Oui, il ferrait mieux de partir maintenant, de partir sans se retourner.

En attendant, on est reparti et tu me laisses pas seule, on sait pas ce qu’il y a sur ce parcours. Il y a une bonne raison pour laquelle on est deux.

Il la fixa d'un air indéchiffrable et souffla, d'une voix sourde :

Très bien, Ellen. Toujours bon à savoir. Mais tu n'y es pas du tout. Je ne suis qu'un homme, après tout. Que dirais-tu si je te disais que j'ai simplement envie de coucher avec toi ?

Derek ne se souvenait plus quand il avait perdu celui qu'il avait été autrefois.Un jeune garçon pétillant et plein d'humour. Un jeune garçon dont il se souvenait à peine et qui avait laissé la place à un jeune homme dur, égoïste et plein de fiel. Sa phrase eu l'effet d'une bombe. Une trop grosse bombe pour une nuit aussi splendide. Dire que le soleil ne pointerait pas le bout de ses rayons avant au moins trois heures.. Il leva les yeux vers le ciel clair et parsemé d'étoiles  scintillantes. Le silence devait tellement assourdissant qu'il aurait pu l'entendre bourdonner à ses oreilles. Il reporta son attention sur Ellen qui semblait avoir momentanément perdu l'usage de la parole. Alors, il se pencha en avant et posa sur ses lèvres un baiser. Puis un second. D'une douceur presque insupportable après la brutalité des propos qu'il venait de tenir. Maudit soit-il. Il ne savait pas s'arrêter. Elle le rendait complètement fou. Oui. Ellen Daschwood était une femme dangereuse. Une femme qui causerait sa perte. Quand il l'embrassa pour la troisième fois, d'un baiser aussi langoureux que celui échangé quelques minutes avant cette petite mise au point, Derek sentit une faille s'ouvrir en lui. Il la poussa avec fermeté contre le tronc d'un peuplier qui ornait le sinueux chemin qu'ils parcouraient depuis le matin.Il se plaqua contre elle et glissa ses mains sous cette improbable veste en éponge qu'elle portait, pour enfin toucher les tendres rondeurs qu'elle y dissimulait et dont il rêvait depuis des années ...

Il la sentit tressaillir sous ses doigts. Avait-elle peur ? Derek retira ses mains et attrapa la baguette qu'il avait coincé dans la poche arrière de son jeans. Il illumina son visage et la dévisagea.

Tu vois ? demande t'il d'une voix rauque. Je ne peux même pas m'empêcher de te sauter dessus alors que nous savons tous les deux que je ne suis plus celui qu'il te faut. Je ne suis plus celui que tu as connu. Je prends ce qui me fais envie sans me soucier des conséquences. Je ne veux que ça, Ellen, que tu t'off ...

L'anglo- libanais fut interrompu par un grondement lugubre venant du sentier. Quelques mètres plus en avant. Derek se plaça devant Ellen, dans une tentative stupide de faire écran entre elle et le danger. Il scruta l'obscurité.  Un mouvement attitra son attention et il distingua une forme sombre. Son coeur se mit à battre à la chamade. Il y avait un animal sur le chemin. Il se força à se raisonner. C'était son imagination. L'avertissement emplit soudain l'air, les ramenant à la réalité. Ils étaient dans de sales draps.
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MessageSujet: Re: Et on s'aimera encore, même quand l'amour sera mort [ Pv Ellen]   Dim 30 Avr - 14:54

Et on s'aimera encore, même quand l'amour sera mort


L’ultimatum avait claqué. Clair, concis. Il avait deux jours, jusqu’à la fin de ce camp pour prendre sa décision. Parce qu’elle ne serait pas celle avec qui il jouerait. Qu’il se trouve une de ces filles naïves pour leur briser le cœur et profitait d’elles, Ellen avait un semblant d’amour-propre. Alors son petit jeu, il était temps d’y mettre un terme s’il n’y avait que ça. Et elle serait dévastée si c’était le cas. Elle le savait. Pourquoi après toutes ces années, après le cinéma qu’il lui avait fait n’arrivait-elle pas à l’oublier. Il fallait pourtant qu’elle se fasse une raison, il n’avait plus rien du Derek qu’elle avait pu connaitre. De celui si prévenant, peut-être même un peu trop. Parce que ce n’était certainement pas à Poudlard qu’elle allait se faire briser, brisée, elle l’était déjà à l’époque. La baguette pointée sur le brun, elle n’attendait pas de réponse, juste qu’ils reprennent ce qu’ils avaient commencé, qu’ils continuent cette mission qu’on leur avait confiée à deux.

Son regard accroche celui devenu noir de la métamorphomage. Elle n’a aucune idée de la réaction qu’il va avoir et à vrai dire, elle s’en moque. Elle a fait son choix, elle a été claire, il a deux jours. Un week-end pour prendre sa décision, pour savoir ce qu’il désire vraiment. « Très bien, Ellen. Toujours bon à savoir. Mais tu n'y es pas du tout. Je ne suis qu'un homme, après tout. Que dirais-tu si je te disais que j'ai simplement envie de coucher avec toi ? » Elle se fige. Il n’avait vraiment plus rien de celui qu’elle avait connu. Réveille-toi Ellen. « Je te dirais que j’ai ma réponse. » Elle ne serait pas sa chose, celle dont il pourrait faire ce qu’il voulait quand il le désirait. Tellement de gâchis. Perdue dans ses pensées elle ne la pas vu approcher. Elle réagit uniquement lorsqu’il se tient face à elle et que leurs corps et leurs bouches se retrouvent de nouveau collées. Comment ose-t-il après ce qu’il vient de lui sortir. Après qu’elle ait été des plus claires. Elle tente de se dégager mais il la bloque une fois de plus. Celui qui un jour la faisait craquer, celui qui la faisait encore craquer il y a quelques secondes étaient aussi celui qui lui faisait si peur. Parce qu’il était bien trop imprévisible. Il y avait eu la même scène chez Mahault, et puis la violence au bal, et maintenant il lui refaisait son cinéma. Alors elle respire lorsqu’il s’éloigne enfin d’elle, au moins un minimum. D’ici au moins, elle pourra armer son bras s’il lui venait l’idée de recommencer. Elle n’était pas de ces filles avec qui il pourrait coucher parce qu’elles ne se rendaient pas compte de ce qu’elles faisaient. Surtout avec lui. C’était une erreur qu’elle ne lui donnerait pas la joie de faire. Parce qu’elle ne savait pas ce qu’elle représentait pour lui. Alors si c’était uniquement ça, c’était une raison de plus de ne pas céder. Pour qu’il n’ait pas ce qu’il voulait. Jamais. « Tu vois ? demande t'il d'une voix rauque. Je ne peux même pas m'empêcher de te sauter dessus alors que nous savons tous les deux que je ne suis plus celui qu'il te faut. Je ne suis plus celui que tu as connu. Je prends ce qui me fais envie sans me soucier des conséquences. Je ne veux que ça, Ellen, que tu t'off ... » « Tu me dégoutes ! » Oui, il la dégoutait. Au moins, maintenant elle avait la réponse qu’elle attendait tant. Elle n’avait plus besoin de lui pour la trouver. Il avait beau réveiller en elle tous ces sentiments enfouis qu’elle avait pu avoir un jour pour lui, il n’était que celui qui la détruirait. Et s’il voulait s’enfoncer, Ellen ne souhaitait que vivre, que se reconstruire. Ce n’était pas avec lui que ça arriverait. L’autodestruction, elle n’en voulait pas. La blonde ne sut jamais si c’était sa réponse ou le grognement qui arrêta le brun dans ses paroles, mais elle était contente de ne pas avoir entendu la fin. Elle en avait entendu largement suffisamment. Et voilà qu’il se mettait entre elle et le danger. Non, il n’avait vraiment pas changé. Avait-il oublié qu’elle savait se battre, qu’elle était à l’université pour devenir aurore, qu’elle avait une année de cours en plus que lui ? Il n’y avait rien de visible devant eux, enfin de ce qu’elle pouvait voir par-dessus l’épaule du brun. Brun qui ne semblait pas être prêt à se bouger. Il allait pourtant falloir que l’un des deux se bouge. La baguette bien en main, elle se déplace, se positionnant à ses côtés. Puis, elle lance l’enchantement. Un jet de lumière sort de sa baguette en vue d’éclairer les environs. La bête est plus loin, bien visible et bien terrifiante. Encore une nouvelle partie de leur épreuve.
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MessageSujet: Re: Et on s'aimera encore, même quand l'amour sera mort [ Pv Ellen]   Mer 3 Mai - 14:58

Tu me dégoûtes !

Son cœur se serra puis se brisa.
Derek avait mal au ventre, mal au coeur, mal à l'âme.

Long silence.

Il garda la tête baissé. Tout son corps lui criait d'aller vers elle. Il émit un murmure, déchiré.

Ellen ...

Elle lui jeta un regard qui l'ébranla plus que si elle l'avait giflé. Ni haine, ni pitié. Ni mépris, ni colère. Juste de l'indifférence. Il frémit et son cœur sombra encore un peu plus bas dans sa poitrine. Quand il était parti en Allemagne, il n'était que haine et désespoir. Puis, le temps aidant, il avait comprit que la vie était un chemin que l'on ne pouvait parcourir que dans un seul sens. La reprendre à zéro était impossible. On pouvait choisir sa destination, ralentir, accélérer, prendre le temps de réfléchir aux intersections ... mais on ne pouvait jamais revenir en arrière. Il avait bien comprit que se venger de ceux qui l'avaient blessé était aussi vain que de vouloir remonter le temps ... pourtant, il ne cessait de répéter les mêmes erreurs, encore et encore.

Le premier hurlement retenti dans son dos. Lointain et pourtant terrifiant.

Surpris, Derek se retourna vivement, plaçant Ellen sous sa protection. Son cœur s'emballa et il poussa un juron en devinant une masse plus haut sur le sentier.  Un chœur de hurlements lugubres et féroces répondirent au premier. Soudain, il sentit Ellen à ses côtés.  Son amour de jeunesse leva sa baguette, incanta un sort et fit la lumière sur cet ennemi  qui venait à leur rencontre. Le cri qu'il avait contenu finit par s'échapper de sa gorge. L'ancien orvet n'avait vu une chimère qu'une seule fois, dans un livre de la bibliothèque, mais il se souvenait parfaitement de la silhouette puissante du prédateur, de la taille disproportionné de sa gueule de fauve, et de l'impression de danger mortel qui s'en dégageait. Nouveau juron. Il connaissait bien toutes les histoires concernant les chimères. Voyageurs traqués, déchiquetés, dévorés vivants. Habitants massacrés, troupeaux décimés ... Nul doute que ce monstre méritait sa classification "5X" du Ministère.

Il entendit Ellen pousser un petit son épouvanté. Mâchoires serrées, il leva sa baguette devant lui. Le temps se figea. La chimère poussa un feulement bestial, monta les crocs. Ils s'observaient en silence. Tendus comme des arcs. Parfaitement immobiles. Comme si le moindre geste pouvait faire basculer cette situation horrifique dans un chaos plus redoutable encore. Soudain, une pierre se décrocha de la parois et roula sur le chemin, à égale distance des deux adversaires. Surpris, la créature se décala avec une vivacité qui cloua Derek d'effroi, avant de reprendre sa position accroupie, garde de combat animale et infaillible.

Ellen n'avait eu le temps que de sursauter. Tentant en vain de dominer les battements erratiques de son coeur, Derek essayait de chasser de son esprit l'anecdote affirmant q'un seul sorcier avait pour le moment réussi à vaincre une chimère avant de mourir d'épuisement. Quand la Chimère s'élança, il lui fallut un moment pour se ressaisir. Il attrapa Ellen par le bras, la poussa en avant pour lui intimer la fuite puis s'élança à sa suite. La peur leurs donnait des ailes. Il courut sans s'arrêter, craignant à tout moment de sentir la queue de dragon de son ennemi s'enfoncer entre ses épaules, de sentir sa gueule se refermer sur lui, ses crocs lui ouvrir la gorge ...

Puis, alors qu'ils parvenaient au niveau d'une crevasse dans les parois, assez large pour eux mais trop étroite pour leur adversaire, Ellen disparut de son champ de vision. Avant qu'il ne puisse stopper net et prendre une fraction de seconde pour jauger la situation , il l'entendit pousser un hurlement de douleur. Il se retourna. Ellen était allongée sur le sentier et se tenait la jambe, d'où son sang coulait en abondance. En poussant un cri de rage, le brun s'élança mais le dard de la chimère le cueillit à l'épaule. Transperçant sa peau comme un couteau transperce du beurre. Douleur fulgurante. Cuisante. Il hurla de colère, de frustration et de douleur. Un flot de sang jaillit.Ignorant le trou béant au milieu de son épaule, il leva sa baguette. A terre, Ellen parait les coups de sa magie. Nouvelle attaque , au niveau du coude. Au bras.Puis au flanc. Derek savait bien que leur multiplication causerait sa mort. Lente et douloureuse. Oubliant le sang qui ruisselaient désormais sur ses bras, il hurla :

Protego !

Il courut vers Ellen puis se laissa glisser à ses côtés. Elle était pâle. Il serra les poings. Il savait que le seul moyen d'échapper à la chimère était de rejoindre un abri digne de ce nom. Il jeta un regard en arrière : la crevasse n'était qu'à une centaine de mètres. Il croisa le regard d'Ellen, qui une main pressée sur ses blessures à la jambe, tentait vaillement de les maintenir à l'abri avec son charme du bouclier. Ses lèvres étaient grises et son bras commençait à être secoué de spasmes. Le brun, au bord de la panique, lança un sortilège de répulsion. Cela n'affecta pas le monstre qui semblait prendre un malin plaisir à ce jeu de chasse d'un nouveau genre.  Il s'exclama:

Je vais te porter. Ellen ?! Tu m'entends, je vais te porter jusqu'à la crevasse. Tu maintiens le sors. Tu as compris ?
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MessageSujet: Re: Et on s'aimera encore, même quand l'amour sera mort [ Pv Ellen]   Jeu 4 Mai - 21:25

Et on s'aimera encore, même quand l'amour sera mort


Sa phrase avait claqué dans l’air, faisant taire le brun en train de débiter des idioties en face d’elle. Oui, en ce moment même, elle se demandait comment elle avait pu ne serait-ce qu’avoir un petit espoir. Ne serait-ce que l’idée qu’elle pourrait retrouver son amour de jeunesse. C’était peut-être ce qu’il aurait dû rester, un amour de jeunesse, un doux souvenir. Elle aurait mieux fait de ne pas remuer le passé, pour ce qu’elle récupérait, ça aurait été aussi efficace. « Ellen... » Sa supplication ne lui fait ni chaud ni froid. Il avait voulu jouer, soit, il avait perdu. Elle ne l’avait pas forcé à dire ces mots, ces mots qui avaient détruits le semblant d’espoir qu’elle avait pu avoir. Qu’il grandisse comme elle l’avait fait et peut-être qu’alors ils seraient apte à discuter. En attendant, elle n’avait plus rien à voir avec lui si ce n’est cette relation qu’ils avaient entretenu un moment alors qu’ils avaient quatorze ans.

Le grognement s’élève dans la forêt et tous deux se figent. Un grondement bestial, animal à glacer le sang. Mais ils ont eu des cours sur les créatures magiques, ça ne pourrait pas être si dramatique que cela. Jamais leurs professeurs ne les mettraient en réel danger, elle ne pense pas cela possible. Il ne faut que quelques secondes à la métamorphomage pour dégainer sa baguette et lancer un sort visant à éclairer l’ensemble. Il ne lui faut également que quelques secondes pour comprendre qu’ils sont mal. Un léger cri d’effroi franchit la barrière de ses lèvres en même temps que Derek. Parce que tous deux savent ce qu’il leur fait face. Parce que tous deux savent qu’ils sont en réel danger actuellement. Son corps se glace alors que les battements de son cœur accélèrent bien trop. Elle a peur, elle a peur et elle peut sentir la peur de son compagnon. Parce qu’ils n’ont qu’une seule possibilité et ils le savent bien. Fuir ou mourir. Personne n’est capable de battre une chimère. Elle ne se pose même pas la question du comment elle peut être là parce qu’elle est déjà en train de chercher un abri. Un abri où ce monstre ne pourrait les atteindre. Elle sursaute alors qu’une pierre se décroche de la paroi. La bête est rapide, très rapide, trop rapide.

Et elle attaque, Ellen s’élança alors que Derek l’entrainait avec lui. Les deux semblaient avoir vu que leur échappatoire se trouvait dans une crevasse non loin. Tentant de calmer les battements de son cœur, la voilà en train de courir pour sauver sa vie. Bientôt, elle qui se trouvait devant le brun se retrouve à ses cotés, puis légèrement derrière. Elle court vite oui, aussi vite que nécessaire pour sauver sa peau, mais elle reste plus petite et par conséquent ses foulées le sont également. Elle sent le pic s’enfonçant dans l’arrière de sa jambe et elle ne peut rester debout. Elle s’effondre en hurlant de douleur. On vient de lui transpercer la cuisse. Pourtant il va falloir survivre. Elle se retourne péniblement, tâchant de ne pas poser le regard sur sa cuisse ensanglantée. La baguette levée, elle lance un sort de protection qu’elle va devoir maintenir. La chimère n’est qu’à quelques mètres d’elle. Elle se dresse si grande, si puissante devant elle. Elle qui est seule et qui va devoir sauver sa peau.

Elle entend le cri lancé par son ex mais ne se retourne pas, elle se concentre sur son ennemi. Les yeux brouillés par les larmes de douleur elle voit la queue de la bête qui se lève pour une nouvelle attaque. Elle n’a le temps de rien faire ou dire qu’elle la voit la dépasser pour aller cueillir l’ancien serpentard à l’épaule. Elle se fige alors qu’un hurlement de douleur empli l’air. Ils n’allaient jamais survivre. Ils étaient faits comme des rats, tous les deux. Son regard se porte quelques instants sur la blessure à sa jambe et elle détourne rapidement le regard. Elle se sent mal, sa tête tourne. Il y a trop de sang, elle a perdu bien trop de sang. La main plaquée sur sa blessure elle continue de maintenir son sort, un sort de plus en plus difficile à tenir sous les coups répétés de la bête qui tente de percer sa protection. Elle sent les chocs alors que son bras est visé par deux fois. Mais le sortilège tient bon. Heureusement qu’elle n’était pas une élève de Poudlard, mais bel et bien une étudiante avec deux années d’étude de magie supplémentaire derrière elle.

« Protego ! » Le cri du brun retentit dans l’air pourtant lorsqu’il s’arrête à ses côtés, elle sent qu’elle est à deux doigts de perdre connaissance. Son sortilège est de plus en plus faible. Son regard à moitié vide se porte sur le brun qui lui dit quelque chose qu’elle peine à comprendre. « Je vais te porter. Ellen ?! Tu m'entends, je vais te porter jusqu'à la crevasse. Tu maintiens le sors. Tu as compris ? » Elle acquièce sans vraiment savoir. Parce qu’elle est à côté de la plaque Ellen. Parce qu’elle doit déjà lutter pour garder les yeux éveillés. Mais elle sait ce qu’elle doit faire. Elle sent le brun qui la soulève du sort et elle sert la machoire pour ne pas hurler de douleur, pour réussir à maintenir ce sort qui l’épuise à mesure que le sang circulant dans son organisme diminue. Elle ne sait pas combien de temps il court pour la mettre à l’abri. Elle perd la notion du temps l’ensemble de ses forces étant concentrées sur ce sort de protection qu’elle peine à maintenir correctement. La douleur la transperce une nouvelle fois alors qu’il la dépose au sol. « … Mangouste… » Et c’est le noir.
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MessageSujet: Re: Et on s'aimera encore, même quand l'amour sera mort [ Pv Ellen]   Ven 5 Mai - 14:56

Ellen braqua sur lui un regard que voilaient souffrance et inquiétude. Derek tressaillit en découvrant la profonde blessure sur sa cuisse et le sang qui s'en échappait. Incapable de se souvenir où se trouvait l'artère fémorale , il se contenta de prier pour qu'elle ne soit pas touchée. Il avait bien une potion de régénération sanguine, mais elle était resté dans son sac, abandonné trois cent mètres plus haut sur le sentier, quand ils avaient pris la fuite.

Dans son épaule droite, une douleur sourde palpitait. Il avait l'impression que le flot de sang refluait légèrement mais fut désagréablement surpris de sentir son bras totalement engourdi . Les événements prenaient une tournure dramatique. Heureusement, la jeune femme était encore assez consciente pour maintenir son charme du bouclier. Malgré sa blessure, Derek souleva la blondinette sans peine, la calant de son mieux contre son épaule et tendit son esprit comme un arc. Il se mit à trottiner, faisant abstraction des hurlements sauvages du monstre dans son dos. Le moindre moment d’inattention serait fatal. Il savait bien que la chimère n'avait fait que se jouer d'eux et que le prochain coup serait précis et meurtrier, mais il devait protéger Ellen. S'il la perdait ...

Au moment où une odeur pestilentielle lui arriva aux narines, preuve que la chimère avait fait preuve une nouvelle fois de sa sidérante rapidité pour couvrir le peu de distance la séparant de son dîner, Derek vit le sort de son aimée se fissurer, se fendiller avant d'éclater dans une poudre de lumière violette. Le jeune homme poussa un cri de rage et s'élança, le regard et l'esprit fixés sur son unique but : rejoindre la crevasse qui se trouvait à moins de cinquante mètres devant eux. Dans ses bras, Ellen poussa un gémissement. Elle était livide. Derek pressa ses lèvres sur son front, le seul geste de soutient dont il était capable en ces rudes circonstances. Il sentait son souffle court contre son cou et le filet de sueur brûlante qui coulait le long de sa tempe. Son estomac se contracta. Il se mordit les lèvres pour ne pas crier. Se força à inspirer profondément. A expirer, longuement. La pluie s'était remise à tomber. Glaciale. L'eau lui coulait dans les yeux, sans qu'il ne puisse rien faire pour l'en empêcher.

Derek, comme beaucoup de monde, s'était longuement interrogé sur la mort. Non pas qu'il soit du genre à philosopher sur le sens de la vie, sur la vie après la mort, sur le karma et toutes ces choses là mais tout de même. Il était naturel de se questionner ce qui se passe, après. Plus jeune, il se demandait souvent si sa mère était ailleurs,  cachée par une sorte de voile invisible qui aurait séparé le monde des vivants et celui des morts ou  si elle était définitivement partie dans un autre univers, à milles lieux  des problématiques humaines. Puis, en grandissant, il s'était rendu compte qu'il n'y avait pas de réponses à ces questions. Certains préfèrent imaginer cet au-delà en compagnie d'un dieu terrible et indulgent. D'autres ne voient rien, sinon l'esprit s'éteindre comme une bougie, dans un souffle. Pour d'autres encore, considérant le corps comme un véhicule, s'attendent à une vie dans un autre corps. Et d'autres enfin se sont mis en quête de portes conduisant sur des univers dans lesquels on ne meurent pas. De toute ces réflexions, le jeune brun avait tiré ses propres conclusions : quelque soit l'endroit que l'on rejoigne, on disparaissait pour toujours du regard des vivants. Et quand il vit l'écume rougeâtre perler aux lèvres d'Ellen, il eut la certitude que c'était bien ceux qui restent qui se retrouvent en enfer.  

Mangouste.

Pris de panique, il l'invectiva :

Par la barbe de Merlin, Ellen, reste avec moi ! Je me suis comporté comme un abruti, je le sais, mais malheureusement pour moi, ce qui fait que je te déteste fait que je t’aime aussi. Je t'aime ... tu le sais que je t'aime ?  Et, qu'importe ce qui arrive, je m'en moque, je ne veux pas savoir...Je veux qu'on se marie, je veux qu'on aie des enfants et une maison à nous. Je veux vivre avec toi et vieillir avec toi. Je veux mourir dans tes bras à 110 ans ou plus. Voila ce que je veux. Je veux toute une vie à tes côtés....Notre histoire n'est pas terminée, alors fais un effort et reste en vie. Ne m'abandonne plus ...

Derek avait prédit que la moindre baisse d'attention pouvait être fatale, mais, trop occupé à essayer de maintenir Ellen hors des limbes de l'inconscience, il ne remarqua pas que la créature avait comblé la moitié de son retard. Pataugeant dans la boue, l'ancien orvet avait du mal à maintenir l'allure. Il jeta un coup d’œil rapide en arrière.  Il trébucha quand une pierre roula sous ses pieds, jura, tenta de rétablir son équilibre mais n'y parvient pas et chuta. Instinctivement, il enroula Ellen dans ses bras pour que sa tête ne heurte pas le sol. Sa hanche gauche absorba la violence de l'impact et le jeune homme vit des étoiles danser devant ses yeux. Il essaya d'attraper sa baguette, maudissant son bras droit d'être devenu ce poids inutile. Mais c'était trop tard. Il prit conscience que la fin approchait. Dans quelques secondes, le monstre serait sur eux... Éreinté, le jeune homme prit sa décision en un éclair. Il ne mourrait pas sans avoir combattu. Mobilisant toute ses forces, il réussi à dégager sa baguette mais au moment où il la pointait devant lui, la chimère bondit.  Les mâchoires de la bête, capable de broyer la tête d'un bœuf, se refermèrent sur son coude. Puis se fut l’obscurité. L'obscurité et le silence.
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Et on s'aimera encore, même quand l'amour sera mort [ Pv Ellen]

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