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 Rien ne s'efface, ni la craie, ni le sang .. [Pv Lyne]

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MessageSujet: Rien ne s'efface, ni la craie, ni le sang .. [Pv Lyne]   Dim 10 Jan - 11:45

Trois jours s'était écoulée depuis le bal d'Indali.

Depuis, la vie de Derek avait prit une tournure pour le moins étrange. Cela avait commencé le soir même de cette dite soirée, après avoir raccompagné Anjelica jusqu'à ses pénates. Il était rentré avec Nerio et ils avaient passé la soirée à descendre des grogs alcoolisés en jouant à la console. Un nouveau jeu de catch que l'italien avait dégoté pour la moitié de son prix. La console était encore une de ces fantastiques inventions moldus, au même titre que le téléphone. Finalement, ils s'étaient tout deux endormis comme des masses sur le canapé de Derek. Vers trois heures du matin, le téléphone portatif, ou bien était ce portable ?, de l'anglo-libanais vibra contre sa poitrine. Les yeux collés de sommeil et la bouche pâteuse du trop plein de rhum, le jeune homme décrocha, après trois tentatives infructueuse, pour se retrouver en conversation avec une Mélinda bien éméchée elle aussi. Parfaitement éveillé tout d'un coup, il se leva un peu trop vite et fut prit d'un haut le coeur. Il glissa un regard à son colocataire, empêtré dans sa couverture.  Nerio dormait du sommeil du juste avec Aspérule comme bonnet de nuit ronronnant. Derek s'extirpa avec précaution du canapé lit et tenta d'obtenir quelques informations supplémentaires auprès de la blondinette, qui semblait avoir l'alcool joyeux, elle. Après avoir réussi à la localiser et son bar girly aussi, le jeune homme raccrocha en lui faisant promettre d'attendre sa venue. Malgré le calme apparent dont il faisait preuve, il était inquiet car ce n'était pas dans les habitudes de la jeune femme de se mettre la tête à l'envers de cette manière. Avisant son haut encore tâché de sang de l'autre guignol de MacDonagh, il attrapa un pull bleu marine qui traînait par là et se changea. Il prit ses clefs qui traînaient sur la console, fourra son téléphone dans la poche de son jeans, sa baguette de l'autre côté et s'évanouit dans la nuit.

Moins de deux heures plus tard, il poussait la porte de l'appartement de Mélinda, sa propriétaire dans les bras, aussi vive qu'une crevette bouillie. Ah, les ravages de l'alcool. Elle était pâle, en sueur et Derek avait déjà passé une demi-heure à lui tenir ses magnifiques cheveux blonds pendant qu'elle se vidait de son excédent d'Aloe Loa dans les toilettes roses et noires du bar. La déposant sur la méridienne du salon, Derek décida q'un bain l'aiderait à se remettre. Il se dirigea donc vers la salle d'eau et fit couler l'eau chaude, avant d'ajouter un trait de bain moussant à la guimauve et une rose de bain violette pour lui frotter le dos. Les habits de soirée de la jeune femme, bien que magnifiques, devaient être d'un inconfort terrible avec une cuite pareille si bien que l'ancien orvet farfouilla sans gène dans sa commode à la recherche d'une tenue plus confortable. Il dénicha un pantalon d'intérieur en soie bleue nuit et un sweat gris en polaire qui ferrait bien son affaire. Il ajouta une paire de chaussettes en laine grise à son paquet et déposa le tout sur le le radiateur de la salle de bain afin qu'ils soient chaud quand il la sortirait du bain. Après avoir déshabillé  la jeune femme avec mille précautions, il la glissa dans l'eau parfumée et sucrée, la maintenant d'un bras et la lavant doucement de l'autre. Alors que la rose de bain courait sur son bras fin, une chose attira son son attention. De son poignet coulait une eau beigeasse qui laissa apparaître un motif.  L’exacte réplique du sablier qu'il portait, lui aussi. Comme tous les sorciers. Il le fixa un moment avant de décider qu'au final, cela ne changerait rien. Si Mélinda lui avait caché, et caché aux yeux du monde, son statut de sorcière c'est qu'elle avait ses raisons. En la séchant dans une serviette moelleuse, la tenant tout contre lui, l'odeur de ses cheveux lui revenant par effluves , il ne put s'empêcher de sourire. Une sorcière, ça, c'était une surprise.

Trop épuisé pour rentrer, il s'était allongé sur la méridienne du salon et avait passé la nuit sur son velours accueillant, avant de s'éclipser, aux premières lueurs du jour, quelques heures plus tard. Depuis, l'image du sablier sur le bras de la jeune femme ne quittait pas son esprit. Même sa convocation chez le doyen de l'université, pour sa conduite répréhensible lors d'une soirée gouvernementale, n'avait pas réussi à effacer les questions qui se formaient continuellement autours de ce sablier. Il avait bien reçu un texto de sa part,le remerciant chaleureusement et l'invitant à un brunch dominical mais rien de plus. Derek attrapa une pile de formulaire à classer. On était mardi et le mardi, il travaillait toute la journée chez Ghost'house, le gestionnaire de maisons hantées. Tout en agrafant les différents formulaires, il repensa à son entretien avec le doyen et ses remontrances sur son comportement inexcusable pour un futur brigadier puisque, on le savait bien, la première qualité de ces hommes étaient le contrôle parfait de leurs nerfs et de leurs sentiments. Il tamponna un dossier et le glissa dans une pochette verte. Celles des cas résolus. Le doyen n'avait pas fait que le blâmer, malheureusement, il l'avait mit à pied, le temps qu'il se "reprenne" et qu'il "réfléchisse à son avenir" car à la prochaine incartade de ce genre, il serait purement et simplement révoqué du département. De fait, il travaillerait ici tous les jours pendant un mois. De quoi se payer un billet aller simple pour l'Allemagne, songea t'il avec amertume. Oui, sa vie avait définitivement prit un chemin tortueux. En trois jours, il s'était fait remarqué par le gouvernement, viré de l'université, dormi avec son colloc', découvert que sa dernière conquête était une sorcière, rompu de manière informel avec son ex ...

Lui ,qui pensait que la situation ne pouvait pas être plus compliquée, déchanta quand son chef, un petit homme bedonnant aux chemises excentriques, lui annonça  que le programme des deux prochains jours allait être légèrement perturbée par la venue d'une étudiante en observation. L'anglo-libanais poussa un profond soupir. Il n'était pas vraiment d'humeur à faire du baby sitting.
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MessageSujet: Re: Rien ne s'efface, ni la craie, ni le sang .. [Pv Lyne]   Sam 30 Jan - 17:41

Le soleil se levait avec paresse dans le ciel pendant que Evelyn s’habillait en baillant. Elle n’aimait jamais le matin, il lui fallait faire beaucoup trop d’effort pour s’activer alors qu’elle n’avait qu’une envie : rester à larver toute la journée dans son lit. Seulement la vie d’une étudiante avec un boulot à côté était loin de sa vie de rêves et se dépêcha pour ne pas arriver en retard. Les cours l’intéressaient de moins en moins, elle qui était passionnée de savoir c’était désolant, mais elle ne pouvait pas faire semblant de s’intéresser alors que rien ne parlait d’une quelque idée pouvait l’aider dans sa conquête du monde pour remettre le Lord à la première place. Elle dessinait des petites maisons en feu sur son cahier quand une phrase du professeur la fit redresser sa chevelure blonde avec empressement. Elle écouta les mots attentivement avant de rouler les yeux, elle avait complètement oublié que les stages commençaient. Enfin ‘stage’ était un bien grand mot, en réalité ils devaient se poster en observation dans des cabinets pour apprendre le fonctionnement, bref, rien de folichon avec en prime ; de longues heures d’ennuis. C’était bien sa veine. En plus, quand ils leur avaient appris qu’ils auraient des stages, le personnel enseignant s’était bien amusé à leur annoncer que c’était eux qui choisissaient les stages et non les étudiants. Oh joie. Evelyn n’avait porté que peu d’attention à son stage, elle n’aurait tellement rien à faire pendant ces heures d’observation, il valait mieux qu’elle se garde de la lecture pour ce moment-là. Elle soupira et regarda le calendrier, le temps avait filé si vite qu’elle ne s’était pas rendu compte que tout commençait déjà cette après-midi. Elle serra les poing, beaucoup trop de choses s’étaient passées sans que Evelyn n’en maîtrise la moitié : Ellen, sa grande soeur tant aimée et tant haïe, était revenue dans sa vie. Bon, cela ne faisait pas tant de choses que cela en fin de compte, mais c’était comme un ouragan. Avant le paysage est tout calme, durant de longues minutes le vent balaye le tout et ensuite, plus rien ne se ressemble, tout est sans dessus-dessous. Le cerveau de Evelyn était en tumulte, plus rien n’était à sa place, les plans qu’elle avait préparés étaient bon pour la poubelle, les idées de vengeance s’étaient perdu dans le doute, la haine qu’elle ressentait était d’autant plus forte qu’Ellen avait l’air heureuse et malheureuse à la fois. Elle était gênée et se sentait coupable, c’était la première fois de sa vie que Evelyn ressentait cela, oui, décidément, un seul petit événement avait chamboulé toute sa vie et elle s’en voulait. La blonde était censé être forte, bien plus forte qu’une petite fille qui abandonnait sans soeur sans se retourner. Elle soupira pour la énième fois depuis le début du cours et rangea ses affaires pour se préparer à cet après-midi.



La benjamine des Dashwood s’enfonça dans les couloirs du local, comment avait-elle pu se perdre dans un endroit si petit ? La sorcière à l’accueil de Ghost’house lui avait pourtant bien indiqué le chemin, elle n’aurait pas dû s’égarer. Elle ferma les yeux et chercha le courage de revenir sur ses pas pour se faire accompagner, comme une gamine incapable, qui ne pouvait pas se débrouiller par elle-même, trop de joie. Elle serra les poings, elle qui se sentait déjà inutile, voilà qu’elle était en plus encombrante. Elle n’avait plus qu’à espérer que la personne avec elle, D Marshall, soit une fille hideuse, au moins elle, elle était belle. Revenant avec un faux air d’humilité, elle demanda -de sa voix la plus charmeuse- son chemin à la sorcière d’accueil. Evidement, celle-ci ne leva vers elle qu’un regard méprisa et lui indiqua du doigt un gros bonhomme qui lui adressa un sourire atroce. Elle se força à lui rendre la pareil et le suivit dans le dédale des couloirs. La demoiselle se demandait s’il était dans les parages de l’entrée par curiosité ou si c’était le boss qui s’ennuyait un peu. « Alors, comme ça on s’est perdue dans les couloirs ? » Clairement il avait écouté ce qu’elle venait d’annoncer à l’accueil. « Ce n’est pas grave petite » elle grimaça malgré elle au mot, elle détestait qu’on la prenne pour une gamine, bon là, elle l’avait presque cherché en se perdant dans un minuscule lieu « ça aurait pu arriver à n’importe qui. Mais ne t’inquiète pas Derek va t’apprendre tous les recoins d’ici. » Il la tutoyait et appelait les employés par leur prénom, c’était sûrement un chef, elle avait eu raison sur ce point-là aussi. Le trajet n’avait duré que quelques secondes et ils s’étaient retrouvés devant la porte indiquée par la dame du début. Elle était juste partie dans le mauvais sens au début. Elle n’avait pas eu le temps d’en caser une et voulait vite rentrer, seule, dans le bureau pour éviter qu’il raconte à ce fameux Derek qu’elle était une gamine qui avait sans cesse besoin d’aide.

« Merci beaucoup de votre gentillesse monsieur, je trouverai le chemin maintenant. » le remercia-t-elle avant de lui tourner le dos pour ouvrir la porte et entrer dans l’habitacle.

Si elle avait eu juste sur ses premières prédictions, là c'était tout faut. Elle se retrouvait devant un jeune homme clairement charmant, il avait une peau typée, mais elle n'arrivait pas à savoir d'où. Ses bras semblaient musclés et son sourire devait être charmant si seulement il souriait, car pour l'instant il avait plutôt envie d'envoyer chier Evelyn. Seulement au moment où elle se dit ça, leurs yeux se croisèrent et elle s'arrêta net sur place. Ses yeux étaient si ... profonds. Elle rougit instantanément puis, alertée par son comportement de gamine, elle se donna une claque mentale et s'approcha du jeune homme en tendant la main.

« Bonjour, Evelyn Fleming, on m'a assignée ici pour trois jours. Tout comme toi, j'ai sauté de joie à cette idée, donc pas besoin de me rabaisser. » lâcha-t-elle sur son ton le plus méprisant qu'elle put.

Si au début elle avait été en effet dégoûtée, quand elle avait mis un visage sur ce beau nom... tout avait changé. Merde. Mais pourquoi était-elle si touchée soudainement ? Elle en avait vu des mecs canons, mais lui c'était différent de tout ce qu'elle connaissait, il n'avait pas la beauté des mecs de l'Est. Non, c'était une nouveauté et elle s'en voulait.

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MessageSujet: Re: Rien ne s'efface, ni la craie, ni le sang .. [Pv Lyne]   Mar 2 Fév - 15:46

Parfois Derek enviait secrètement les moldus. Ils échappaient à la pollution visuelle que Ghost'house représentait dans le paysage londonien. Cette entreprise était sans doute la plus grosse firme de gestion de maisons hantées dans les environs, une véritable institution, mais c'était aussi un endroit particulièrement déprimant. L'immeuble était visible à un kilomètre à la ronde, une épouvantable bâtisse, grande tour maronnasse ornementée de quelques lignes de briques rougeâtres. C'était un lieu oppressant, aux grandes fenêtres en métal dans un style d'architecture qui n'était pas sans rappeler les constructions en Lego de Silas. C'était si laid et si démoralisant que l'anglo-libanais aurait parié toutes ses économies que personne n'aurait objecté si un génie avait proposé d'envoyer la chose toute entière dans une autre dimension.  Le jeune homme avait passé la  première partie de la matinée à trier des dossiers et à préparer une pochette d'informations utiles pour sa stagiaire. Il y avait rassemblé les différents numéros utiles, un plan de la structure, des tickets repas, une fiche de présentation de Ghost'house et un récapitulatif de tous les services que la maison proposait. Le jeune homme jeta un coup d’œil à la pendule, il était presque dix heures, Evelyne, puisque c'est comme ça qu'elle s’appelait, devait arriver à la demie.

Il s'étira sur son fauteuil et tournoya un peu sur lui même, l'esprit dans le vague, puis il se leva pour se servir une tasse de thé. A défaut d'avoir une cantine adaptée à son régime alimentaire, le plat préféré du cuisinier étant le ragoût de tripes de mouton qu'il servait au minimum trois par semaine, son employeur proposait le meilleur thé du monde. Et les parfaits petits sablés pour l'accompagner. Derek lança sa bouilloire, chaque bureau étant équipé du matériel nécessaire et ouvrit un sachet de son thé favori. C'était un délicieux thé noir parfumé au miel, à la lavande et au bleuet. Il glissa la mousseline dans un mug et versa l'eau bouillante dessus. Le temps d'infusion étant de huit minutes, il ressortit la fiche de sa future acolyte et relut encore une fois les informations notées à son sujet. Dix sept ans, étudiante en histoire du monde magique, petit boulot comme agent d'entretien dans un pub...Derek se gratta la nuque en se demandant ce que pouvait bien lui apporter un stage de trois jours dans une firme comme Ghost'house. Il espérait qu'elle savait ce qu'elle venait chercher sinon les choses allaient rapidement devenir pénibles.

Son chef fut une ré-apparition furtive dans son box pour lui donner une nouvelle pile de dossier à classer. L'ancien orvet poussa un soupir et poussa le tas de paperasse à l'exact opposé de son bureau. Heureusement qu'il passait l'après-midi sur le terrain sinon il allait devenir chèvre. Il venait de finir sa tasse de thé quand la porte s'ouvrit à nouveau. Si c'était encore son chef et son horrible chemise à carreaux jaunes et verts, l'anglo-libanais ne répondrait plus de rien. Il fixa les tas de papiers étalés devant lui et s'imagina entrain de lui fourrer les dossiers classés bien profond dans le ... Des éclats de voix  lui parvinrent du couloir puis un joli brin de fille fit son apparition dans son bureau. Derek perdit instantanément son animosité et se contenta de l'observer en silence. Elle était plutôt grande, très fine, avec de beaux cheveux blonds, et un visage en forme de cœur absolument ravissant. Et ses yeux. Des yeux bleus magnifiques. Finalement, passer trois jours en sa compagnie ne serait pas si pénible que ça. Il esquissa un léger sourire quand il la vit rougir.

Il allait la saluer et l'inviter à se mettre à l'aise quand elle s'avança vers lui, un air beaucoup plus déterminé sur le visage que deux minutes auparavant, en lui tendant la main. Il la serra doucement en continuant de la jauger du regard:

" Bonjour, Evelyn Fleming, on m'a assignée ici pour trois jours. Tout comme toi, j'ai sauté de joie à cette idée, donc pas besoin de me rabaisser. "

L'anglo libanais éclata de rire. On aurait dit un chat en colère. Aspérule avait le même air de mépris dans le regard quand elle se sentait prise en faute. Il se mordit la lèvre. Il était ravi que la demoiselle montre un peu de tempérament, il en fallait pour affronter certaines situations, dans ce job. Avec Nerio, ils regardaient parfois une série, en soirée. Une série moldue qui parlait des chasseurs de fantômes et le beau brun finissait régulièrement plié de rire. Ils étaient vraiment tordant avec leurs tables de spiritisme et leurs équipements bizarroïdes, dont cette petite boite noire qui enregistrait, soit disant, les voix des défunts. Derek savait bien que la réalité était, dans la majeur partie des cas, beaucoup moins ... divertissante. Ainsi, avoir un caractère bien trempé ne pouvait être qu'un atout dans ces situations.

Par ailleurs, la blondinette magnait parfaitement l'ironie, ce qui était non négligeable pour le brun. Brun qui pratiquait la dérision à un niveau tel qu'il aurait pu participer au championnat du monde du foutage de gueule,si seulement il existait. Derek se rassérénera. Il ne doutait plus qu'ils allaient bien s'entendre.

" Bonjour, je suis Derek. Je te superviserais pendant ces trois jours et je t'assures que je ne rabaisse que les tire au flanc. Si tu montres un minimum d'implication dans ce boulot, tu n'as pas de soucis à te faire. "

En lui lançant un regard encourageant, il lâcha sa main puis désigna le porte manteau dans le coin de la pièce.

" Tu peux mettre tes affaires là-bas si tu le souhaites et te servir une tasse de thé. Il y a aussi des biscuits, dans la boite en fer blanc, juste à côté de la bouilloire. Ensuite nous ferrons le point sur tes modalités de stage et je t'informerais du programme pour les trois jours à venir . "

La laissant se mettre à l'aise, il sortit son dossier et un stylo , il récupéra aussi le planning pour l'étudier. Le stage allait démarrer fort. L'après-midi même, il devait se rendre dans le comté d'Essex, dans la charmante ville de Leight-on Sea, afin de rencontrer une famille qui essuyait des déconvenues avec le fantôme de leur maisonnée, depuis quelques mois. Il s'agissait de Floridas, un faible d'esprit mort en 1430 d'une maladie des reins. Si les choses se déroulaient généralement sans anicroches, l'histoire semblait mal engagée puisque le fantôme restait sourd à tous les arguments et qu'il se montrait dans l'incapacité totale d'expliquer les raisons de sa fureur. Au moins, ils pourraient profiter de la mer. La côte anglaise était tout simplement splendide. Derek griffonna quelques notes supplémentaires puis se tourna vers Evelyn, qui venait de tirer un tabouret pour s'asseoir en face de lui. Il s’éclaircit la voix et demanda :

" Alors, avant qu'on commence, il faut quand même que je te pose la question : est-ce que tu t'y connais en fantômes ou en demeures hantées ? "


Dernière édition par Derek S. Marshall le Dim 17 Avr - 15:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rien ne s'efface, ni la craie, ni le sang .. [Pv Lyne]   Jeu 17 Mar - 9:37

Evelyn n’avait pas l’habitude d’être perturbée. Depuis qu’elle habitait chez les Fleming, elle avait appris à manier ses émotions et son premier but dans la vie … non son deuxième but était de rendre fier ses parents adoptifs. Son premier but étant bien évidemment de participer au retour du grand Lord. Elle serra les poings et se força à rester calme, elle n’aimait pas être prise en faute et voilà qu’elle venait de rougir comme une enfant. Intérieurement, elle rejeta la faute sur le fameux Derek qui n’avait pas qu’à être aussi séduisant, mais en réalité elle savait bien qu’elle allait devoir se battre pour sortir de là. Elle s’obligea à regarder son maître de stage -appeler l’homme comme ça réduisit son sex appeal- pour éviter de détourner le regard en rougissant une prochaine fois et se rassura sur ses capacités à rester maîtresse d’elle-même. Evelyn se força à penser qu'il était comme tout le monde et qui n'avait aucune beauté étrangère. Soudain Derek explosa de rire et brisa toutes ses bonnes résolutions. Elle lui lança un regard noir pour qu’il s’explique, mais il contenta de lui serrer la main tout en se présentant.


« Bonjour, je suis Derek. Je te superviserais pendant ces trois jours et je t'assures que je ne rabaisse que les tire au flanc. Si tu montres un minimum d'implication dans ce boulot, tu n'as pas de soucis à te faire. »

Il lui proposa ensuite de se mettre à l’aise en indiquant le porte manteau de la main, puis il reprit la parole pour lui proposer un thé. Typiquement anglais ou avait-il pris ces habitudes à force de trainer avec les rosbif ? Il était tellement sérieux, qu’elle s’en inquiéta un peu. Certes elle était ici pour travailler, mais elle avait aussi envie de s'amuser. Elle était encore jeune et rester assise dans un bureau toute la journée ne l'intéressait pas. Cependant elle savait qu’elle devrait se plier à ce que le Derek allait lui apprendre alors elle se tut et écoute religieusement ce qu’il avait à lui dire, sans oser prendre du thé.

« Alors, avant qu'on commence, il faut quand même que je te pose la question : est-ce que tu t'y connais en fantômes ou en demeures hantées ? »



Son visage se bloqua dans une expression choquée quelques secondes, comment pourrait-elle marquer des points alors qu’elle n’avait rien à lui proposer ? Elle n’était qu’une petite fille, blonde et imbécile. Et lui, un grand homme, séduisant, prévenant et bon sang, son maître de stage. Elle était totalement foutue, il fallait qu’elle cesse de s’imaginer des choses. Elle se leva finalement, sans répondre, et attrapa la théière. Telle une bonne anglaise, elle but une tasse de ce thé -pas mauvais- et se rassit, la tasse à la main. Elle se lécha les lèvres sans faire exprès et le regarda, un peu gênée.


« Non. » soupira-t-elle avant de reprendre. « L’université a distribué les stages complètement au pif et je n’ai su le titre du miens que ce matin, sinon j’aurai fait des recherches, mais je n’ai pas vraiment pu m’y mettre. Par contre, il y avait un fantôme à Durmstrang, donc j’en ai déjà vu. »



Loin de se douter qu’à Poudlard il y avait des tas de fantômes et que tous les élèves s’y connaissaient plutôt bien à se sujet, Evelyn se sentait fière d’en connaître un. Pourtant, elle savait qu’elle partait avec un sérieux handicap face au jeune homme qui ne devait pas vraiment aimer rabâcher un tas d’information sur un sujet qu’il connaissait par coeur à force de travailler dans le métier. Seulement Evelyn n’était pas une peureuse et encore moins une flemmarde, elle allait lui montrer qu’en partant de zéro, elle serait une experte à la fin de son stage, si seulement il était gentil et qu’il prendrait sur lui pour lui donner de son temps. Elle releva la tête et, déterminée, plongea son regard dans celui du jeune homme.

«  Par contre, je n’y connais peut être pas grand chose, mais je suis studieuse et travailleuse. J’ai choisi des études qui ne demandent que de la théorie et je suis placée dans les meilleures de ma classe, donc j’apprendrai vite. Et puis, à Durmstrang j’ai pris des cours de duel dès ma seconde année et je sais manier une baguette, donc je vous assure que je ne serais pas un poids mort, si seulement vous prenez soin de m’expliquer. Ah et je déteste qu’on me prenne pour une débile, je vous l’ai dit, je comprends vite, donnez-moi simplement les informations sans en faire tout un plat en m’expliquant six fois la même chose. »


Les chevilles de Evelyn ? Elles vont bien, merci. La demoiselle finit sa tirade, fière, la tête haute. Elle savait qu’elle était agaçante pour certains de ses camarades de classe, mais elle s’en fichait, elle aimait être supérieure et elle espérait que Monsieur Marshall verrait ce monologue d’un bon oeil plutôt que de la juger comme une gamine mal dans sa peau qui en faisait trop. M’enfin, là n’était pas la question, quoiqu’il en soit, Evelyn était prête à apprendre et à montrer à ce bel homme de quoi elle était capable, parce qu’il fallait se l’avouer, elle avait la rage de vaincre dans le ventre et elle ferait tout pour séduire le jeune homme autant qu’il l’avait séduite juste par son regard. Ce n’était pas une compétition, ce n’était pas forcément pour qu’il finisse dans son lit, ce n’était même pas parce qu’elle était folle amoureuse de lui au premier regard, non, c’était plutôt pour lui rendre la monnaie de la pièce, pour qu’il soit aussi déstabilisé qu’elle. Elle n’aimait pas avoir un désavantage et elle voulait qu’il ressente la même chose qu’elle.

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MessageSujet: Re: Rien ne s'efface, ni la craie, ni le sang .. [Pv Lyne]   Dim 17 Avr - 15:11

Derek ouvrit les yeux et retrouva instantanément l'odeur iodé qu'il aimait tant. La cabine de plage était exigue. Les planches en bois gris bleu étaient mangé par les algues et le sable s'était infiltré sous la porte à moitié dégondée. Une paire de rames et de vieux filets de pêche traînaient dans un coin. Sur une petite étagère juste derrière lui se trouvait un vieux phare décoratif aux couleurs délavés par les embruns et le sextant rouillé qui servait de passerelle entre Ghost House et cette partie de l'île.  L'anglo libanais remonta son cache nez  et se décala légèrement vers la droite. Moins d'une seconde plus tard, une Evelyne aux joues rouges et aux cheveux légèrement emmêlés fit apparition à côté de lui. Elle tituba et il l'attrapa par le bras pour l'empêcher de se tordre la cheville dans une maille du filet qui traînait là ..

Il ne savait pas trop pourquoi mais Derek avait décidé qu'il l'aimait bien. Il ne savait pas vraiment ce qui avait joué en sa faveur. Qu'elle soit aussi ironique que lui, qu'elle ai assez de bagou pour vendre des lunettes à un aveugle, qu'elle ait étudié à Durmstrang, comme Nerio, la seul personne qui ne l'avait pas trompé ... Ou alors c'était simplement ces deux yeux de chats, si purs qu'on y lisait à livre ouvert ses romans d'aventures et ses récits de guerre. Il la regarda légèrement incliner la tête, comme gênée de s'être ridiculisée, puis relever le menton, comme pour le mettre à défi de lui faire une remarque. Derek retient un sourire. Il y avait des volcans dans ce petit bout de femme. Il la lâcha sans rien dire et ouvrit la porte d'un léger coup d'épaule. Dehors, le soleil brillait derrière les épais voiles de ouates grises. Derek huma une grande bouffée d'air marin et lutta contre l'envie qu'il avait de s'enfouir dans le sable couleur caramel doré. Il fit quelques pas en direction de la mer et regarda les éclats brillants se dessiner entre les vagues. Parfois, il avait l'impression que s'il restait là assez longtemps à regarder la mer, il pourrait voir les anges briller au creux de ses ondulations ...

Il repensa à la soirée du bal. A ce qu'il s’apprêtait à révéler à Ellen. Il avait voulu lui dire qu'il aurait du la retenir, lui dire qu'elle était la seule qu'il aimerait toute sa vie, qu'il mourrait d'envie de l'embrasser, et lui demander de ne plus jamais le quitter. Il aurait voulu lui prouver à quel point ses sentiments étaient forts, et crier au monde entier à quel point il pouvait l'aimer. Mais au lieu de ça,il l'avait laissé partir sans rien dire...Parce qu'il savait que cet amour le rendait fou. Complètement fou.  Parce qu' il vous fait tourner la tête, à une tel vitesse qu'on ne se rend compte de rien, qu'on est aveuglé et que ça  fait un mal de chien dans la poitrine ...

Il coula un regard vers Evelyne qui, tête levée vers le ciel, profitait des rayons du soleil d'hiver sur sa peau claire. Un sourire ravie fendait son visage. Le jeune homme attrapa un coquillage qu'il lança au loin. Il voulait connaitre l'amour heureux. Celui qui se contente d'exister et dont on s'estime chanceux.Evelyne le rejoignit, ce qui le sortit de sa léthargie. Derek scruta la boucle blonde qui dessinait une virgule sur la joue rosie de sa stagiaire d'un jour. C'était joli, comme une invitation à la douceur. La question lui franchit les lèvres avant qu'il ne puisse la retenir :

Tu crois que c'est mal de vouloir s'émerveiller pour rien ? De vouloir revenir au temps où je croyais au bonheur et à l'amour ?

Il se mordit la lèvre. Evidemment, elle le regarda bizarrement.  Il secoua la main, comme pour effacer ce qu'il venait de dire.

Laisse tomber ce que je viens de dire. La mer me rend nostalgique. On ferrait bien de se mettre en marche. La maison de nos clients se trouve sur la lande. On en a au moins pour une heure de marche. C'est au niveau du château que tu vois là haut, sur la colline.  Château qui est en fait une église .. Il y aura pas mal de marches, aussi. J'espère que tu n'es pas contre un peu de sport.

Derek avait commençait à marcher en direction de la marina. Plusieurs petits bateaux de pêches multicolores y étaient amarrés. Cela renforçait encore le côté bucolique de l'endroit. Il ne savait pas combien de temps prendrait le cas de Floridas mais une chose était sûr, il ne repartirait pas d'ici sans avoir manger un délicieux crumble au sureau du Ye Olde Smack. Evelyne le suivait d'un pas vif. Elle n'avait pas l'air inquiète, et même plutôt contente de l'expérience et le beau brun commençait à douter de son appréciation de la situation. Les fantômes civilisés qu'ils avaient tout deux côtoyer dans le passé ne ressemblaient en rien aux cas dont s'occupait Ghos House. La plupart du temps, ces derniers n'hésitaient pas à tout mettre en oeuvre pour terroriser les vivants, allant même jusqu’à s'introduire dans leurs esprits pour faire passer leur message . C'était des âmes errantes, perdues, blessées et dangereuses. Derek n'avait pas encore eu l'occasion d'assister à une prise de possession mais il savait que c'était l'un des risques du métier et qu'un esprit trop fragile pouvait se briser après une telle expérience. Il attrapa la main de sa collègue et la pressa doucement :

Est-ce que je dois te ré-énoncer les règles de conduite quand on se trouvera face à Floridas ou est-ce que tu te sens prête ?

Bien que le surnaturel faisait partie intégrante de leur quotidien depuis de longues années, l'anglo-libanais savait que vivre une telle expérience pouvait-être déstabilisante. Il fallait toujours garder l'avantage sur la situation et ce n'était pas forcément évident, surtout les premières fois. La peur étant une réaction naturelle et humaine... La première règle de sécurité étant de ne jamais quitter l'apparition des yeux. Il fallait à tout prix réussir à nouer le contact en posant des questions d'une voix calme et posée et ce, quelque soit l'état d'agitation du fantôme qui se trouvait en face de vous. On ne faisait pas non plus de pas dans sa direction, ni de gestes brusques. L'observation et la récolte d'informations étaient la base de ce travail.

N'oublie pas... s'il change de pièce, on se contente de le suivre et de noter ses actions. Toutes les observations que nous pourrons faire seront utiles pour comprendre l'origine de son trouble et ainsi ramener le calme dans cette maison. Ne montre jamais ta peur. Arme ton mental pour qu'il soit dans l'empathie. Les spectres hantent un lieu à cause d’un événement tragique qui est survenu durant leur vie terrestre. Il faut avoir de la pitié et de la compassion, pour eux. C'est à nous de découvrir ce qui les retient ici et c'est pour ça qu'il nous faut le maximum d'indices ... Et on ne dit jamais aux clients qu'il est impossible de débarrasser leur maison du fantôme, c'est compris ?

En effet, Derek avait apprit qu'il était impossible de déloger un spectre d'une maison s'il n'en avait pas envie. Dans le meilleur des cas, les agents de Ghost House arrivaient à régler l'origine du trouble du fantôme et il pouvait ainsi partir sereinement, laissant ainsi la maison et ses habitants en paix, dans le pire des cas, ils ne parvenaient qu'à suspendre la "hantise". Derek s'arrêta sur une margelle en pierre grise qui séparait deux volées de marches. Il scruta le visage de sa jeune accompagnatrice. Une ride soucieuse barrait le haut de son front. Sans réfléchir, il y passa le pouce pour la gommer.

Ne t'inquiète pas, Lyne. Le surnom lui était venu spontanément. Il ne t'arrivera rien. Un fantôme ne peut ni te blesser, ni te tuer. Garde à l'esprit que le facteur peur est déterminant. C'est la peur qui altère notre jugement. Je te donne le calepin et le stylo. Si tu as les mains occupées, tu as plus de chances de ne pas paniquer. Observe le. Ecrit tout ce qui te semble important, même les plus petits détails. Je vais mener l'interrogatoire, d'accord ?

Sa voix était basse et calme, presque berçante. Il dégagea une mèche de cheveux qui claquait sur la joue de la jeune fille à la faveur de la brise hivernale.  Il attendit qu'elle acquiesce pour poursuivre.

Si tu sens l'angoisse monter, si tu as peur de faire un faux pas, tu me donnes le calepin, le stylo,tout doucement, sans mouvements brusques et tu te retournes tranquillement puis tu sors de la maison. Tu m'attendras sur le perron. Quand j'aurais fini, on ira au pub pour boire un coup et faire le debrieffe de l'intervention.

Il planta son regard dans les yeux bleu gris. Ses pommettes rougies par le vent d'hiver donnaient envie de mordre dedans. C'est alors qu'il compris qu'il ne pourrais pas descendre plus bas... que tout ce qu'il avait vécu était enfin en train de prendre sens. Si ce regard et ce moment était vital pour lui, peut-être était il dérisoire pour elle ? Le hasard n'existait pas. Quelle probabilité y avait-il eu pour que son chef lui confie une stagiaire à peine trois mois après sa prise de poste ? La probabilité que ce soit Lyne ? La probabilité qu'elle lui ressemble autant ? S'indigner, se demander "pourquoi?!", passer des nuits blanches à se mordre les doigts, crier à l'injustice, détenir toute la colère ou même le désespoir du monde n'avait rien fait d'autre que lui apporter  ce moment, là, sur cette margelle, dans le conté d'Essex.  Finalement, il y a toujours quelque chose à en conclure. Il était maître de son malheur mais pouvait-il être celui de ses bonheurs ? Derek se retourna vers la maison de briques rouges et inspira profondément.

On y va ?
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Rien ne s'efface, ni la craie, ni le sang .. [Pv Lyne]

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