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 Rien ne s'efface, ni la craie, ni le sang .. [Pv Lyne]

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MessageSujet: Rien ne s'efface, ni la craie, ni le sang .. [Pv Lyne]   Dim 10 Jan - 11:45

Trois jours s'était écoulée depuis le bal d'Indali.

Depuis, la vie de Derek avait prit une tournure pour le moins étrange. Cela avait commencé le soir même de cette dite soirée, après avoir raccompagné Anjelica jusqu'à ses pénates. Il était rentré avec Nerio et ils avaient passé la soirée à descendre des grogs alcoolisés en jouant à la console. Un nouveau jeu de catch que l'italien avait dégoté pour la moitié de son prix. La console était encore une de ces fantastiques inventions moldus, au même titre que le téléphone. Finalement, ils s'étaient tout deux endormis comme des masses sur le canapé de Derek. Vers trois heures du matin, le téléphone portatif, ou bien était ce portable ?, de l'anglo-libanais vibra contre sa poitrine. Les yeux collés de sommeil et la bouche pâteuse du trop plein de rhum, le jeune homme décrocha, après trois tentatives infructueuse, pour se retrouver en conversation avec une Mélinda bien éméchée elle aussi. Parfaitement éveillé tout d'un coup, il se leva un peu trop vite et fut prit d'un haut le coeur. Il glissa un regard à son colocataire, empêtré dans sa couverture.  Nerio dormait du sommeil du juste avec Aspérule comme bonnet de nuit ronronnant. Derek s'extirpa avec précaution du canapé lit et tenta d'obtenir quelques informations supplémentaires auprès de la blondinette, qui semblait avoir l'alcool joyeux, elle. Après avoir réussi à la localiser et son bar girly aussi, le jeune homme raccrocha en lui faisant promettre d'attendre sa venue. Malgré le calme apparent dont il faisait preuve, il était inquiet car ce n'était pas dans les habitudes de la jeune femme de se mettre la tête à l'envers de cette manière. Avisant son haut encore tâché de sang de l'autre guignol de MacDonagh, il attrapa un pull bleu marine qui traînait par là et se changea. Il prit ses clefs qui traînaient sur la console, fourra son téléphone dans la poche de son jeans, sa baguette de l'autre côté et s'évanouit dans la nuit.

Moins de deux heures plus tard, il poussait la porte de l'appartement de Mélinda, sa propriétaire dans les bras, aussi vive qu'une crevette bouillie. Ah, les ravages de l'alcool. Elle était pâle, en sueur et Derek avait déjà passé une demi-heure à lui tenir ses magnifiques cheveux blonds pendant qu'elle se vidait de son excédent d'Aloe Loa dans les toilettes roses et noires du bar. La déposant sur la méridienne du salon, Derek décida q'un bain l'aiderait à se remettre. Il se dirigea donc vers la salle d'eau et fit couler l'eau chaude, avant d'ajouter un trait de bain moussant à la guimauve et une rose de bain violette pour lui frotter le dos. Les habits de soirée de la jeune femme, bien que magnifiques, devaient être d'un inconfort terrible avec une cuite pareille si bien que l'ancien orvet farfouilla sans gène dans sa commode à la recherche d'une tenue plus confortable. Il dénicha un pantalon d'intérieur en soie bleue nuit et un sweat gris en polaire qui ferrait bien son affaire. Il ajouta une paire de chaussettes en laine grise à son paquet et déposa le tout sur le le radiateur de la salle de bain afin qu'ils soient chaud quand il la sortirait du bain. Après avoir déshabillé  la jeune femme avec mille précautions, il la glissa dans l'eau parfumée et sucrée, la maintenant d'un bras et la lavant doucement de l'autre. Alors que la rose de bain courait sur son bras fin, une chose attira son son attention. De son poignet coulait une eau beigeasse qui laissa apparaître un motif.  L’exacte réplique du sablier qu'il portait, lui aussi. Comme tous les sorciers. Il le fixa un moment avant de décider qu'au final, cela ne changerait rien. Si Mélinda lui avait caché, et caché aux yeux du monde, son statut de sorcière c'est qu'elle avait ses raisons. En la séchant dans une serviette moelleuse, la tenant tout contre lui, l'odeur de ses cheveux lui revenant par effluves , il ne put s'empêcher de sourire. Une sorcière, ça, c'était une surprise.

Trop épuisé pour rentrer, il s'était allongé sur la méridienne du salon et avait passé la nuit sur son velours accueillant, avant de s'éclipser, aux premières lueurs du jour, quelques heures plus tard. Depuis, l'image du sablier sur le bras de la jeune femme ne quittait pas son esprit. Même sa convocation chez le doyen de l'université, pour sa conduite répréhensible lors d'une soirée gouvernementale, n'avait pas réussi à effacer les questions qui se formaient continuellement autours de ce sablier. Il avait bien reçu un texto de sa part,le remerciant chaleureusement et l'invitant à un brunch dominical mais rien de plus. Derek attrapa une pile de formulaire à classer. On était mardi et le mardi, il travaillait toute la journée chez Ghost'house, le gestionnaire de maisons hantées. Tout en agrafant les différents formulaires, il repensa à son entretien avec le doyen et ses remontrances sur son comportement inexcusable pour un futur brigadier puisque, on le savait bien, la première qualité de ces hommes étaient le contrôle parfait de leurs nerfs et de leurs sentiments. Il tamponna un dossier et le glissa dans une pochette verte. Celles des cas résolus. Le doyen n'avait pas fait que le blâmer, malheureusement, il l'avait mit à pied, le temps qu'il se "reprenne" et qu'il "réfléchisse à son avenir" car à la prochaine incartade de ce genre, il serait purement et simplement révoqué du département. De fait, il travaillerait ici tous les jours pendant un mois. De quoi se payer un billet aller simple pour l'Allemagne, songea t'il avec amertume. Oui, sa vie avait définitivement prit un chemin tortueux. En trois jours, il s'était fait remarqué par le gouvernement, viré de l'université, dormi avec son colloc', découvert que sa dernière conquête était une sorcière, rompu de manière informel avec son ex ...

Lui ,qui pensait que la situation ne pouvait pas être plus compliquée, déchanta quand son chef, un petit homme bedonnant aux chemises excentriques, lui annonça  que le programme des deux prochains jours allait être légèrement perturbée par la venue d'une étudiante en observation. L'anglo-libanais poussa un profond soupir. Il n'était pas vraiment d'humeur à faire du baby sitting.
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MessageSujet: Re: Rien ne s'efface, ni la craie, ni le sang .. [Pv Lyne]   Sam 30 Jan - 17:41

Le soleil se levait avec paresse dans le ciel pendant que Evelyn s’habillait en baillant. Elle n’aimait jamais le matin, il lui fallait faire beaucoup trop d’effort pour s’activer alors qu’elle n’avait qu’une envie : rester à larver toute la journée dans son lit. Seulement la vie d’une étudiante avec un boulot à côté était loin de sa vie de rêves et se dépêcha pour ne pas arriver en retard. Les cours l’intéressaient de moins en moins, elle qui était passionnée de savoir c’était désolant, mais elle ne pouvait pas faire semblant de s’intéresser alors que rien ne parlait d’une quelque idée pouvait l’aider dans sa conquête du monde pour remettre le Lord à la première place. Elle dessinait des petites maisons en feu sur son cahier quand une phrase du professeur la fit redresser sa chevelure blonde avec empressement. Elle écouta les mots attentivement avant de rouler les yeux, elle avait complètement oublié que les stages commençaient. Enfin ‘stage’ était un bien grand mot, en réalité ils devaient se poster en observation dans des cabinets pour apprendre le fonctionnement, bref, rien de folichon avec en prime ; de longues heures d’ennuis. C’était bien sa veine. En plus, quand ils leur avaient appris qu’ils auraient des stages, le personnel enseignant s’était bien amusé à leur annoncer que c’était eux qui choisissaient les stages et non les étudiants. Oh joie. Evelyn n’avait porté que peu d’attention à son stage, elle n’aurait tellement rien à faire pendant ces heures d’observation, il valait mieux qu’elle se garde de la lecture pour ce moment-là. Elle soupira et regarda le calendrier, le temps avait filé si vite qu’elle ne s’était pas rendu compte que tout commençait déjà cette après-midi. Elle serra les poing, beaucoup trop de choses s’étaient passées sans que Evelyn n’en maîtrise la moitié : Ellen, sa grande soeur tant aimée et tant haïe, était revenue dans sa vie. Bon, cela ne faisait pas tant de choses que cela en fin de compte, mais c’était comme un ouragan. Avant le paysage est tout calme, durant de longues minutes le vent balaye le tout et ensuite, plus rien ne se ressemble, tout est sans dessus-dessous. Le cerveau de Evelyn était en tumulte, plus rien n’était à sa place, les plans qu’elle avait préparés étaient bon pour la poubelle, les idées de vengeance s’étaient perdu dans le doute, la haine qu’elle ressentait était d’autant plus forte qu’Ellen avait l’air heureuse et malheureuse à la fois. Elle était gênée et se sentait coupable, c’était la première fois de sa vie que Evelyn ressentait cela, oui, décidément, un seul petit événement avait chamboulé toute sa vie et elle s’en voulait. La blonde était censé être forte, bien plus forte qu’une petite fille qui abandonnait sans soeur sans se retourner. Elle soupira pour la énième fois depuis le début du cours et rangea ses affaires pour se préparer à cet après-midi.



La benjamine des Dashwood s’enfonça dans les couloirs du local, comment avait-elle pu se perdre dans un endroit si petit ? La sorcière à l’accueil de Ghost’house lui avait pourtant bien indiqué le chemin, elle n’aurait pas dû s’égarer. Elle ferma les yeux et chercha le courage de revenir sur ses pas pour se faire accompagner, comme une gamine incapable, qui ne pouvait pas se débrouiller par elle-même, trop de joie. Elle serra les poings, elle qui se sentait déjà inutile, voilà qu’elle était en plus encombrante. Elle n’avait plus qu’à espérer que la personne avec elle, D Marshall, soit une fille hideuse, au moins elle, elle était belle. Revenant avec un faux air d’humilité, elle demanda -de sa voix la plus charmeuse- son chemin à la sorcière d’accueil. Evidement, celle-ci ne leva vers elle qu’un regard méprisa et lui indiqua du doigt un gros bonhomme qui lui adressa un sourire atroce. Elle se força à lui rendre la pareil et le suivit dans le dédale des couloirs. La demoiselle se demandait s’il était dans les parages de l’entrée par curiosité ou si c’était le boss qui s’ennuyait un peu. « Alors, comme ça on s’est perdue dans les couloirs ? » Clairement il avait écouté ce qu’elle venait d’annoncer à l’accueil. « Ce n’est pas grave petite » elle grimaça malgré elle au mot, elle détestait qu’on la prenne pour une gamine, bon là, elle l’avait presque cherché en se perdant dans un minuscule lieu « ça aurait pu arriver à n’importe qui. Mais ne t’inquiète pas Derek va t’apprendre tous les recoins d’ici. » Il la tutoyait et appelait les employés par leur prénom, c’était sûrement un chef, elle avait eu raison sur ce point-là aussi. Le trajet n’avait duré que quelques secondes et ils s’étaient retrouvés devant la porte indiquée par la dame du début. Elle était juste partie dans le mauvais sens au début. Elle n’avait pas eu le temps d’en caser une et voulait vite rentrer, seule, dans le bureau pour éviter qu’il raconte à ce fameux Derek qu’elle était une gamine qui avait sans cesse besoin d’aide.

« Merci beaucoup de votre gentillesse monsieur, je trouverai le chemin maintenant. » le remercia-t-elle avant de lui tourner le dos pour ouvrir la porte et entrer dans l’habitacle.

Si elle avait eu juste sur ses premières prédictions, là c'était tout faut. Elle se retrouvait devant un jeune homme clairement charmant, il avait une peau typée, mais elle n'arrivait pas à savoir d'où. Ses bras semblaient musclés et son sourire devait être charmant si seulement il souriait, car pour l'instant il avait plutôt envie d'envoyer chier Evelyn. Seulement au moment où elle se dit ça, leurs yeux se croisèrent et elle s'arrêta net sur place. Ses yeux étaient si ... profonds. Elle rougit instantanément puis, alertée par son comportement de gamine, elle se donna une claque mentale et s'approcha du jeune homme en tendant la main.

« Bonjour, Evelyn Fleming, on m'a assignée ici pour trois jours. Tout comme toi, j'ai sauté de joie à cette idée, donc pas besoin de me rabaisser. » lâcha-t-elle sur son ton le plus méprisant qu'elle put.

Si au début elle avait été en effet dégoûtée, quand elle avait mis un visage sur ce beau nom... tout avait changé. Merde. Mais pourquoi était-elle si touchée soudainement ? Elle en avait vu des mecs canons, mais lui c'était différent de tout ce qu'elle connaissait, il n'avait pas la beauté des mecs de l'Est. Non, c'était une nouveauté et elle s'en voulait.

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MessageSujet: Re: Rien ne s'efface, ni la craie, ni le sang .. [Pv Lyne]   Mar 2 Fév - 15:46

Parfois Derek enviait secrètement les moldus. Ils échappaient à la pollution visuelle que Ghost'house représentait dans le paysage londonien. Cette entreprise était sans doute la plus grosse firme de gestion de maisons hantées dans les environs, une véritable institution, mais c'était aussi un endroit particulièrement déprimant. L'immeuble était visible à un kilomètre à la ronde, une épouvantable bâtisse, grande tour maronnasse ornementée de quelques lignes de briques rougeâtres. C'était un lieu oppressant, aux grandes fenêtres en métal dans un style d'architecture qui n'était pas sans rappeler les constructions en Lego de Silas. C'était si laid et si démoralisant que l'anglo-libanais aurait parié toutes ses économies que personne n'aurait objecté si un génie avait proposé d'envoyer la chose toute entière dans une autre dimension.  Le jeune homme avait passé la  première partie de la matinée à trier des dossiers et à préparer une pochette d'informations utiles pour sa stagiaire. Il y avait rassemblé les différents numéros utiles, un plan de la structure, des tickets repas, une fiche de présentation de Ghost'house et un récapitulatif de tous les services que la maison proposait. Le jeune homme jeta un coup d’œil à la pendule, il était presque dix heures, Evelyne, puisque c'est comme ça qu'elle s’appelait, devait arriver à la demie.

Il s'étira sur son fauteuil et tournoya un peu sur lui même, l'esprit dans le vague, puis il se leva pour se servir une tasse de thé. A défaut d'avoir une cantine adaptée à son régime alimentaire, le plat préféré du cuisinier étant le ragoût de tripes de mouton qu'il servait au minimum trois par semaine, son employeur proposait le meilleur thé du monde. Et les parfaits petits sablés pour l'accompagner. Derek lança sa bouilloire, chaque bureau étant équipé du matériel nécessaire et ouvrit un sachet de son thé favori. C'était un délicieux thé noir parfumé au miel, à la lavande et au bleuet. Il glissa la mousseline dans un mug et versa l'eau bouillante dessus. Le temps d'infusion étant de huit minutes, il ressortit la fiche de sa future acolyte et relut encore une fois les informations notées à son sujet. Dix sept ans, étudiante en histoire du monde magique, petit boulot comme agent d'entretien dans un pub...Derek se gratta la nuque en se demandant ce que pouvait bien lui apporter un stage de trois jours dans une firme comme Ghost'house. Il espérait qu'elle savait ce qu'elle venait chercher sinon les choses allaient rapidement devenir pénibles.

Son chef fut une ré-apparition furtive dans son box pour lui donner une nouvelle pile de dossier à classer. L'ancien orvet poussa un soupir et poussa le tas de paperasse à l'exact opposé de son bureau. Heureusement qu'il passait l'après-midi sur le terrain sinon il allait devenir chèvre. Il venait de finir sa tasse de thé quand la porte s'ouvrit à nouveau. Si c'était encore son chef et son horrible chemise à carreaux jaunes et verts, l'anglo-libanais ne répondrait plus de rien. Il fixa les tas de papiers étalés devant lui et s'imagina entrain de lui fourrer les dossiers classés bien profond dans le ... Des éclats de voix  lui parvinrent du couloir puis un joli brin de fille fit son apparition dans son bureau. Derek perdit instantanément son animosité et se contenta de l'observer en silence. Elle était plutôt grande, très fine, avec de beaux cheveux blonds, et un visage en forme de cœur absolument ravissant. Et ses yeux. Des yeux bleus magnifiques. Finalement, passer trois jours en sa compagnie ne serait pas si pénible que ça. Il esquissa un léger sourire quand il la vit rougir.

Il allait la saluer et l'inviter à se mettre à l'aise quand elle s'avança vers lui, un air beaucoup plus déterminé sur le visage que deux minutes auparavant, en lui tendant la main. Il la serra doucement en continuant de la jauger du regard:

" Bonjour, Evelyn Fleming, on m'a assignée ici pour trois jours. Tout comme toi, j'ai sauté de joie à cette idée, donc pas besoin de me rabaisser. "

L'anglo libanais éclata de rire. On aurait dit un chat en colère. Aspérule avait le même air de mépris dans le regard quand elle se sentait prise en faute. Il se mordit la lèvre. Il était ravi que la demoiselle montre un peu de tempérament, il en fallait pour affronter certaines situations, dans ce job. Avec Nerio, ils regardaient parfois une série, en soirée. Une série moldue qui parlait des chasseurs de fantômes et le beau brun finissait régulièrement plié de rire. Ils étaient vraiment tordant avec leurs tables de spiritisme et leurs équipements bizarroïdes, dont cette petite boite noire qui enregistrait, soit disant, les voix des défunts. Derek savait bien que la réalité était, dans la majeur partie des cas, beaucoup moins ... divertissante. Ainsi, avoir un caractère bien trempé ne pouvait être qu'un atout dans ces situations.

Par ailleurs, la blondinette magnait parfaitement l'ironie, ce qui était non négligeable pour le brun. Brun qui pratiquait la dérision à un niveau tel qu'il aurait pu participer au championnat du monde du foutage de gueule,si seulement il existait. Derek se rassérénera. Il ne doutait plus qu'ils allaient bien s'entendre.

" Bonjour, je suis Derek. Je te superviserais pendant ces trois jours et je t'assures que je ne rabaisse que les tire au flanc. Si tu montres un minimum d'implication dans ce boulot, tu n'as pas de soucis à te faire. "

En lui lançant un regard encourageant, il lâcha sa main puis désigna le porte manteau dans le coin de la pièce.

" Tu peux mettre tes affaires là-bas si tu le souhaites et te servir une tasse de thé. Il y a aussi des biscuits, dans la boite en fer blanc, juste à côté de la bouilloire. Ensuite nous ferrons le point sur tes modalités de stage et je t'informerais du programme pour les trois jours à venir . "

La laissant se mettre à l'aise, il sortit son dossier et un stylo , il récupéra aussi le planning pour l'étudier. Le stage allait démarrer fort. L'après-midi même, il devait se rendre dans le comté d'Essex, dans la charmante ville de Leight-on Sea, afin de rencontrer une famille qui essuyait des déconvenues avec le fantôme de leur maisonnée, depuis quelques mois. Il s'agissait de Floridas, un faible d'esprit mort en 1430 d'une maladie des reins. Si les choses se déroulaient généralement sans anicroches, l'histoire semblait mal engagée puisque le fantôme restait sourd à tous les arguments et qu'il se montrait dans l'incapacité totale d'expliquer les raisons de sa fureur. Au moins, ils pourraient profiter de la mer. La côte anglaise était tout simplement splendide. Derek griffonna quelques notes supplémentaires puis se tourna vers Evelyn, qui venait de tirer un tabouret pour s'asseoir en face de lui. Il s’éclaircit la voix et demanda :

" Alors, avant qu'on commence, il faut quand même que je te pose la question : est-ce que tu t'y connais en fantômes ou en demeures hantées ? "


Dernière édition par Derek S. Marshall le Dim 17 Avr - 15:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Rien ne s'efface, ni la craie, ni le sang .. [Pv Lyne]   Jeu 17 Mar - 9:37

Evelyn n’avait pas l’habitude d’être perturbée. Depuis qu’elle habitait chez les Fleming, elle avait appris à manier ses émotions et son premier but dans la vie … non son deuxième but était de rendre fier ses parents adoptifs. Son premier but étant bien évidemment de participer au retour du grand Lord. Elle serra les poings et se força à rester calme, elle n’aimait pas être prise en faute et voilà qu’elle venait de rougir comme une enfant. Intérieurement, elle rejeta la faute sur le fameux Derek qui n’avait pas qu’à être aussi séduisant, mais en réalité elle savait bien qu’elle allait devoir se battre pour sortir de là. Elle s’obligea à regarder son maître de stage -appeler l’homme comme ça réduisit son sex appeal- pour éviter de détourner le regard en rougissant une prochaine fois et se rassura sur ses capacités à rester maîtresse d’elle-même. Evelyn se força à penser qu'il était comme tout le monde et qui n'avait aucune beauté étrangère. Soudain Derek explosa de rire et brisa toutes ses bonnes résolutions. Elle lui lança un regard noir pour qu’il s’explique, mais il contenta de lui serrer la main tout en se présentant.


« Bonjour, je suis Derek. Je te superviserais pendant ces trois jours et je t'assures que je ne rabaisse que les tire au flanc. Si tu montres un minimum d'implication dans ce boulot, tu n'as pas de soucis à te faire. »

Il lui proposa ensuite de se mettre à l’aise en indiquant le porte manteau de la main, puis il reprit la parole pour lui proposer un thé. Typiquement anglais ou avait-il pris ces habitudes à force de trainer avec les rosbif ? Il était tellement sérieux, qu’elle s’en inquiéta un peu. Certes elle était ici pour travailler, mais elle avait aussi envie de s'amuser. Elle était encore jeune et rester assise dans un bureau toute la journée ne l'intéressait pas. Cependant elle savait qu’elle devrait se plier à ce que le Derek allait lui apprendre alors elle se tut et écoute religieusement ce qu’il avait à lui dire, sans oser prendre du thé.

« Alors, avant qu'on commence, il faut quand même que je te pose la question : est-ce que tu t'y connais en fantômes ou en demeures hantées ? »



Son visage se bloqua dans une expression choquée quelques secondes, comment pourrait-elle marquer des points alors qu’elle n’avait rien à lui proposer ? Elle n’était qu’une petite fille, blonde et imbécile. Et lui, un grand homme, séduisant, prévenant et bon sang, son maître de stage. Elle était totalement foutue, il fallait qu’elle cesse de s’imaginer des choses. Elle se leva finalement, sans répondre, et attrapa la théière. Telle une bonne anglaise, elle but une tasse de ce thé -pas mauvais- et se rassit, la tasse à la main. Elle se lécha les lèvres sans faire exprès et le regarda, un peu gênée.


« Non. » soupira-t-elle avant de reprendre. « L’université a distribué les stages complètement au pif et je n’ai su le titre du miens que ce matin, sinon j’aurai fait des recherches, mais je n’ai pas vraiment pu m’y mettre. Par contre, il y avait un fantôme à Durmstrang, donc j’en ai déjà vu. »



Loin de se douter qu’à Poudlard il y avait des tas de fantômes et que tous les élèves s’y connaissaient plutôt bien à se sujet, Evelyn se sentait fière d’en connaître un. Pourtant, elle savait qu’elle partait avec un sérieux handicap face au jeune homme qui ne devait pas vraiment aimer rabâcher un tas d’information sur un sujet qu’il connaissait par coeur à force de travailler dans le métier. Seulement Evelyn n’était pas une peureuse et encore moins une flemmarde, elle allait lui montrer qu’en partant de zéro, elle serait une experte à la fin de son stage, si seulement il était gentil et qu’il prendrait sur lui pour lui donner de son temps. Elle releva la tête et, déterminée, plongea son regard dans celui du jeune homme.

«  Par contre, je n’y connais peut être pas grand chose, mais je suis studieuse et travailleuse. J’ai choisi des études qui ne demandent que de la théorie et je suis placée dans les meilleures de ma classe, donc j’apprendrai vite. Et puis, à Durmstrang j’ai pris des cours de duel dès ma seconde année et je sais manier une baguette, donc je vous assure que je ne serais pas un poids mort, si seulement vous prenez soin de m’expliquer. Ah et je déteste qu’on me prenne pour une débile, je vous l’ai dit, je comprends vite, donnez-moi simplement les informations sans en faire tout un plat en m’expliquant six fois la même chose. »


Les chevilles de Evelyn ? Elles vont bien, merci. La demoiselle finit sa tirade, fière, la tête haute. Elle savait qu’elle était agaçante pour certains de ses camarades de classe, mais elle s’en fichait, elle aimait être supérieure et elle espérait que Monsieur Marshall verrait ce monologue d’un bon oeil plutôt que de la juger comme une gamine mal dans sa peau qui en faisait trop. M’enfin, là n’était pas la question, quoiqu’il en soit, Evelyn était prête à apprendre et à montrer à ce bel homme de quoi elle était capable, parce qu’il fallait se l’avouer, elle avait la rage de vaincre dans le ventre et elle ferait tout pour séduire le jeune homme autant qu’il l’avait séduite juste par son regard. Ce n’était pas une compétition, ce n’était pas forcément pour qu’il finisse dans son lit, ce n’était même pas parce qu’elle était folle amoureuse de lui au premier regard, non, c’était plutôt pour lui rendre la monnaie de la pièce, pour qu’il soit aussi déstabilisé qu’elle. Elle n’aimait pas avoir un désavantage et elle voulait qu’il ressente la même chose qu’elle.

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MessageSujet: Re: Rien ne s'efface, ni la craie, ni le sang .. [Pv Lyne]   Dim 17 Avr - 15:11

Derek ouvrit les yeux et retrouva instantanément l'odeur iodé qu'il aimait tant. La cabine de plage était exigue. Les planches en bois gris bleu étaient mangé par les algues et le sable s'était infiltré sous la porte à moitié dégondée. Une paire de rames et de vieux filets de pêche traînaient dans un coin. Sur une petite étagère juste derrière lui se trouvait un vieux phare décoratif aux couleurs délavés par les embruns et le sextant rouillé qui servait de passerelle entre Ghost House et cette partie de l'île.  L'anglo libanais remonta son cache nez  et se décala légèrement vers la droite. Moins d'une seconde plus tard, une Evelyne aux joues rouges et aux cheveux légèrement emmêlés fit apparition à côté de lui. Elle tituba et il l'attrapa par le bras pour l'empêcher de se tordre la cheville dans une maille du filet qui traînait là ..

Il ne savait pas trop pourquoi mais Derek avait décidé qu'il l'aimait bien. Il ne savait pas vraiment ce qui avait joué en sa faveur. Qu'elle soit aussi ironique que lui, qu'elle ai assez de bagou pour vendre des lunettes à un aveugle, qu'elle ait étudié à Durmstrang, comme Nerio, la seul personne qui ne l'avait pas trompé ... Ou alors c'était simplement ces deux yeux de chats, si purs qu'on y lisait à livre ouvert ses romans d'aventures et ses récits de guerre. Il la regarda légèrement incliner la tête, comme gênée de s'être ridiculisée, puis relever le menton, comme pour le mettre à défi de lui faire une remarque. Derek retient un sourire. Il y avait des volcans dans ce petit bout de femme. Il la lâcha sans rien dire et ouvrit la porte d'un léger coup d'épaule. Dehors, le soleil brillait derrière les épais voiles de ouates grises. Derek huma une grande bouffée d'air marin et lutta contre l'envie qu'il avait de s'enfouir dans le sable couleur caramel doré. Il fit quelques pas en direction de la mer et regarda les éclats brillants se dessiner entre les vagues. Parfois, il avait l'impression que s'il restait là assez longtemps à regarder la mer, il pourrait voir les anges briller au creux de ses ondulations ...

Il repensa à la soirée du bal. A ce qu'il s’apprêtait à révéler à Ellen. Il avait voulu lui dire qu'il aurait du la retenir, lui dire qu'elle était la seule qu'il aimerait toute sa vie, qu'il mourrait d'envie de l'embrasser, et lui demander de ne plus jamais le quitter. Il aurait voulu lui prouver à quel point ses sentiments étaient forts, et crier au monde entier à quel point il pouvait l'aimer. Mais au lieu de ça,il l'avait laissé partir sans rien dire...Parce qu'il savait que cet amour le rendait fou. Complètement fou.  Parce qu' il vous fait tourner la tête, à une tel vitesse qu'on ne se rend compte de rien, qu'on est aveuglé et que ça  fait un mal de chien dans la poitrine ...

Il coula un regard vers Evelyne qui, tête levée vers le ciel, profitait des rayons du soleil d'hiver sur sa peau claire. Un sourire ravie fendait son visage. Le jeune homme attrapa un coquillage qu'il lança au loin. Il voulait connaitre l'amour heureux. Celui qui se contente d'exister et dont on s'estime chanceux.Evelyne le rejoignit, ce qui le sortit de sa léthargie. Derek scruta la boucle blonde qui dessinait une virgule sur la joue rosie de sa stagiaire d'un jour. C'était joli, comme une invitation à la douceur. La question lui franchit les lèvres avant qu'il ne puisse la retenir :

Tu crois que c'est mal de vouloir s'émerveiller pour rien ? De vouloir revenir au temps où je croyais au bonheur et à l'amour ?

Il se mordit la lèvre. Evidemment, elle le regarda bizarrement.  Il secoua la main, comme pour effacer ce qu'il venait de dire.

Laisse tomber ce que je viens de dire. La mer me rend nostalgique. On ferrait bien de se mettre en marche. La maison de nos clients se trouve sur la lande. On en a au moins pour une heure de marche. C'est au niveau du château que tu vois là haut, sur la colline.  Château qui est en fait une église .. Il y aura pas mal de marches, aussi. J'espère que tu n'es pas contre un peu de sport.

Derek avait commençait à marcher en direction de la marina. Plusieurs petits bateaux de pêches multicolores y étaient amarrés. Cela renforçait encore le côté bucolique de l'endroit. Il ne savait pas combien de temps prendrait le cas de Floridas mais une chose était sûr, il ne repartirait pas d'ici sans avoir manger un délicieux crumble au sureau du Ye Olde Smack. Evelyne le suivait d'un pas vif. Elle n'avait pas l'air inquiète, et même plutôt contente de l'expérience et le beau brun commençait à douter de son appréciation de la situation. Les fantômes civilisés qu'ils avaient tout deux côtoyer dans le passé ne ressemblaient en rien aux cas dont s'occupait Ghos House. La plupart du temps, ces derniers n'hésitaient pas à tout mettre en oeuvre pour terroriser les vivants, allant même jusqu’à s'introduire dans leurs esprits pour faire passer leur message . C'était des âmes errantes, perdues, blessées et dangereuses. Derek n'avait pas encore eu l'occasion d'assister à une prise de possession mais il savait que c'était l'un des risques du métier et qu'un esprit trop fragile pouvait se briser après une telle expérience. Il attrapa la main de sa collègue et la pressa doucement :

Est-ce que je dois te ré-énoncer les règles de conduite quand on se trouvera face à Floridas ou est-ce que tu te sens prête ?

Bien que le surnaturel faisait partie intégrante de leur quotidien depuis de longues années, l'anglo-libanais savait que vivre une telle expérience pouvait-être déstabilisante. Il fallait toujours garder l'avantage sur la situation et ce n'était pas forcément évident, surtout les premières fois. La peur étant une réaction naturelle et humaine... La première règle de sécurité étant de ne jamais quitter l'apparition des yeux. Il fallait à tout prix réussir à nouer le contact en posant des questions d'une voix calme et posée et ce, quelque soit l'état d'agitation du fantôme qui se trouvait en face de vous. On ne faisait pas non plus de pas dans sa direction, ni de gestes brusques. L'observation et la récolte d'informations étaient la base de ce travail.

N'oublie pas... s'il change de pièce, on se contente de le suivre et de noter ses actions. Toutes les observations que nous pourrons faire seront utiles pour comprendre l'origine de son trouble et ainsi ramener le calme dans cette maison. Ne montre jamais ta peur. Arme ton mental pour qu'il soit dans l'empathie. Les spectres hantent un lieu à cause d’un événement tragique qui est survenu durant leur vie terrestre. Il faut avoir de la pitié et de la compassion, pour eux. C'est à nous de découvrir ce qui les retient ici et c'est pour ça qu'il nous faut le maximum d'indices ... Et on ne dit jamais aux clients qu'il est impossible de débarrasser leur maison du fantôme, c'est compris ?

En effet, Derek avait apprit qu'il était impossible de déloger un spectre d'une maison s'il n'en avait pas envie. Dans le meilleur des cas, les agents de Ghost House arrivaient à régler l'origine du trouble du fantôme et il pouvait ainsi partir sereinement, laissant ainsi la maison et ses habitants en paix, dans le pire des cas, ils ne parvenaient qu'à suspendre la "hantise". Derek s'arrêta sur une margelle en pierre grise qui séparait deux volées de marches. Il scruta le visage de sa jeune accompagnatrice. Une ride soucieuse barrait le haut de son front. Sans réfléchir, il y passa le pouce pour la gommer.

Ne t'inquiète pas, Lyne. Le surnom lui était venu spontanément. Il ne t'arrivera rien. Un fantôme ne peut ni te blesser, ni te tuer. Garde à l'esprit que le facteur peur est déterminant. C'est la peur qui altère notre jugement. Je te donne le calepin et le stylo. Si tu as les mains occupées, tu as plus de chances de ne pas paniquer. Observe le. Ecrit tout ce qui te semble important, même les plus petits détails. Je vais mener l'interrogatoire, d'accord ?

Sa voix était basse et calme, presque berçante. Il dégagea une mèche de cheveux qui claquait sur la joue de la jeune fille à la faveur de la brise hivernale.  Il attendit qu'elle acquiesce pour poursuivre.

Si tu sens l'angoisse monter, si tu as peur de faire un faux pas, tu me donnes le calepin, le stylo,tout doucement, sans mouvements brusques et tu te retournes tranquillement puis tu sors de la maison. Tu m'attendras sur le perron. Quand j'aurais fini, on ira au pub pour boire un coup et faire le debrieffe de l'intervention.

Il planta son regard dans les yeux bleu gris. Ses pommettes rougies par le vent d'hiver donnaient envie de mordre dedans. C'est alors qu'il compris qu'il ne pourrais pas descendre plus bas... que tout ce qu'il avait vécu était enfin en train de prendre sens. Si ce regard et ce moment était vital pour lui, peut-être était il dérisoire pour elle ? Le hasard n'existait pas. Quelle probabilité y avait-il eu pour que son chef lui confie une stagiaire à peine trois mois après sa prise de poste ? La probabilité que ce soit Lyne ? La probabilité qu'elle lui ressemble autant ? S'indigner, se demander "pourquoi?!", passer des nuits blanches à se mordre les doigts, crier à l'injustice, détenir toute la colère ou même le désespoir du monde n'avait rien fait d'autre que lui apporter  ce moment, là, sur cette margelle, dans le conté d'Essex.  Finalement, il y a toujours quelque chose à en conclure. Il était maître de son malheur mais pouvait-il être celui de ses bonheurs ? Derek se retourna vers la maison de briques rouges et inspira profondément.

On y va ?
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MessageSujet: Re: Rien ne s'efface, ni la craie, ni le sang .. [Pv Lyne]   Mar 15 Aoû - 18:20

Avant qu’elle ait pu comprendre ce qu’il se passait, ils avaient transplané. Elle avait eu son permis quelques mois plus tôt, mais Evelyn n’était pas encore satisfaite de cette manière de voyager, si elle pouvait l’éviter, elle préférait choisir autre chose de moins rapide, mais de plus agréable. Or le transplanage d’escorte était la pire chose au monde. Une sensation de tiraillement dans le ventre qui te donnait envie de vomir tout ce que tu avais mangé la semaine dernière. Evelyn réprima la grimace qui devait s’afficher sur sa tête et se concentra sur le paysage. Paysage qui lui coupa le souffle. Elle ne s’était pas attendue à voir la mer. C’était si beau ! A Durmstrang ils avaient l’habitude d’avoir un lac immense, l’eau n’était pas quelque chose de nouveau, mais la mer c’est tellement merveilleux ! Le bruit constant des vagues qui roulaient sur le sable, le vent qui ébouriffe ses cheveux, le chant des oiseaux et le soleil ! Elle avait beau dire qu’à Londres il faisait plus beau que là où elle avait vécu, il n’empêche qu’elle n’avait jamais vraiment connu le beau temps. Alors à cet instant précis, elle ferma les yeux et leva son visage vers le soleil pour profiter des rayons dorés sur sa peau claire. Un pure délice.

« Tu crois que c'est mal de vouloir s'émerveiller pour rien ? De vouloir revenir au temps où je croyais au bonheur et à l'amour ? »

Elle fronça les sourcils à la question. Cela lui paraissait déplacé qu’il lui parle de sa vie personnelle, en même temps elle était heureuse qu’il le fasse, heureuse qu’il ne la voit pas uniquement comme une stagière reloue, mais comme quelqu’un d’humain à qui poser des questions réelle. Elle ne savait pas quoi lui répondre par contre. Elle n’avait jamais vécu cela pour de vrai non plus, l’amour et le bonheur était des concepts un peu trop différent de la haine qu’on lui avait apprise à maîtriser. Cette haine envers l’autre qui la poussait à réagir trop vite et trop fort. Soudain, elle se rendit compte qu’elle ne savait même pas s’il était un sang-pur ou non. Et surtout, qu’elle s’en fichait. Même s’il n’en était pas un, elle le trouvait séduisant. Etait-elle en train de changer ? Elle chassa cette idée de son esprit, sa rencontre avec Ellen l’avait singulièrement ébranlée. De toute manière, elle n’eut pas besoin de répondre à sa question, il l’avait effacée d’un geste avant de lui promettre du sport. Heureusement qu’elle avait repris les entraînement avec Emily. Evelyn ne faisait pas de quidditch, mais sa meilleure amie si, et donc elle la suivait dans ses tentatives de sport, constamment. Elle comprit que cela avait été une bonne idée quand Mr Marshall lui indiqua tout ce qu’ils avaient à grimper. D’un mouvement sûr, elle se mit en avant.


« Est-ce que je dois te ré-énoncer les règles de conduite quand on se trouvera face à Floridas ou est-ce que tu te sens prête ? »

Elle hocha négativement la tête, mais elle-même n’était pas sûre que c’était pour dire qu’elle n’avait pas besoin des règles ou qu’elle ne se sentait pas prête. Hésitante, elle proposa.

« On le regarde toujours dans les yeux, on le perd surtout pas de vue et … on observe ? »
Sa voix était assurée, mais sous forme de question. En réalité, elle ne se sentait pas prête pour cette aventure. Ils étaient partis si vite, elle ne pensait pas se mettre en route dès les premières minutes. Elle était toujours beaucoup plus à l’aise dans la théorie, en lisant et relisant, en surlignant et annotant. Elle était heureuse qu’il lui fasse confiance et avait envie de découvrir son métier, mais elle n’était pas sûre d’être réellement prête non plus. Heureusement pour elle, il reprit ses explications, bien plus complètes que ce qu’elle avait proposé. Elle nota tout dans un coin de sa tête et s’arma de courage. Elle devait être sûre d’elle et ne pas montrer sa peur. Facile quand on vivait avec un tas de grosses brutes qui n’attendaient qu’une seule chose des petits : qu’ils aient peur. Elle savait la masquer, mais elle n’avait jamais été très en contact avec les fantômes. Respire s’ordonna-t-elle, tu es capable. Pourtant elle était soucieuse.

« Ne t'inquiète pas, Lyne. Il ne t'arrivera rien. »

Le reste de sa phrase fut noyée par les émotions qui bouleversèrent la demoiselle. Elle aima le ton protecteur du jeune homme, elle aima sa main sur son front, elle aima son regard plongeant. Pourtant, elle garda autant que possible un visage paisible et impassible, mais le surnom l’avait touché beaucoup plus qu’elle ne pouvait l’admettre. Peut être qu’il avait été touché par elle comme elle l’avait été par lui ? Peut être que ce qu’elle avait ressenti au tout début de leur rencontre était un coup du destin et non juste une amourette subjuguante ? Ou alors, il la trouvait mignonne et avait envie de s’en occuper comme on s’occupe d’une petite soeur, c’était pour cela qu’il était si tendre avec elle, il revoyait en elle quelqu’un d’autre, quelqu’un qu’il avait aimé d’un amour fraternel. Elle se força à sourire et acquiesça à sa question, uniquement parce qu’elle ne savait pas quoi faire d’autre et qu’il semblait attendre d’elle quelque chose. Elle se mordit la lèvre et se traita d’idiote. Il fallait qu’elle écoute ce qu’il avait à lui dire au lieu de laisser ses hormones en ébullition. Elle ne devait plus jamais se laisser surprendre de la sorte et surtout ne pas accepter les marques d’attentions du jeune homme. Après tout, les psychopathes sont souvent sexy.

« On y va ? »

« Oui. » lâcha-t-elle dans un souffle.



Et elle prit les devant pour lui montrer qu’elle n’était pas une gamine à protéger et sonna à la porte. Les habitants ne tardèrent pas à ouvrir, ils attendaient sûrement leur venue. Elle laissa son maître de stage décliner leur identité et leur boulot d’une voix assurée. Il savait pertinemment ce qu’il faisait, après tout, c’était son boulot à plein temps et, bien vite, ils les laissèrent entrer, promettant de se faire discret dans le jardin, ils ne voulaient pas assister à cela. Evelyn se força à rester calme et ferma les yeux pour écouter les bruits de la maison, afin de découvrir où le fantôme se trouvait, pour ouvrit les yeux. Idiote, un fantôme ne fait pas de bruit. Elle se tourna vers le jeune homme qui avait prit les devants et le suivit à travers la pièce suivante. Soudain il était là. Devant elle. Evelyn inspira, força son visage à sourire et le regarda fixement, mais sans le dévisager non plus. Elle essayait d’appliquer tout ce qu’il lui avait dit, alors elle dévissa le stylo et commença à écrire ce qu’elle voyait. Le fantôme ne ressemblait en rien à celui de Dursmtrang que -de toute manière- elle n’avait pas vu souvent. Il était hagard et son visage était comme tordu de douleur. Elle comprenait la compassion qu’il avait voulu exprimer plus tôt. Ce n’était qu’une âme en peine, un mort qui n’avait pas réussi à atteindre l’autre rive. Elle nota encore deux trois choses dans le calepin, puis elle posa le stylo et regarda Derek s’avancer doucement. Il était maître de ses mouvements, la peur ne se lisait en aucun cas sur ses traits, ses gestes et ses paroles étaient assurés. Elle l’enviait, elle n’arrivait pas à être comme lui quand il était dans les parages. Une trop forte impression d’être dépassée par la situation.

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MessageSujet: Re: Rien ne s'efface, ni la craie, ni le sang .. [Pv Lyne]   Mer 16 Aoû - 22:09

En parcourant la maison, Derek s'abstient de tout commentaire sur la décoration environnante. Arrivé dans ce qui doit être le salon, de longs rideaux de velours carmin étaient à peine tirés sur une pièce haute de plafond, remplie de meubles anciens en merisier et éclairée par des bougies blanches de différentes tailles. Le parquet était ciré avec application et la bibliothèque, courant sur la majeur partie des murs, débordait d'ouvrages et de livres anciens. S'il n'avait pas été aussi pince sans-rire, il aurait fanfaronner en clamant à tue-tête que cette maison était le décor idéal pour un film de maison hantée. Si seulement.

Gardant les lèvres résolument closes, l'ancien orvet scruta les alentours jusqu'à tomber sur l'esprit frappeur. Il marqua un temps d'arrêt. Si Floridas était sans aucun doute un fantôme, il n'avait rien en commun avec ceux qu'il avait pû cotoyer jusqu'à lors, même dans les pires cas de hantise. Il lui faisait plutôt à un Inferius qui aurait perdu toute consistance. Debout devant une table lourde et ronde occupant le centre de la pièce, il était extrêmement agité, le teint cireux, habillé avec le goût d'un autre âge et les même yeux d'un blanc laiteux, au regard flou, comme recouvert d'un voile opaque. Avec son crâne dégarni et ses gestes saccadés, il ressemblait à une marionnette de cire désarticulée. Derek pinça les lèvres. Oui vraiment, la ressemblance avec les Inferius était frappante. Même teinte blafarde, même corps émacié. A ceci près que Floridas lévitait à une bonne cinquantaine de centimètres au-dessus d'un tapis à broderies fleuries. Quelque chose n'allait pas avec ce fantôme et cela ne présageait rien de bon. Contournant la table de bois sombre, il se déplaça à pas feutrés jusqu'à se retrouver face à Floridas. De sa position, il pouvait ainsi garder un oeil sur Lyne qui, bien que blanche comme un linge, prenait des notes sans trembler sur son calepin, et sur son Esprit Déglingué, qui ne cessait de rouler des yeux, battre des mains et de faire des grimaces aux vitres du bow-window donnant sur le parc de la propriété.

Derek croisa les bras et observa pendant de longues minutes le comportement incohérent de Floridas , qui ne semblait même pas s’apercevoir de leur présence. Soudain, sans crier gare, Florodas secoua la tête et se met à parler , d'une voix qui grinça dans l'air comme une craie crisse sur un tableau. Le brun réprima un mouvement de recul mais il entendit distinctement le crayon de Lyne heurter le parquet à l'autre bout de la pièce. Un irrépressible frisson courru le long de sa colonne vertébrale. Préférant ne pas quitter le fantôme des yeux, Derek se mit à fouiller dans sa mémoire pour savoir ce que pouvait bien raconter l'esprit tourmenté. Ce n'était pas de l'anglais. D'où pouvait bien venir ce dialecte ? Il y avait bien quelque chose de chuintant dans ces inflexions. Peut-être du latin ... Mais du latin archaïque alors. Ou terriblement corrompu ... Le pire, c'était qu'il était sûr d'avoir déjà entendu cette langue quelque part ...

Son cerveau tournant à plein régime, il se contenta d'observer en silence ce qui était jusqu'à présent sa plus étonnante expérience en matière d'intervention anti-hantise. Flordias commença alors à s'agiter, à hausser le ton, et sa voix devient plus grave et puissante, comme en proie à une colère connue de lui seule.

L'orvet attrape sa baguette et, à cet instant même, la vitre du miroir en face de lui explosa en une myriade de petits diamants aiguisés. Habitué à ce genre de provocation, Derek se contenta de pivoter légèrement et de se protéger d'un geste souple du bras. Lyne, quant à elle , ne pû retenir un léger cri d'effroi. Derek coula un regard dans sa direction. Accroupie derrière la table, il la vit s'agripper à son rebord jusqu'à s'en faire pâlir les jointures. Pourtant, elle ne perdait pas une miette de l'échange, la peur se disputant à la curiosité. Floridas, toujours perdu dans son manège, se mit à exsuder des volutes blanchâtres. Derek en resta interdit. Qu'est-ce que ça signifiait bon sang ? Les formes brumeuses glissait dans la pièce, comme les lianes d'un filet du diable fantomatique. Un inquiétant crissement se fit alors entendre. L'orvet décida qu'il était plus que temps d'agir. Sortant de sa poche six galets de jaspe rouge , il les lance d'un geste expert sur le parquet de manière à former un cercle autours de Floridas.

Visant la pierre la plus proche de lui, le brun lança un sortilège d'immobilisation qui, catalysé par le pouvoir des pierres, transforma le cercle en véritable cage pour fantôme perturbé. Un cri étonné raisonna dans la pièce. Venant de Floridas, qui fixait maintenant Derek de ses yeux sans vie. Le jeune homme sentit son regard le transpercer, le brûlant de l'intérieur et lui retirant toute sa force. Un autre hurlement. L'esprit frappeur venait de se rendre compte qu'il était devenu prisonnier du cercle de pierre et se mit à en marteler les murs de ses poings décharnés. Derek se contracta, entrant la tête dans les épaules.

Floridas continuait de psalmodier ses incantations étranges d'une voix pleine de rage froide et de peur. Dérouté, l'ancien orvet ne pût s'empêcher de s'exclamer :

Mais, nom d'un foutu gobelin, qu'est-ce qu'il peut bien raconter ? C'est quoi cette langue, à la fin ?

Il lança un regard vers Lyne, toujours accroupie derrière la table. Elle avait entre temps ramasser son crayon et prenait des notes à une vitesse folle, noircissant les pages de son calepin comme si sa vie en dépendait. Derek sentit déferler en lui un vent de panique. Rien de tout ceci n'était normal. Ce fantôme était soit fou, soit possédé, mais dans tous les cas, il était d'une dangerosité sans nom. Jamais il n'avait vu cela et jamais il n'en avait ne serais-ce qu'entendu parler. Avouer à Lyne qu'il ignorait la marche à suivre dans pareil cas et qu'il agissait en suivant son seul instinct n'aurait fait qu'aggraver les choses. Il devait rester maître de la situation, car elle était sa stagiaire et il devait à tout prix la protéger.
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MessageSujet: Re: Rien ne s'efface, ni la craie, ni le sang .. [Pv Lyne]   Ven 8 Sep - 15:13

La peur que lui inspirait le fantôme était sans nom. Et pourtant elle en avait vécu des situations traumatisante dans sa vie. Mais à Durmstrang elle s’était toujours arrangée pour être loin des agresseurs .. ou de leur côté, elle n’avait jamais été la cible de grosses attaques vraiment effrayantes. Et lorsque cela l’était elle s’éloignait comme elle le pouvait. Jamais on aurait pu la qualifier de courageuse, elle sauvait toujours sa peau avant celle des autres, même si ces autres étaient ses proches amis. Heureusement ici, il y avait Derek. Et Derek savait ce qu’il faisait, il était un expert en fantôme et esprits frappeurs. Elle ne craignait rien. D’ailleurs, ce n’était pas elle qui était sur les devants de la scène, c’était lui. Et en plus, il n’était sûrement pas un lâche comme elle, il s’occuperait d’elle jusqu’au bout et s’assurerait qu’elle s’en sorte en vie. Elle n’avait vraiment rien à craindre. La couleur revenait petit à petit sur son visage et elle recommençait à respirer calmement … jusqu’à ce qu’il parle. Enfin, hurle serait le terme adéquat. A cet instant-là, un frisson glacé lui traversa l’échine. C’était un fourchelangue. Elle aurait reconnu ces sons entre milles. Elle-même ne le parlait pas, heureusement, ce n’était pas un don qui l’aurait rendue fière, mais c’était une langue qui se parlait un peu à Durmstrang et elle avait entendu les plus âgés terroriser les petits comme ça. Ces sons n’étaient pas humains et maniés avec une moue effrayante … Elle frissonna en se souvenant de toutes ces mauvaises années, où elle avait été victime de ces bruits. Même si elle n’avait rien vécu de dangereux, elle était petite et tout est effrayant dans des grands murs sombres et froids. Elle ferma ses yeux et son esprit à ces souvenirs désagréables et sortit son carnet.

Elle écrivait tout ce qu’elle voyait pour se donner du courage. Elle évitait de regarder le fantôme, mais les meubles, le plancher, les rayures dans les murs, les courants d’air et de lumière, tout était décrit avec une précision folle, uniquement pour ne pas se souvenir de tout ce que ces sons faisaient naître en elle. Elle évitait même de regarder Derek, pourtant, lorsqu’il laissa libre court à sa magie elle en fut impressionnée. Dans un coin de sa tête, elle se dit qu'il était bien habitué et qu’il avait été formé pour ce genre de situation et puis même, qu’il avait choisi de bosser dans cette boîte et pas elle… Puis elle se dit qu’elle était vraiment une peureuse de première. Elle avait peur des réactions des gens autour d’elle, peur de se retrouver face à son père et de ne pas savoir comment agir, peur d’être prisonnière de ses mensonges, peur de ne jamais pouvoir pardonner à sa soeur, peur d’aimer inconditionnellement, peur de ce fantôme et d’une multitude de choses.

Mais, nom d'un foutu gobelin, qu'est-ce qu'il peut bien raconter ? C'est quoi cette langue, à la fin ?

En tentant de maîtriser sa voix muée par la peur, elle murmura les trois mots qui la dégoutaient.

« C’est du fourchelang »

Un nouveau frisson la prit et elle détourna les yeux. Ses poings avaient maintenant lâchés le crayon et elle les serrait de toutes ses forces, ses ongles piquant dans ses paumes, elle ne serait pas surprise de voir du sang couler, mais elle devait rester forte. Alors, doucement, elle se releva et s’approcha de Derek. Elle était incapable de parler fort pour qu’il l’entende d’aussi loin et qu’il puisse se comprendre. A côté de lui, elle s’appuya contre la table pour ne pas tomber, faire un malaise maintenant aurait été le summum.

« C’est du fourchelang, je ne le parle pas, mais je le reconnais. Qu’est-ce qu’on peut faire ? »

Sa voix avait vrillé sur les aigus lors du dernier mot et elle s’était retournée vers le fantôme ce qui l’avait fait redevenir pâle comme un linge. Elle inspira et regarda Derek. C’était lui l’expert pas elle, que pouvait-elle vraiment faire ? A part s’enfuir en hurlant, évidemment.

Spoiler:
Tiens j’ai trouvé ça et ça m'a fait bien rire :
http://www.fourchelang.com/
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MessageSujet: Re: Rien ne s'efface, ni la craie, ni le sang .. [Pv Lyne]   Lun 11 Sep - 21:59

C’est du fourchelang, je ne le parle pas, mais je le reconnais. Qu’est-ce qu’on peut faire ?

Le soupçon de panique dans la voix de Lyne n'échappa pas à Derek. Il fronça les sourcils. Du fourchelang. Jamais il n'avait eu connaissance d'un fantôme pratiquant cette langue. Sa grand-mère disait toujours que les choses ont mauvais caractères. Le brun avait eu l'occasion, à de multiples reprises, de vérifier cette affirmation.  Pour preuve, à trois mètres devant lui se tenait enfermé un esprit cinglé tenant plus du mort vivant que du gentil fantôme. Esprit cinglé qui, pour couronner le tout, se contentait de débiter des litanies en fourchelang, ce qui était théoriquement impossible. Le jeune homme inspira un bon coup pour s'efforcer au calme. Il coule un regard à Floridas qui continue de marteler la barrière de ses poings émaciés. A ce stade de démence, la seule question qui valait d'être posée était la suivante : leur protection était-elle suffisante ?

L'ancien orvet arpente la pièce de long en large. Il n'y comprenait rien. Quand la famille les avait contacté, il y a deux semaines, pour une intervention anti-hantise, elle n'avait jamais mentionné de tels faits. Ils avaient juste expliqué que Floridas vivait avec eux depuis de longues années, sans soucis particuliers, mais que son comportement s'était subitement dégradé. Derek sortit un calepin de la poche intérieure de son manteau et parcouru le dossier des yeux. Aucunes indications qui auraient pû augurer d'une telle situation. Le brun reposa le carnet sur la table en bois.

Cloîtré dans son cercle de jaspe, le fantôme semblait à nouveau plus calme. Il était soudain tombé dans un profond mutisme et son regard vide se perdait par delà la lisière des arbres, au fond du jardin. Un bref instant, le jeune homme eu le fol espoir de pouvoir entrer en communication avec lui. Mais ce fut l'instant précis que choisis l'esprit tourmenté pour éclater d'un rire hystérique, le faisant frissonner de bas en haut. Il sentit la pauvre Lyne sursauter à côté de lui. Il passa une main apaisante dans son dos. Pour sûr, après une initiation aussi musclée, il y avait peu de chance qu'elle songe à intégrer un jour l'équipe des techniciens de régulation de la hantise ...

Floridas se tourna alors vers eux , mimant des gestes avec ses doigts. Le fantôme recula de quelques pas. Derek s'attendait à ce qu'il essaie de briser le cercle  et se contracta dans l'attente du choc. Mais Floridas se contenta de faire de grands gestes avec les bras et de psalmodier une énième incantation. Abasourdi, les deux jeunes sorciers observèrent son manège avec des yeux ronds. Même Derek, pourtant rompu à toutes les situations grâce aux stages intensifs de Ghost House, n'en menait pas bien large. Ceci étant, il ne pouvait s'empêcher, malgré les circonstances, d'être curieux. Il faut dire qu'ils devaient être peu nombreux les agents de la maison à avoir assister à un spectacle pareil.

Soudain, une sorte de liquide opaque et noir commença à couler le long des doigts squelettiques du fantôme. Derek réprima une grimace. Cela ressemblait à s'y méprendre à du sang. Un sang noir  et épais qui gouttait sur le parquet de bois massif. Il jeta un coup d'oeil à Lyne pour s'assurer qu'il n'était pas victime d'une hallucination. La moue mi dégoûtée-mi effrayée de sa comparse acheva de le convaincre. Ce n'était clairement plus de son ressort. Il allait devoir s'occuper de Floridas puis avertir le département de régulation des créatures magiques. L'esprit tourmenté leur adressa un rictus mauvais qui se transforma en grimace alors qu'il formait un petit tas de substance noire dans le creux de ses paumes translucides. Petit tas qu'il jeta de toutes ses forces contre la paroi. Le magma opaque s'y écrasa dans un grésillement sinistre et dégoulina le long du champ de force. Le brun sentit ses veines se glacer en voyant les barrières de se dernier onduler sous l'impact. Bien que totalement dépassé par les événements, il ne fallait pas être un génie pour comprendre qu'avec encore quelques projections de ce genre, ils se retrouveraient avec un fantôme maléfique et en furie sur les bras ...

Il était temps de passer à l'action. Prenant garde de ne pas céder à la panique, l'ancien orvet se repasse dans sa tête les chapitres de cours concernant les fantômes particulièrement rétifs et dangereux. Il fallait qu'il trouve rapidement un élément, un protocole, n'importe quoi susceptible des les aider. Une autre boule de magma noir ébranla la barrière magique. Soudain le protocole d'enfermement lui revient en mémoire. Il fallait un réceptacle, un sortilège d'extension indétectable et quelques gouttes de macérat d'asphodèle, afin que le revenant se tienne tranquille dans son aire de confinement. Si Derek parvenait à emprisonner Floridas de cette manière, alors il ferrait d'une pierre deux coup. La maison ne serait plus hantée et le département de régulation des créatures magiques pourrait se pencher à loisirs sur ce cas particulier. Bien que son plan nécessitait de mettre tous ses œufs dans le panier " chance insolente ", le jeune homme n'entrevoyait aucune autre issue. Il se tourna vers Lyne en tâchant de prendre un air confiant et décontracté :

Coriace pour un faible d'esprit, pas vrai ? Ne t'inquiète pas. Nous avons des procédures pour tous les cas susceptibles de se produire au cours de nos interventions.


Derek s'abstient de préciser que ce cas de figure n'avait sans doute jamais été étudié voir même envisagé.  Heureusement, sa voix était toujours aussi calme. Il attrapa la main de Lyne dans la sienne et la pressa doucement. Le brun avait déjà grappillé tout le sursis disponible et la rage du fantôme se faisait de plus en plus oppressante. Il mourait d'envie de dire à sa jeune stagiaire de courir se mettre à l'abri dans le jardin  mais il savait également qu'il avait peu de chance de réussir à contenir Floridas tout seul. Il ajouta d'une voix douce :

Je vais pratiquer un sortilège d'enfermement. C'est une méthode qu'on utilise rarement. Elle consiste à enfermer l'esprit dans un objet. Une boîte, une urne, un sac ... C'est assez dangereux puisque je vais devoir laissé sortir Floridas du cercle à un moment donné. Juste assez pour l'obliger à rentrer dans le réceptacle. Ceci dit ... Ce fantôme est capable de réaliser des prouesses, apparament.

Derek désigna l'esprit déglingué d'un mouvement de tête.

Il y a une forte probabilité qu'il tente soit de nous blesser, soit de nous tuer. Je comprendrais que tu veuilles t'en aller.Si c'est le cas, je t'en donne la permission. Mais si nous parvenions à combiner nos efforts ...Dans l'idée, et si tu maîtrises les sortilèges de protection, j'aimerais que tu te places derrière le fauteuil, là bas - il désigna un grand siège de type louis XV - et que tu ériges un champ entre moi et le fantôme durant toute la durée de l'opération. Est-ce que tu te sens capable de faire ça, Lyne ?
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Rien ne s'efface, ni la craie, ni le sang .. [Pv Lyne]

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